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Hasa diga ebowa

Le 20 mai 2005, je posais ma première crotte sur ce blog. Ça s’appelait « Médiocre« . En fait, avant j’avais un blog chez 20six, dont le premier post s’intitulait « Je suis une merde ». J’ai un genre de thématique, on va dire. Avant encore, j’en avais un chez u-blog, mais je n’ai pas gardé d’archives. Ça ne manquera à personne.

Et maintenant ? Bah, j’en sais rien. À chaque fois que je veux écrire pour mon blog, je ressens en moi une profonde pulsion d’ennui viscéral. Alors, si même moi, je me fais pas rire, comment je peux amuser les autres. De toute façon, je n’ai jamais été bien rigolo, mais en ce moment je bats des records de moribonditude (je fais ma Ségo, ouais). Bon, ça changera, ça reviendra (faudra quand même que je termine mon explication de la tétralogie un jour), mais pour l’instant, bof. Je ne ferme pas mon blog, hein. Juste j’annonce la couleur : c’était pas folichon, ça va pas l’être beaucoup plus. Alors voilà. Le bisou. À vite.

Vilain petit canard

Quand j’étais gamin ce qui commence à dater du siècle dernier mine de rien, je jouais du piano.

Comme on a déménagé, j’ai eu une tripotée de profs dont un certain nombre que je détestais copieusement. Jusqu’au jour où j’ai rencontré Mme Dumont à mes 15 ans. La prof. Elle avait tous les élèves de la ville qui allaient a l’école privée du coin (et qui n’étaient pas au conservatoire) et elle organisait tous les 2 ans des auditions.

J’en ai jamais fait qu’une seule d’audition. C’était pour mes 17, je venais d’avoir mon BAC (WHOUHOU J’AI EU MON BAC). De toute façon, je l’ai eue que deux ans et demi cette prof alors tu vois j’aurais pas pu en faire plus de toute façon alors ferme ton claque merde.

Bref donc cette prof c’est la première qui m’a fait comprendre la dure loi qui existe entre le rêve et la réalité. J’aimais tellement aller à ses cours que je me suis mis en tête de travailler dans la musique. Et quoi de mieux que de devenir chef d’orchestre puisque c’est quand même le truc le plus ultime. Alors je le lui dis et elle me répond: « je crois que vu ton niveau et ton âge ça va pas être possible ». The biatch.

La prof avait trois grands élèves et tous étaient meilleurs que moi : y avait d’abord sa fille contre laquelle il était impossible de rivaliser (comment on rivalise avec la fille de la prof ? Non mais sérieux, si tu avais été dans la même classe en CM2 que la fille de l’institutrice, tu saurais toi que ce n’est pas la peine d’essayer d’être meilleur), y avait une fille, Emmanuelle (devenue photographe depuis), et puis y avait mon ennemi juré : Bertrand. Lui, sérieux, IL M’ÉNERVAIT. Il avait tout : il était le fils du médecin, il était futur médecin, il avait commencé à 12 ans (moi à 5) et la prof le prenait toujours en exemple tant il était doué. Tou-jours.

« Ah, Bertrand, il n’aurait jamais fait cette erreur comme toi, là. Tu vois Bertrand, il est super fort. Tu sais ce que Bertrand a fait ? Il a tout appris la partition en une heure ! Il est très très fort. Quand il se trompe, Bertrand, il est capable de faire comme si c’était Schubert qui avait écrit ça. Et il n’en fait que depuis cinq ans ! ».

Bref.

Alors arrive le jour de l’audition. Donc, comme je suis pas assez bon, je passe en dernier des « petits ». Sauf que bon, j’ai genre dix ans de plus. « Mais », la prof m’explique, « tu comprends : c’est pour équilibré, je commence la seconde partie avec Emmanuelle, puis Bertrand et ma fille ». Et moi, bah avec les gosses. Voilà la tronche des deux têtards qui m’ont précédé :

Eleve1

Eleve2

J’étais un peu vert, mais moi quand je suis vert, je fais un grand sourire et je dis merci.

Le jour de l’audition, donc, y avait un papa qui filmait avec son caméscope à la demande de la prof. Il a filé in extenso toutes les prestations des charmants bambins que nous étions. Tous sauf UNE. La mienne. Je sais pas, je devais être sur sa liste noire de quelqu’un, mais en tout cas, il n’était pas prévu qu’on me filme. Je devais être trop une merde.

Finalement, je sais pas trop pourquoi, le type a dû trébucher, il m’a quand même filmé, mais juste le milieu de la partition (et ce con arrête au moment où ça devenait funky, blaireau). Dans la vidéo, on voit ma tête d’ado avec un menton à faire pâlir les frères Bogdanoff, derrière des lunettes totalement improbables. Comment mes parents ont pu me permettre d’acheter des lunettes aussi moches ? Faudra que j’interroge un psy, je pense.

Ma pudeur voudrait que je m’interdise de mettre ma prestation ici. Surtout que vous connaissant, ça va être une bonne occasion de vous foutre de ma gueule, mais ça me fait bien marrer, et je regarde ça avec une certaine nostalgie. Et puis, a. je pense pas que vous regarderez (c’est assez chiant quand même), et b. vous savez aujourd’hui, la pudeur avec les internets, hein…

Je pourrais aussi mettre la vidéo de mon ennemi juré, mais franchement ça me ferait mal au cul. Surtout qu’il joue vraiment très bien, ce bâtard.

Mythe aux bobos

Ça y est : je connais des bobos. Des vrais, quoi. Pas ceux des livres. Des gens qui sont aisés sans être riches, mais qui ont pour préoccupation le bien être avant tout. Ce couple (adorable, hein, je me moque pas d’eux, ils sont super gentils et en plus le mari, un copain d’école, lit parfois mon blog) habite dans une rue calme à quinze mètres du canal Saint-Martin. Sur le balcon, un vélo hollandais, partout du sol en coco. Pour entrer dans l’immeuble, il faut un code, puis appeler par l’interphone, puis un autre code pour l’ascenseur. J’arrive au quatrième étage, l’appartement est spacieux, leur enfant est en train de finir son repas tandis qu’une mini-chaîne dans la cuisine diffuse des chants traditionnels tibétains. Comme je sais pas tout à fait si vous vous rendez compte à quoi ça ressemble, je vous suggère de lancer le mp3 ci-dessous pendant que vous continuez à lire ce tibet. Pardon, ce billet. Si vous voulez un truc calme, écoutez le premier, si vous voulez du tibétain poilu, lancez le second :

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

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Je m’installe à leur côté, je fais la bise, on me propose une bière. Ah bah oui, tiens pourquoi pas. Bon, pas trop folklorique, la bière, c’était de la Fischer. Mais mes hôtes me la coupent avec du rhum mélangé à des tiges de cannabis. J’ai aucune idée de ce à quoi ça peut servir, mais paraît que ça détend. Bon, bin ok, hein, je suis pas du genre sectaire.

La discussion continue, comme on ne s’est pas vu depuis longtemps, je raconte que j’ai trouvé un boulot dans un mag télé.

- Mais alors, tu interviewes des gens ?
- Oui, bon, des gens de la télé, hein.
- Ah, oui, nous on connaît pas. Qui ?
- Je sais pas… Valérie Damidot ?
- Ah non, on connaît pas.
- Euh… Frédéric Taddéi ?
- Ah oui, lui on connaît.

Moi, je pose des questions sur le bébé, comment il va tout ça. Alors, on me dit qu’il va très bien et je sais plus comment la discussion arrive là, mais on me dit qu’il mange du « popcorn ». Je m’étonne intérieurement (mais n’en laisse rien paraître), quand on me précise : « oui, enfin, pas du popcorn, mais du quinoa soufflée mélangée avec du miel ». « C’est un régal », ajoute-t-on.

On amène sur la table des olives bios grosses comme mon ma bite mon pouce et on en vient à se demander ce qu’on pourrait bien dîner. Quand le mari dit : « Si on commandait des pizzas ? ». Intérieurement, je m’étonne et me dis une fois de plus que j’ai dû mal comprendre. Mais non, non, on me parle bien de pizzas. Sauf que, bon, ce sont des pizzas d’un genre particulier (le site internet est éloquent, et ça n’a rien à voir avec l’hôtel-casino de Las Vegas) : elles sont livrées en vélo tout autour du canal Saint-Martin. Fichtre ! me dis-je, mais ce sont des pizzas ou bien ? Oui, oui, tiens d’ailleurs voici la carte.

Moi, je m’étais dit : « bah, je vais prendre une reine ». Ouais, sauf qu’ici, les pizzas ne sont pas des pizzas :

Pizzas

Là, je suis bien emmerdé, parce que je voulais une reine. Et y a pas. Je me rabats sur l’Aphrodite et puis, là, je lis le nom des pizzas et intérieurement, je rigole : appeler une pizza d’un écrivain ou d’un acteur italien, pourquoi pas ? Mais appeler une pizza « L’Obama », « La Che » « La Basquiat » ou « L’Ho Chi Minh », j’ai beau être ouvert d’esprit, ça me semble extrêmement débile. Surtout que si je comprends à peu près pourquoi « L’Almodovar » est une « pizza paëalla » ou « La Gandhi (sans tomate) » (important, ça, le « sans tomate ») est à base d’épinards cuisinés à l’indienne, je n’arrive pas à percuter pourquoi Obama est au bacon et à l’ananas ou Basquiat est au gorgonzola et figues ? Un truc m’échappe totalement. Mais je sens que poser des questions ne m’aidera pas, alors je mange ma pizza (fort bonne au demeurant).

Finalement, je suis reparti, longeant le canal Saint-Martin où une multitude de gens pique-niquaient des branches de sojas farcies au coton équitable. J’ai repris la rue Beaurepaire, le métro jusqu’à Invalides pour changer à la 13, rue de la Gaieté. Et je me suis dit que c’était quand même pas mal d’être un bobo, je devrais essayer.

Intérieurement, je rêve qu’on fasse une lecture de ce billet.

Le Jour du Printemps

J’aime pas trop verser dans la théorie du complot, mais cette histoire de « premier jour du printemps » me tarabuste depuis plusieurs années maintenant. J’avais évoqué la possibilité que ce soit la faute à Pernaut. À mon sens, ça se tient (et de plus, j’aime pas avoir tort), pourtant un anonyme m’a soufflé sur mon répondeur une autre explication qui est tout à fait plausible.

Selon cet informateur, le 21 mars est effectivement le premier jour du printemps (qui en douterait ?), mais les géologues et physiciens ont décidé de changer la date et de l’avancer pour éviter que ça coïncide avec mon anniversaire, car c’est une date considérée comme néfaste en raison de ma naissance. Les vermines. Pour que la pilule passe, ils ont inventé une sombre histoire de rotation de la Terre, d’angle avec le soleil, de Dieu qui jouerait au Jokari (alors qu’on sait tous qu’il joue au ping-pong), ils ont demandé à Pernaut de diffuser l’information aux masses (qui ne se serait pas fait prier, le salopard), et voilà comment ON MENT au peuple. De là à me considérer comme responsable des changements climatiques ou de la fonte des calottes polaires, il n’y a qu’un pas que des ordures comme Nicolas Ushuaialot n’hésiteront pas à franchir.

Je reste seul, tel Damien dans La Malédiction, en proie avec la mâchoire béante de la vérité.

À moins que ce ne soit la faute à l’Univers. Car, comme le disait un poète ou Demis Roussos (qui n’était pas la moitié d’un obèse), « l’Univers a un sale sens de l’humour, mais ça c’est pas neuf ».

Pôle Emploi, bonjour, que puis-je ne pas faire pour vous ?

La pièce débute le 22 novembre 2010 au Pôle emploi Friand dans le quatorzième.


Acte I, scène 1

Un journaliste fraîchement licencié, une fonctionnaire

Journaliste
Bonjour madame, je souhaite m’inscrire à le chômage.

Fonctionnaire
Fort bien, fort bien, monsieur, avez-vous rempli cette pile de quarante-cinq feuilles.

Journaliste
Bien sûr, il va sans dire !

Fonctionnaire
Fort bien, fort bien. Moui, moui, moui, tout me semble en règle. Et vous êtes ?

Journaliste
Je suis journaliste.

Fonctionnaire
Fort bien, fort bien. Et vous avez une carte de presse ?

Journaliste
Oui, ma foi.

Fonctionnaire
Fort bien, fort bien.

Journaliste
Vous la voulez ?

Fonctionnaire
Non, non, ce ne sera pas nécessaire.

Journaliste
Fort bien, fort bien.

Acte II, scène 1

Le journaliste, chez lui, reçoit une lettre
Mention : « Trois mois plus tard »

Journaliste
Tiens ! Du courrier ! Peut-être un emploi ! Vite ouvrons cette missive !
(lisant)
Monsieur, afin de donner suite à votre dossier et vous permettre d’être indemnisé, veuillez expréssément retourner une photocopie de votre carte de presse.
Tiens donc ! Ne l’avais-je demandé à la charmante fonctionnaire en novembre dernier ? Voilà qui mérite des précisions.

Le journaliste décroche le téléphone et compose le 3949

Téléphone
Dring. Dring. Dring. Pôle Emploi bonjour. Veuillez composer votre numéro de département

Journaliste
Voici, je suis dans le 75, à le Paris. Je tape le « 7″, et je tape le « 5″.

Téléphone
Vous avez tapez « 75, paris ». Êtes-vous sûr ? Composez le 1 si vous êtes sûr.

Journaliste
Il me semble qu’il n’y a pas d’erreur ! Je compose le 1 !

Téléphone
Êtes-vous bien sûr ? Composez le 1 si vous êtes bien sûr.

Journaliste
Ah mais ça ! Me prendrait-on pour un imbécile ? Bien sûr que je suis sûr, recomposons le 1 !

Téléphone
Si vous connaissez le mot-clef du service demandé, dites-le maintenant ou taisez-vous à jamais.

Journaliste
Je le connais !

Téléphone
Désolé, ce service n’est pas identifié.

Journaliste
Mais puisque je vous dis que si ! C’est « infos ».

Téléphone
Vous avez choisi « infos ».

Journaliste
Nous y voici… Le mystère va être enfin éclairci !

Téléphone
(une voix féminine)
Bonjour, que puis-je faire pour vous ?

Journaliste
Madame, je me permets de vous appeler car on me demande une photocopie de ma carte de presse et je ne comprends pas l’utilité de cette requête. Pourriez-vous m’éclairer ?

Téléphone
Écoutez monsieur, vous n’avez qu’à envoyer ce qu’on vous demande, je n’ai pas accès à votre dossier, au revoir.

Journaliste
Mais, madame, je vous prie de…

Téléphone
Bip. Bip. Bip.

Journaliste
(s’énervant)
Je sens la colère monter en moi.

Acte III, Scène 1

Le journaliste, chez lui, rédige une lettre

Journaliste
(écrivant)
Madame, monsieur, je vous écris car vous me réclamez une photocopie de ma carte de presse qui vous était inutile il y a deux mois et demi.
Je ne comprends pas vraiment à quoi cela peut vous être utile pour calculer mon indemnité, mais je me plie à cette demande subite.
Pour éviter de nouveaux retards dans le traitement de mon dossier, je me permets de vous joindre tout de suite l’intégralité de mes bulletins de ma classe de terminale afin d’anticiper vos futures réclamations loufoques. Cordialement.

FIN