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La Belle et la bête mis à plat

Foutage de gueule. Voilà. Je n’ai rien d’autre à dire. Non mais, sérieux, Walt, tu nous prends pour des caves ? Okokokokok, tu étais mort quand tes héritiers ont décidé de réaliser La Belle et la bête, mais QUAND MÊME, tu n’aurais pas pu vérifier depuis le purgatoire où tu traînes tes guêtres de l’onc’Picsou ? Nom de Dieu, merde, à la fin.

« Il était une fois dans un pays lointain », nous dit le narrateur (l’intro complète est ici), « un jeune prince qui vivait dans un somptueux château ». Il est beau, il est jeune, mais il est « capricieux et égoïste et insensible ». Déjà, on ne nous parle pas de ses parents. Genre, il est « né » prince mais d’une famille royale, non ? Alors où ils sont le roi et la reine ? D’où ils ont fait un gosse comme ça ? Ce n’est pas parce qu’on est prince qu’on ne doit pas recevoir un semblant d’éducation, non ?

Une mendiante arrive et offre une rose pour passer la nuit dans le château et éviter le sort des SDF parisiens qui sont obligés de s’allonger sur des bouches de métro. Soit. Mais, bon, le prince, ce n’est pas non plus l’armée du salut. Si c’est comme ceux de l’émission de télé-réalité de TF1, il a peut-être déjà du mal à donner le gîte et le couvert à ses sujets. Bref, il refuse, fout la mendiante à la porte qui lui sort une banalité (« la vraie beauté vient du cœur », comme disait Monsieur Manatane : « Ce sont les moches qui racontent ça »). Pas de bol, c’était une fée et elle lui jette un sort : elle le transforme en « une bête monstrueuse ».

Sympa, elle lui laisse aussi la rose qu’elle voulait lui offrir et qui doit se flétrir le jour de son vingt et unième anniversaire. Pour « briser le charme », le prince devra « aimer une femme et s’en faire aimer en retour ». Homophobie ? On pourrait le croire, mais le « monstre » qu’il est devenu ferait fureur dans des boîtes bears, donc en fait, ça ne le ferait pas tant chier que ça d’être poilu.

S’il n’y arrive pas, il restera un monstre « pour l’éternité » (doit-on comprendre qu’il est immortel ?).

« Plus les années passaient et plus le prince perdait tout espoir d’échapper à cette malédiction car en réalité qui pourrait un jour aimer une bête ? », conclut le narrateur, alors que le château a sombré dans les méandres de la mélancolie. Puis, titre et nous voici dans un petit village charmant où vit Belle.

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Je ne vais pas raconter tout le film. Mais sérieusement.

Non. Sérieusement.

Il est dirigé par qui ce village ? C’est comme dans Sacré Graal ? Une collectivité autonome ? Et ce château, là, personne n’a l’air de le connaître. Personne n’a l’air de savoir qu’il y a un prince et donc certainement un roi et une reine ? De qui on se fout ? Moi, je veux bien y croire si le château était à l’abandon depuis trente ans. Mais, même pas ! Si on tente de faire une chronologie des événements : en 1431, le prince naît. Sa mère meurt en couche et son père décède tragiquement pendant une bataille en Toscane. Soit. Il est (mal) élevé. Puis disons à quinze ans, pas bien avant quand même, il y a le tragique épisode de la mendiante-fée (quelle fourbe, celle-là). Nous sommes en 1446. A priori, le royaume de ce prince continue d’exister et même s’il est petit, son royaume, il va quand même un peu au-delà de son jardin, non ? Sinon que quelqu’un m’explique comment il survit, le prince et ses sujets ? Il faut bien des paysans, il y a des serfs, des vilains, il faut bien des nobles, comment vivent-ils ?

Alors, nous voici en 1446, nous avons un village perdu au milieu de rien, à côté un château que personne ne connaît ou presque et le prince n’est toujours pas devenu une bête. La fée passe, fait son cinéma (blablabla beauté de l’intérieur, blablabla) et voilà que d’un coup, le château devient un no man’s land et le prince un monstre.

On sait par le narrateur que de nombreuses années passent. En réalité pas bien plus de cinq ans. Le prince approche de la vingtaine, nous sommes probablement en 1451, mais en réalité, on s’en fout puisqu’il est « bête pour l’éternité » au moment où on parle et tous ses sujets sont devenus des objets domestiques. Dont une maman-théière et son fils-tasse au rebord ébréché. Question bis : il est né comment ce gamin ? Il était né avant de devenir une tasse ? Elle a couché avec qui la théière ? Donc il a grandi ? Au départ, c’était un dé à coudre et puis aujourd’hui c’est une tasse à thé ? À qui veut-on faire gober ça ?

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Mais la suite est encore plus improbable (si c’est possible). Voici que soudain, un soir de pleine lune, le père de Belle se perd et tombe sur ce château. Qui a l’air sacrément loin parce qu’il est parti de chez lui aux aurores. Après la surprise (« Bon sang, un château ? Ici ? Et ça fait soixante ans que j’habite là, je ne l’avais jamais vu dites ! »), il se fait emprisonner. Belle va partir à sa recherche grâce au cheval super intelligent de son père qui a retrouvé un super raccourci pour rentrer car il lui faut moins d’une heure pour revenir dans la maison de Belle et encore moins de temps pour emmener Belle au château. Et quand elle arrive dans le cachot de son père, on jurerait que ça fait trois mois qu’il est là.

Un peu plus tard, quand les villageois se décident à mener une action populaire pour brûler le château (dont – sans qu’on comprenne bien pourquoi – tout le monde se rappelle subitement l’existence comme celle de la bête qui l’habite), ils y vont à pied en moins de dix minutes. Genre. Y a de nouvelles routes qui ont été pavées pendant la durée du film ?

Franchement, messieurs de chez Disney, je vous aime bien, mais c’est déjà assez compliqué de faire comprendre à nos gosses qu’une année c’est 365 jours divisés chacun en vingt-quatre heures composées chacune de 60 minutes et qu’il faut une heure pour faire Paris-Fontainebleau et non, y a pas plus court, c’est à cause des embouteillages sur l’A6 et maintenant ferme ta gueule et regarde ta Nintendo, sans que vous ne veniez nous compliquer la tâche.

À moins que votre dessin animé ne soit une approche de la relativité restreinte d’Einstein afin de faire comprendre les problèmes de dilatation du temps et les contractions des longueurs dans le cadre d’un village en gestion collective autonome, mais dans ce cas, vous auriez pu le dire clairement.

Published in#oldCulture

8 Comments

  1. oh, quelqu’un a joui sur ton blog? (elle a déjà été faite j’imagine)

    • Oui. Du coup, j’ai changé le header. (*vexé*)

  2. A ceci s’ajoute que la maman théière a AU MOINS 60 balais et le gosse, disons, 5. A mon avis c’est une subtile façon d’insérer ni vu ni connu dans l’intrigue le thème des extra-terrestres, qui au 15e déjà faisaient des expériences de fécondité sur les femmes ménopausées. Genre.

    • C’est d’autant plus sidérant qu’on peut facilement imaginer que cette sexagénaire s’est occupée du prince après le décès de la reine et vu le mauvais boulot qu’elle a fait avec lui, je sais pas si c’est très sérieux de lui confier son fils. J’appelle la DDASS.

  3. Ha ha, de toute façon, les contes de fées, c’est tous rien que des drogués qui ont fumé des carpettes.
    (pour aller dans le sens de Mlle Cassis, j’ajouterai qu’on ne parle pas assez de l’insémination artificielle chez les théières, d’ailleurs)

  4. ça a donné plein de gens à l’esprit tordu du coup! c’est pas plus mal, non?

  5. pcqi pcqi

    bonjour bonjour
    je suis à la découverte de ce blog, par le plus grand des hasards des hasards de la vie, des étoiles, et des matinées de travail uber-remplies.
    alors il est très bien ce blog.
    alors par contre il est très bien aussi « La belle & la bête ». Il diffère des autres disney (et en fait c’est pas plus mal), ok, mais plutôt en bien. :
    bon c’est sans doute un tantinet subjectif, mais c’est beau. ensuite, l’aspect délirant est je trouve bcp plus sincère et relaché. Les trucs qu’on gobe pas on s’en fout (le père qui part au horreurs se paume et tombe sur le chateau qui en fait est à côté, bah s’il s’est perdu, il peut mettre la journée à trouver un truc qui est à 2km, c’est pas inconcevable).
    En fait et surtout, différence fondamentale avec les autres disney :

    – c’est la nana qui choisit son mec !!!
    (et qui en plus repousse le branleur qui veut se la taper au début)
    eh bah rien que pour ça, ya quand même un gros pas en avant, c’est une rupture radicale dans les disney, et si on devait n’en garder que 2, je dirai celui là et Aladin.

    sinon c’est chouette ici, j’y jetterai mes yeux au passage !

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