La Corporation des boulets

15 août

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Y’a un moment, faut pas se mentir, j’ai une tendance à attirer les boulets autour de moi comme d’autres le soleil à la mer (mais ceux-là, on a tendance à les préférer et on a raison). Ainsi mes vacances ont débuté par un long trajet en train qui s’étendait de Paris à Saint-Raphaël Valescure dans un TGV nouvelle génération. Et comme je suis un nantis et un bourgeois et un richard et un mec pété de thune et que je m’y suis pris comme une tanche pour réserver le billet, j’étais en première classe.

Le train – quelle que soit la classe dans laquelle tu es – c’est toujours un quitte ou double suivant tes voisins. Parfois, tu tombes sur une colonie de vacances qui part à l’Île d’Oléron aller étudier l’ostréiculture, d’autres fois, tu as le wagon pour toi tout seul et de temps en temps, un enfant en bas âge rappelle à sa mère son devoir biberonnant.

En ce jour, dans ma première classe, je m’installe tout tranquillement sur mon petit fauteuil duo avec, en face de moi, un joli garçon, mais patatras, il s’était trompé de voiture, du coup, il repart et un grand-père le remplace. À ma gauche, il y a un carré : deux fois quatre places. Dans le sens de la marche, deux dames d’une cinquantaine d’années et à ma gauche, personne. Quand soudain (oui, bon, c’était pas non plus si soudain que ça, mais comme dirait Desproges, c’est surtout pour créer un peu de suspense dans cet exposé aride que la chaleur estivale risque de t’empêcher de lire, et ce serait bien dommage)… quand soudain, donc, un homme débarque, une chemise usée aux encolures, un jean Carrouf 1984 remonté sous les aisselles, des chaussures bateaux, un foulard en soie défraîchi, des cheveux longs sur une calvitie plus que marquée et un faux air d’aristocrate déchu. Je ne m’arrête pas spécialement sur le personnage et continue ma lecture.

Mais l’homme avait décidé de discuter sous prétexte que « ça fait passer le voyage plus vite ». Il sort l’intégralité des magazines people de la semaine (Voici, Gala, Public, Point de vue…) plus Ça m’intéresse, Réponse à tout et je ne sais nombre d’autres conneries qu’il commence à distribuer à ses voisines. En même temps, parce que le train avait à ce moment un peu de retard, il se lance dans un monologue pour conspuer la SNCF : « Pfff, rhalalala, mais c’est pas possible, quand même, la SNCF, vous verriez les avantages des conducteurs, c’est quand même fou ! Franchement, ils ont la belle vie et en plus ils font la grève ! Et vous allez voir qu’on va rien savoir, c’est toujours pareil avec eux ! Moi, je fais très souvent le Paris / Cannes et une fois sur trois j’arrive en retard ! Et en plus, vous avez vu le prix des sandwichs ? Moi, c’est bien clair, maintenant, je me prépare mon encas avant de monter dans le train ! Et vous avez pris quoi vous ? Une bouteille d’eau minérale ? Moi, je préfère l’eau gazeuse. Oui, je trouve ça mieux. C’est une question d’habitude. Mais comme je dis toujours, vous savez, c’est pas tant de boire de l’eau qui compte, c’est de varier les sources ! ».

Je ne fais pas trop attention et me laisse sombrer dans les bras de Morphée, bave à la commissure des lèvres et nez en l’air.

Une heure plus tard, je lève un œil.

Dans le carré, chacun lit un magazine people et échange ses vues sur les derniers potins. Je m’aperçois alors que l’homme parle étrangement fort. Surtout dans un wagon de première où le silence est en général respecté. Derrière le carré, une jeune fille me regarde d’un air désespéré, je lui souris, compatissant et sort mon MacBook pour glandouiller en regardant quelques programmes éducatifs légalement téléchargés (hum). Je continue d’entendre l’homme à ma gauche qui continue de son côté à discuter avec les deux rombières en face de lui et le grand-père devant moi sur le mode : « mais vous savez Bertrand Delanoë a fait beaucoup de mal à Paris, ah, oui, les couloirs pour les vélos et les bus, ça a foutu un véritable merdier dans la capitale ». Colbert et Stewart annihilent les effets lénifiants de leur conversation.

Fin de programme, je m’attaque à Tron (mais je trouve ça un peu chiant). On arrive à Toulon pour une escale technique qui rajoute 20 minutes de retard à notre train. J’enlève mon casque, me lève pour aller pisser et prévenir de mon retard. Je reviens, me rassois, rouvre mon portable et là, le type se penche vers moi et le calvaire commence.

- C’est quoi ça ?
- Euh… Un ordinateur portable.
- Oui, je sais mais quelle marque ?
- Bah… Un Mac.
- Et vous vous y connaissez en ordinateur ?
- Bah… Pas vraiment.
- Parce que je vous vois vous en servir depuis tout à l’heure du coup, je me dis que vous vous y connaissez.
- Euh…
- Parce que moi, j’ai un vieux truc. [Il sort une sacoche] C’est un sacré vieux bousin, ce truc.
- Ah…
- Et ça marche comment votre ordinateur ?
- Bah euh…
- Y’a pas une barre Démarrer, c’est quoi ?
- Non, c’est Mac OS X là-dessus.
- Et c’est bien ?

À cette instant, j’ai le regard typique du mec saoulé, les yeux mi-clos qui regarde au loin et se demande juste comment il va faire pour se tirer rapidement de ce guet-apens. Je retrouve la jeune demoiselle qui sourit avec compassion à mon malheur.

- Oui. C’est bien.
- Et c’est mieux que Windows ?

Oh putain, non, non, non. Ça va pas commencer…

- Euh, je sais pas, je me sers pas de Windows.
- Mais moi, je pourrais mettre Mac truc sur mon ordinateur ?
- Non, faut un Mac.
- Ah oui, mais bon, Mac c’est cher.
- Euh… oui, si on veut.
- Faites voir ? Vous avez mis quoi comme fond d’écran ?
- C’est une photo d’architecte de New York en 1930.
- Ah, bah, ça c’est original, c’est vachement beau.
- Euh…
- Moi aussi, j’ai pleins d’images pour le fond d’écran.
- Ah…
- Vous voulez que je vous les passe ?
- Euh…
- Ah mais non, ça va pas marcher, vous avez un Mac.
- Si, ça marche, mais euh… non, merci, merci bien.

Je commence à tenter de remettre mon casque pour continuer de regarder mon film (qui m’endort plutôt de surcroît).

- Vous aimez bien rester dans votre univers, non ?
- Pardon ?
- Je dis : vous aimez bien rester dans votre bulle, là, je vous vois depuis tout à l’heure vous servir de votre ordi.
- Bah… Ça passe le temps dans le train.
- Ah moi, je préfère parler avec les gens, je trouve ça plus sympa et convivial.

Tiens, non, j’avais pas remarqué, mais tu commences à me saouler sérieusement là, je me mets à penser.

Le train arrive finalement à Draguignan, une vingtaine de personnes descendent. Je profite de la confusion pour remettre mon casque et retourne dans mon « monde », alors. Lui, dit au revoir aux deux voyageuses avec qui il a taillé le bout de gras. Me reste une heure. Le train repart, on m’appelle, je décroche, réponds, me rassois et là, bam. Pas le temps avant que…

- Et vous vous arrêtez où ?
- Saint-Raphaël.
- Moi à Cannes. En vacances ?
- Oui, voilà.
- Où ça ?
- Vers Sainte-Maxime.

La loi dans ce genre de discussion, la plus importante, la leçon à retenir, c’est qu’il ne faut jamais, jamais, relancer le lourdaud qui te parle. Tu ne lui demandes rien. Il serait en train de se vider de ses boyaux sur le parvis de la gare que tu passerais ton chemin rien que pour éviter qu’il ne te saoule encore deux minutes. « Hein ? quoi ? non, je ne comprends pas ce que tu dis, tu ne dois pas parler ma langue parce que tes borborygmes me laissent sans voix ». Il te pose des questions si il veut, mais tu ne réponds surtout pas : « et vous ? ». Non. Jamais. C’est la loi. Et en général, ça marche parce que la discussion se tarit d’elle-même.

Sauf que…

- Une maison ?
- Oui.
- Et vous habitez où ?
- à Paris.
- Et où ?
- 14ème.
- Ah moi, j’y vais souvent.
- Ah.
- On pourrait s’y voir.
- Euh…
- Et votre boulot ?
- Euh…
- Pardon si je suis indiscret, mais vous jouez au tennis ?

Parce que MAINTENANT ça va devenir indiscret ? On faisait quoi avant, là, on se chauffait ? La fille en face explose de rire, je lui fais un sourire genre : « c’est pas gentil de se moquer, merde ». Enfin, vu qu’il y avait une raquette de tennis juste au-dessus de moi, je me voyais pas répondre « non » et donc…

- Euh oui.
- Moi aussi ! Je joue au Luxembourg.
- Ah.
- Oui, je me suis fait un copain, l’autre jour, et je joue avec lui.
- Ah.
- On pourrait jouer ensemble un jour si vous voulez.
- Euh… je sais pas. Moi, je joue plutôt en semaine, entre midi et deux heures, à côté de mon boulot.
- Mais faut jouer aussi le week-end !
- Humpf. Oui, je sais pas. Je suis pas fort, c’est juste comme ça, pour le plaisir hein.

L’histoire commence à me faire magistralement chier. Et donc, je fais une entorse à la règle précédemment énoncée et je lui pose des questions, juste pour qu’il arrête de m’en poser.

Le jeu dure dix minutes de plus où j’esquive et j’apprends des tas de choses palpitantes sur sa vie (il a fait un stage de tennis à Chicago en 1985, il allait devenir joueur pro et je sais pas trop ce qu’il s’est passé, mais ça a foiré et maintenant, il travaille dans l’événementiel, vit en banlieue de Paris et à Cannes et blablabla).

On s’approche de mon arrêt. Ouf, sauvé.

- Mais bon, si vous voulez qu’on joue ensemble, y’a pas de problème. Vous avez un numéro de téléphone ?
- Euh… Non, mais donnez-moi plutôt le votre.
- Alors, Stéphane, 06 etc.
- Ok, noté ! Bon, c’est mon arrêt.
- Et le votre ?
- Mon arrêt, là, je dois descendre !
- Oui, oui, mais le votre ?
- Euh… Pop au 06 etc.

Je prends mes affaires, descends du train, je baise le sol. Merci, merci, merci (petit voix intérieure : pourquoi j’ai pas menti ?). Je saute sur les autres voyageurs : « ah merci, monsieur, que la vie est belle, merci, madame, si, si, je vous assure » façon Frank Capra (voix plus forte : non, mais tu lui as vraiment donné ton numéro de téléphone ?).

Sauvé ? Hum. Pas si sûr.

Le lendemain.
SMS.
Stéphane.
« Bjr Pop, bienn arrivé, c bi1, profite de T vacances. a+. steph »
Je reste zen.
Je clique sur « modifier » puis « supprimer ».

Le lendemain.
Répondeur.
Stéphane.
« Ouais, salut Pop, c’est Stéphane, tu sais, on s’est rencontré dans le TGV, bin écoute, j’avais envoyé un texto pour savoir si ça se passait bien mais je sais pas si tu l’as reçu comme mon truc y marche pas, donc je voulais te parler plus de vive voix, c’était mieux, j’espère que ton séjour se passe super bien à Saint-Raphaël et puis que tu bronzes et que y’a une piscine comme je sais que t’aimes pas tellement la mer, voilà, bon, tu me rappelles, tchao ».

La corporation des boulets venait encore de frapper.

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  1. Je sens que je vais en chier

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20 avis sur “La Corporation des boulets”

  1. coco 15. août, 2009 at 18 h 36 min #

    rassures-moi: tu as compris qu’il te draguait?

  2. La Fille 15. août, 2009 at 19 h 20 min #

    Faut dire aussi que t’as le chic pour donner ton numéro à n’importe quel boulet qui passe… (cough). Bon, ben, j’y vais, moi.

  3. Oli 15. août, 2009 at 19 h 49 min #

    Mais, euh, tu sors jamais l’astuce de répondre en allemand/néerlandais/ouzbek aux boulets qui te parlent? Je t’assure que c’est très efficace!

  4. christophe 15. août, 2009 at 19 h 53 min #

    Ah oui, là, c’est pas mal… Tu sauras te défendre au moins lorsqu’il essaiera de t’embrasser ? (au mieux) ;-)

  5. Rakanishu 15. août, 2009 at 23 h 44 min #

    Donner son vrai numéro de téléphone c’est fail quand même. En général je m’arrange pour changer un ou deux chiffres ^^

    Sinon ce opst est énorme, surtout le passage « La loi dans ce genre de discussion, la plus importante, la leçon à retenir, c’est qu’il ne faut jamais, jamais, relancer le lourdeau qui te parle. Tu ne lui demandes rien. Il serait en train de se vider de ses boyaux sur le parvis de la gare que tu passerais ton chemin rien que pour éviter qu’il ne te saoule encore deux minutes. »

  6. Magrat 16. août, 2009 at 11 h 21 min #

    Quelle idée de donner son numéro de téléphone aussi :)
    Sinon, le truc infaillible quand quelqu’un te saoule à blablater avec toi : « Excusez-moi, mais j’ai une forte migraine, je vais essayer de dormir, là ».
    Ça calme assez bien je dois dire.

  7. cork 16. août, 2009 at 11 h 58 min #

    Pardon mais… PTDR ! J’adore !
    (en même temps, ça ne m’arrive jamais… je suis un peu jaloux…)

  8. Stephane 16. août, 2009 at 12 h 05 min #

    Je suis déçu, tu ne m’as pas rappelé pour le tennis.
    Bref, appelle moi quand tu es de retour à Paris.

    Je suis content d’avoir découvert ton site personnel, je vais pouvoir ainsi rester en contact avec toi.

    Stéphane.

  9. artypop 16. août, 2009 at 13 h 58 min #

    Coco > Alors, j’ai ma théorie sur le sujet. J’ai bien pensé que c’était un coup de drague, mais bon, en même temps, c’est un sacré coup de Trafalgar : c’est un train, pas une croisière gay. Du coup, je me dis : ou bien c’est un bébête, et après tout c’est possible, il a bien filé son numéro de téléphone à la rombière en face, il a parlé fort et il a discuté avec toutes les personnes qui lui ont répondu ; ou bien il m’a dragué et alors c’est un lourdaud parce, que si c’est le cas, j’ai vraiment pas donné la moindre impression de manifester le début d’un soupçon d’intérêt et en plus je ne sortirais sûrement pas avec un abruti qui hurle à tout va et fait chier tout le monde.

    La Fille > Ikea vient d’appeler : ils ont retrouvé ton gros orteil dans le carton d’une étagère Billy et demande quoi en faire.

    Oli > Sur un trajet de cinq heures, c’est difficile à tenir, j’ai peur. Et surtout, il m’a parlé qu’après trois heures et j’avais pas la moindre raison de parler une langue étrangère avant. Quand j’ai compris, c’était déjà un peu trop tard.

    Christophe > Nan mais oh ! Tu m’as bien vu ? Je vais pas le rappeler l’animal ! En fait, y’a un moment où je me suis dit : « bon, maintenant, on va arrêter parce que hein… », mais je suis trop poli.

    Rakanishu > Merci. Pour l’erreur dans le numéro, j’avais juste peur qu’il me fasse : « attendez, je vous rappelle tout de suite pour vérifier ! ». Et là, j’aurais pas été dans la merde, tiens.

    Magrat > Oh mais c’est génial ça ! Adopté (bon, c’est génial, surtout si tu n’as pas la migraine, bien sûr).

    Cork > Don’t. Je te promets. Ça ne vaut pas d’être jaloux. Même un peu.

    Stephane > Cher Stéphane, si je ne vous ai pas rappelé, c’est que j’ai la grippe A et je viens de m’apercevoir que je ne comprends pas le français, en plus j’ai une forte migraine et figurez-vous que j’ai fait une erreur dans mon numéro de téléphone : la prochaine fois que vous m’appelez, inversez le 4 et le 6. Cordialement.

  10. backstaab 17. août, 2009 at 11 h 48 min #

    Giant!

    Une grande histoire d’amour qui commence ça se voit. Enfin surtout un grand moment de lecture, merci, et mes condoléances pour ton voyage en train.

  11. fiuuu 17. août, 2009 at 20 h 48 min #

    exceptoinnel recit, et tu le revois quand ?

  12. stan 18. août, 2009 at 12 h 34 min #

    J’espère qu’on aura de ses nouvelles.

  13. artypop 18. août, 2009 at 15 h 49 min #

    backstaab > Merci de ton soutien.

    fiuuu > Jamais. JA-MAIS.

    stan > Ah bah, je compte bien aller faire un tennis avec lui, hein.

  14. joss 21. août, 2009 at 23 h 55 min #

    moi dans cette scène, j’adorerais jouer le rôle de le personne compatissante qui jette des regards et peut se permettre de rire un bon coup. Alors ça, ça aurait été un trajet sympa.

    Mais vraiment ça donne envie d’avoir de ses nouvelles. On s’attache si rapidement.

  15. pHEEL 22. août, 2009 at 15 h 41 min #

    je ris à gorge déployée. C’est un beau roman d’amitié qui s’élance comme un oiseau, pas une histoire d’amour, vacances, qui finie dans l’eau.

  16. Éric 22. août, 2009 at 19 h 37 min #

    Drame de la solitude ou magie du coup de foudre, j’hésite…

  17. eustazio 22. août, 2009 at 20 h 45 min #

    Je compatis ! Bonne chance pour la suite :p

  18. Ben 23. août, 2009 at 16 h 06 min #

    Quel politesse ! :p et quel patience … moi j’aurais pas attendu longtemps pour lui dire que je ne partageais pas sa vision des voyages en train. C’est presque pire que de tomber dans le wagon des JVS ^^

  19. Sounix 16. fév, 2010 at 23 h 37 min #

    Plus de nouvelles depuis* ? On est passé à côté du récit d’une grande histoire d’amour. Tu te rends compte ce que tu aurais pu raconter à tes petits-enfants. Mon coeur de midinettes est brisé. ;)

    *En 2010, hein, évidemment.

  20. artypop 23. mar, 2010 at 13 h 17 min #

    Bah oui, plus de nouelles depuis. L’histoire s’est arrêtée d’elle-même et j’ai perdu mon portable et mon numéro a changé… et je ne vais plus jamais au Luxembourg (trop peur de le rencontrer).

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