Catégorie : Musique

Cas d’étude

Un pote m’a envoyé un mail touffu sur un génie autoproclamé du rock. Je me sens incapable d’être le seul à en profiter, même si je doute que ça intéresse quiconque. Je cite.

Brève présentation : Scott Stambaugh, aujourd’hui la cinquantaine, musicien.

Le type a écrit apparemment un millier de chansons et en a enregistré un paquet sous le nom de Father Time. Vers 2001-2002, il avait envahi le site mp3.com et posté des centaines de messages pour faire sa promo. Tout cela a pris fin lorsque Vivendi a racheté le site et fait le ménage, un truc qui est encore aujourd’hui au travers de sa gorge.

Du côté auto-promo, le mec ne manque pas d’aplomb. Son site officiel, c’est futureofrock.com, par exemple.

Scott avait recueilli tous les témoignages positifs, sans remarquer que la plupart était sarcastique. Quand les mecs le lui ont dit en face, il les a considérés comme des jaloux qui voulaient maintenant lui piquer son succès parce qu’ils n’arrivaient pas à son niveau. Les éloges étaient donc sincères, les rétractations, pas. Et ses détracteurs sont en fait des pédés refoulés.

Parmi les trucs les plus outrés qu’on lui a sortis, il y avait le fait que sa reprise de Rock ‘n’ Roll Woman de Stephen Stills était meilleure que l’originale par Buffalo Springfield (et mieux enregistrée) ou que son jeu de guitare redéfinissait ce que c’était qu’une guitare lead.

Plus récemment, Scott a fait équipe avec une chanteuse anglaise toute ridée, Jill, pour fonder un duo, « Coloured Vinyl ». Ils s’échangent leurs morceaux pour les compléter. Jill est de tout évidence meilleure compositrice et musicienne que lui (enfin, bon, tu verras que ça ne veut pas dire grand chose) et Scott rajoute quelques contributions à ses titres à elle alors qu’elle rajoute quelques choeurs ou autres idées à ses trucs à lui.

Quand le premier album de Coloured Vinyl a été mis en vente, le compte Twitter officiel balançait que c’était le CD le plus important qui sortait depuis Sgt. Pepper’s ou que ça serait Pet Sounds pour une nouvelle génération. Lenny Kaye (le guitariste de Patti Smith et compilateur de Nuggets) lui aurait dit que Coloured Vinyl étaient les Goffin et King de cette génération (Gerry Goffin et Carole King ont écrit ensemble Will You Love Me Tomorrow, The Locomotion et une flopée de tubes pendant les années 60).

Et tout ça pour ça.

Le morceau est de la mauvaise soupe pendant les deux premières minutes mais quand Scott fait un contrepoint, un rap puis un solo de guitare, ça prend une autre dimension.

Outre son homophobie récurrente et sa manie de se comparer aux plus grands (Pete Townshend, Neil Young, Dylan, ABBA), Scott est également un crétin qui sur les forums audiophiles démontre que Bread (un groupe de soft-rock des années 70) est supérieur à Madonna, que Carole King vaut mieux que Lady Gaga, ou que Yoko Ono est une créature démoniaque qui a rendu John Lennon accro à l’héroïne à l’aide d’un gang de yakusas. Ah, j’oubliais : Nixon a fait tuer Jim Morrison et Janis Joplin.

Pour une illustration de son style Neil Young, voici une ballade sociale qui évoque le sujet brûlant des adolescents qui baisent sans mettre de capote. Si tu arrives à atteindre le passage avec les cris de bébé en effet sonore, tu es plus tolérant que moi. [Note de ma part : j'ai écouté les 6 minutes sans entendre les bébés, j'ai dû occulter, mais j'ai pas eu le courage de recommencer]

Et pour couronner le tout, Scott Stambaugh est convaincu que les extra-terrestres lui avaient implanté une sonde dans le cerveau mais qu’à force de volonté il a réussi à désactiver ladite sonde.

À quand un Concert à Emporter ?

Et ça continue encore et encore

Le dimanche, sur France Musique, Emmanuelle Gaume anime un genre de « La Une est à vous » de la musique classique (« La Une est à vous », je sais pas si tu connais, mais moi, je regardais ça quand j’étais gamin et je voulais toujours appeler pour être sûr qu’ils passeraient un épisode de la quatrième dimension). On prend son téléphone, on lâche une cacedédi façon Skyrock (« Cette chanson, c’est pour ma bitch Maryse qui déchire sa race à la musette ») et Emma envoie la sauce. Hier, elle a mis pour faire plaisir à Jean-Paul cette aria tirée des Pêcheurs de perles sûrement très connue mais que personnellement je n’avais jamais entendue par cause que j’encadre pas Bizet. C’est – comment dire – épidermique : l’amour, les enfants de bohème, ça va cinq minutes.

Mais là, Roberto Alagna entonnant « Je crois entendre encore », ça m’a collé des frissons partout. Alors, j’ai pris mon manteau et je suis allé sur Internet pour voir si on ne pouvait pas trouver l’extrait en question. Et là, je tombe sur un truc qui s’intitulait : « Pearl Fishers Mega Pack ». Mega Pack ! On se serait cru dans une pub pour une compil’ d’NRJ en 1990. Bref, bingo, dedans je tombe sur la version d’Alagna :

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Mais également un paquet d’autres, dont l’une de Tino Rossi et surtout deux versions, la première façon easy listenning :

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la seconde, magnifique, façon musette :

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Un vrai régal pour les oreilles.

Ponyo Ponyo

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Je sais pas si j’ai beaucoup aimé le film, en tout cas, j’ai adoré la chanson finale.

Soirée de Poche / Andrew Bird / St Vincent

Parmi les trucs cooouuule que j’ai faits la semaine dernière (oui, parce qu’à bien y regarder, ma vie n’est pas aussi resplendissante qu’elle le paraît sur ce beulogue, j’en ai bien conscience), il y a eu High School Musical On Ice au Zénith… pardon… la Soirée de Poche numéro 9 de la Blogothèque.

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Bon, alors, je vais pas la ramener, déjà parce que je connais très mal les discographies d’Andrew Bird et de St Vincent (qui étaient les invités de la soirée), mais fichtre !, quel pied incroyable encore (oui, j’étais à la Soirée de Poche numéro 2 avec Bon Iver et Vandaveer). Non, franchement, la promiscuité, l’intimité, le côté très cool et décontracté faisaient qu’on se sentait vraiment dans une bulle hors de tout. Et si tu avais un peu de jugeote, tu pouvais même aller papoter avec les artistes (bon, je l’ai pas fait, d’abord, j’aurais pas grand chose à dire et ensuite je n’ai pas de jugeote).

Andrew Bird et St Vincent

Mais le plus excellent, c’est que comme j’ai eu une place grâce au prêt d’un enregistreur numérique à la Blogothèque pour la soirée (oui, hélas, même en bossant à BBB, il n’y avait aucun moyen de soudoyer quiconque pour avoir une place), j’ai le concert à disposition (oui, j’ai fait une copie de la carte d’enregistrement à la demande des ingés son, je le précise tout de suite). Ok, et là, je crâne un peu et c’est pas bien. Les gens de la Blogothèque comptent en sortir un truc complet (le DVD, j’imagine puisque tout a été filmé), moi, ce n’est que le son des micros d’ambiance, mais ça le fait déjà pour se replonger dans le concert.

Encore un putain de beau moment et encore un grand merci à toute l’équipe de la Blogothèque pour ces happening improbables et un peu miraculeux quand même. Franchement, vous devriez être reconnus d’utilité publique.

D’autres photos bien nazes sur mon Flickr.

Bonne nuit

Aujourd’hui, sur France Musique, on cherchait la meilleure version du Winterreise de Schubert. Alors, parce que demain, c’est un peu le retour au boulot et que mon envie d’y retourner est aussi faible que le voltage d’une batterie vide (ça veut dire quelque chose ? je n’en sais rien), écoutons ensemble en cliquant sur le bitogneau, le Gute Nacht interprété par Dietrich Fischer-Dieskau avec au piano Daniel Barenboim (ce n’est pas l’une des versions sélectionnées dans l’émission, tristement).

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Tiens, je me demande si mon ami Ze F. aime bien ?