On a le droit de pas être Darc or

Daniel Darc est mort ce qui nous a valu un beau jeu de mot de la part de Libération « Darc en ciel ». C’est probablement tout ce que je retiendrai de l’information parce que Daniel Darc, moi, franchement, c’est un peu mon Rick Rubin pour Henry Michel. Non, me prenez pas pour un blaireau fini, je *sais* qui est Daniel Darc. En vrai, je le sais depuis 2004 et son album Crèvecœur. Oui, parce que Cherchez le garçon, je connaissais, mais vous m’auriez dit à l’époque que c’est Daniel Darc qui chantait dessus, je vous aurais demandé si c’était le fils de votre belle-sœur. Donc, cet album Crèvecœur, en 2004, était LE DISQUE le plus important de la semaine, du mois, de l’année, du siècle, porté aux nues par « les gens qui savent ». Le fanzine des bobos journal Les Inrocks, par exemple, l’avait mis en couverture, titrant son GRAND RETOUR, on allait voir ce qu’on allait voir, le rock français allait être sauvé. Enfin et il en avait besoin.

Bref, c’était un peu comme quand Johnny Cash avait sorti son American IV: The Man Comes Around (qui, pour la blague, a été produit par Rick Rubin), on redécouvrait un talent, que dis-je une pépite, de l’or brut que les drogues le système avait englouti dans sa machinerie infernale. Enfin re-révélé au grand public par des critiques qui ne l’avaient jamais oublié, il n’y avait plus qu’à poser le disque sur la platine pour s’envoler au septième ciel. Alors, comme pour Johnny Cash, j’ai écouté le disque. Une dizaine de minutes. Et c’est peu de dire que cette musique m’a laissé totalement indifférent (comme Johnny Cash d’ailleurs). Je lis toutes les hagiographies, les recommandations et je comprends pas alors que, merde, j’ai écouté pendant des années Lenoir sur France Inter. Ça DEVRAIT me faire quelque chose. Rien, encéphalogramme plat.

Alors, le doute s’immisce en moi… Et si c’est moi qui était dans le vrai ? Et si Daniel Darc, c’était juste de la musique pour ado faussement tourmenté et mal dans sa peau qui hésite à se suicider en avalant une boîte de coton-tige en s’imaginant qu’il se pique à l’héroïne parce que sa mère l’a engueulé le matin-même car il n’avait pas fait son lit(*) ?

(*) Oui je me base sur dix minutes d’écoute pour écrire cette énormité. Je suis gonflé, comme mec.

5 thoughts on “On a le droit de pas être Darc or

  1. Le moment est particulièrement bien choisi pour évoquer ton scepticisme…? Tu me fais l’effet d’être assis sur sa tombe entrain d’ironiser quelque peu. La classe, bravo…!

  2. T’aurais clairement pu te dispenser d’écrire ce puzzle d’âneries.
    Tout tombe à plat: de l’avis non construit en passant par le cliché posé en culture ou l’humour Michèle Bernier …

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