Catégorie : Voyage

Les Musées de l’Horreur (II) : La Pâte Alimentaire

Mon premier post sur le sujet ayant été largement plébiscité (on compte d’ores et déjà un commentaire et il n’est même pas de moi), je reviens pour un second épisode de ma série intitulée : « Les Musées de l’Horreur ».

Aujourd’hui, découvrons ensemble le Musée de la Pâte Alimentaire à Rome ou plutôt le Museo Nazionale delle Paste Alimentari (je parle couramment l’italien littéraire).

Oui, on distingue clairement les musées consacrés à la pâte alimentaire de ceux qui s’intéressent à la pâte non alimentaire. Avec la pâte non alimentaire, on construit des baraquements pour les SDF. Avec la pâte alimentaire, on fabrique des pâtes à limes en terre (magistral jeu de mot pourri). Suis un peu, cher lecteur, parce que cet article promet d’être âpre, aride et intense.

Musée de la Pâte Alimentaire

Le musée donne sur la Piazza Scanderberg. On y entre par une porte (remarque le souci du détail) vitrée automatique et il y a même une petite rampe pour les handicapés, parce que de l’aveu même de la caissière, ce serait dommage qu’ils ne puissent pas y avoir accès. Celle-ci informe le chaland qu’il y a deux visites possibles : la rapide qui ne consiste qu’en deux demi-étages et la grande où l’on peut accéder à tous les étages (et malheureusement, précise-t-elle, cette visite n’est pas accessible aux handicapés, et c’est quand même bien dommage, parce que c’est là que c’est le plus beau).

Le prix est de 10 euros pour la complète (jambon, œuf, fromage) ou 5 euros pour la réduite. Obligation est faite de prendre l’audioguide, je comprendrai mieux pourquoi une fois à l’intérieur.

Je me décide pour la version courte, parce qu’en même temps, je sens déjà que ça va pas être super et j’ai été lâché par tous les autres touristes qui ont trouvé que c’était de la connerie sans nom d’aller visiter ce musée alors qu’il y a un peu mieux à faire d’un point de vue culture à Rome.

Je chausse donc mon audioguide et pousse la porte du musée après avoir donné mon ticket à la fille de la caisse qui a retiré son costume de caissière pour endosser celui de guide. Je suis seul dans le musée, chic, je vais pouvoir voler des trucs. Mais en fait non : la caissière-guide va me coller aux basques tout le long de mes pérégrinations.

musee_1.jpgLa visite commence par la « Salle du blé » qui présente du blé (hum) à différents stades de sa pousse. D’abord sous forme de graines, puis sous forme de tiges et enfin sous forme d’épis.

Fascinant.

Des coupes de terrain montrent le genre de terre dans lequel il est le plus propice à pousser.

La pièce suivante dévoile une machine qui fabrique les pâtes et notamment comment les différentes formes sont obtenues. Un schéma au mur (qui ressemble à s’y méprendre à celui qu’avait réalisée ma classe de quatrième au retour du voyage scolaire en Angleterre sous le préau de l’école) explique pourquoi les pâtes al dente sont plus digestes.

L’audioguide s’avère un précieux atout pour s’attarder dans la pièce sinon, en moins de trois secondes, on se serait cassé.

Comme j’ai choisi la visite rapide, je n’ai pas le droit de traverser tout un pan du musée où l’on apprend pêle-mêle les raisons des formidables qualités nutrionnetlles des pates, les ustensiles nécessaires à la fabrication de pâtes chez soi et surtout une magnifique chaîne de production ininterrompue.

musee_4.jpgDans la salle industrielle archéologique, on peut découvrir un large mortier dans lequel on écrasait le blé il y a cent cinquante ans. Il consiste en réalité en une énorme baignoire en pierre. J’ai l’esprit qui part à la renverse devant tant de beautés.

Dans la salle Travaglini, quelques gravures montrent des italiens du seizième siècle en train de pétrir le blé pour faire écho à la machine industriel ultra-sophistiquée que je viens de découvrir juste avant.

J’arrive enfin à ce qu’il est commun d’appeler le clou du musée. La salle Valeriani. C’est pour ainsi dire la raison qui pousse tous les visiteurs à venir découvrir ce musée.

Qu’est-ce donc ?

C’est une collection extraordinaire de photographies de personnalités du cinéma hollywoodien en train de manger des pâtes, dans des films ou dans la vie. Avec des légendes tout simplement renversantes comme sous cette photo de Marlon Brando : « Marlon Brando alias Don Corleone mange des Fusilli à la Roquette dans Le Parrain de Francis Ford Coppola » ou bien encore « Steve McQueen déguste des Tagliatelles avant de reprendre le tournage de Bullit« . Le tout est accompagné par l’audioguide : « Découvrez dans cette salle la plus grande collection de photographies de stars en train de rendre hommage à la nourriture italienne ».

Et c’est là que mon cerveau a explosé.

Photo de l’entrée du musée trouvée sur flickr.

Les Musées de l’Horreur (I) : Le Katten Kabinet

Des musées, il y en a dans toutes les grandes villes. Je sais pas moi, disons : le Louvre à Paris, les Offices à Florence, le Prado à Madrid ou bien le Rijksmuseum à Amsterdam.

Mais au détour de quelques chemins de travers (et avec un bon guide bien pourri), il est possible de découvrir des musées inexplorés qui n’intéressent (à juste titre) personne mis à part deux ou trois spécialistes. Et justement, la semaine dernière, je suis parti en voyage avec l’un d’eux.

À Amsterdam, par exemple, tu peux aller te balader dans un musée dédié aux chats du nom de Katten Kabinet. Pour ma part, je ne savais pas vraiment de quoi il en retournait, mais j’avais promis à l’un des deux copains avec qui j’étais d’y aller, parce qu’il adore les chats.

Entrée du KattenKabinet

Située sur Herengracht, au cœur de « La Courbe d’Or », riche quarter de la ville, la maison bourgeoise du Katten Kabinet s’élance sur trois étages. La porte est fermée, mais ne t’arrête pas là car, en sonnant, une gentille dame vient t’ouvrir et t’accueille avec un sourire aux lèvres.

Elle t’explique que la visite coûte cinq euros, que seul le premier étage est ouvert au public, que le reste est privé – le jardin aussi – et qu’il y a une exposition temporaire juste là, à côté de l’entrée.

On apprend rapidement que le musée a été créé par Bob Meijer en souvenir de son chat John Pierpont Morgan (1967 – 1984). Et là, d’un seul coup, tu te demandes comment tu as fait pour survivre sans savoir ça.

Une fois le prix forfaitaire payé, tu peux monter les marches de l’escalier.

Mon Dieu que ce premier étage est magnifique. Des chats partout. Sur les murs, en photo, en peinture, en affiche, en statuette, en bonbon, de dos, de face, assis, debout, à l’attaque et des vrais, aussi, dont un qui te suit à la trace.

Des chats

Une fois le couloir traversé, tu arrives dans la salle à manger avec une belle table et le couvert mis. La pièce d’après est un salon de musique, un piano au centre. Ensuite, tu trouves une chambre et pour finir une bibliothèque dotée d’un super flipper, le Lucky Cat, constitué d’une multitude de chats en porcelaine qui sonnent lorsque la bille les frappe.

Cling Cling Cling

Musée plus chiant, ça doit pas exister (enfin, si : le musée de la pâte à Rome est très très nul quand même, faudra que je t’en parle un jour). La visite dure cinq minutes – dix en se forçant - ensuite, tu redescends, tu fais le tour de l’exposition temporaire (prétexte à te faire acheter des affiches de chats) et pour finir, tu ouvres la porte afin de sortir, parce que, hein, ça va bien comme ça.

Sauf que tu avais oublié la cerbère qui te demande ce que tu en as pensé :

- So, what do you think of the museum ?

Mes deux potes regardent leurs pieds. Un silence gêné s’installe et dure. Je finis par le briser de ma voix de baryton ténor.

- Oh ! So great ! Really exquisite. Too bad we can’t visit the garden, it seems so beautiful.
- Yes (soupir). It’s private (sur un ton direct).
- Oh yes, I know, I know, really beautiful. Good bye.
- Good bye.

Rentré à Paris, un regard sur Internet t’apprend qu’Ocean’s Twelve a été tourné en partie au Katten Kabinet (mais dis donc !) et surtout que tu es un peu un plouc, insensible à la beauté des choses (et particulièrement des chats) parce que, suivant ce que tu lis, ce musée est tellement riche qu’il faut entre « une heure et demie et deux heures pour le visiter« .

Et là, franchement, je veux bien faire des efforts, mais je vois absolument pas comment tu pourrais rester aussi longtemps à moins de visiter les salles en rampant au sol. Ou alors à moins que les chats ne t’attaquent ?

Plus d’infos sur le Katten Kabinet (parce que ce serait dommage que je ne t’en fasse pas profiter) ici.

Photos de Mirinda, the Orange Cat’s (chopées sur Flickr).

Stand Photo

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Arrivée à Newark

Pause Longue
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Sur les bords de l’East River à Brooklyn

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Sur les bords de l'East River
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