Un Jour sans fin

J’ai souvent l’impression que chaque matin ressemble au précédent et que c’est très lassant. Mais, en fait, pas du tout. C’est juste que je ne prends pas le temps de constater les petites différences qui égayent mes journées.

Hier, donc, j’ai pris le métro comme d’habitude pour rentrer dans ma petite maison (c’est une simple figure de style, puisqu’il s’agit d’un studio minuscule). Sauf que, tadam, un « incident grave de voyageur » bloquait la ligne 8 à La Motte-Picquet Grenelle. J’ai donc dû finir le chemin qui me menait vers ma couette à pieds.

Et c’est au cours de cette traversée de Paris – Bourvil ne l’aurait pas reniée – que j’ai marché dans la plus grosse merde de chien de toute ma vie. Un truc, c’est simple : j’avais jamais vu ça. À mon avis, ils s’étaient mis à plusieurs pour y arriver, un chenil avait dû passer par là ou alors le toutou en question sortait d’une constipation à en perdre dix kilos d’un coup.

Elle était grosse à tel point que je me suis demandé comment j’avais pu faire pour ne pas la voir, qu’à ce niveau, c’était plus des lunettes qu’il me fallait, mais une canne blanche.

J’ai ensuite traîné la patte jusqu’à mon appartement, raclant au petit bonheur la chance le dessous de ma chaussure (conneries de baskets avec la semelle creusée) et arrivé chez moi, je les ai jetées dans l’évier et entrepris de les nettoyer.

Comme quoi, il y a vraiment des journées qui ne sont pas banales.

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