Catégorie : West End

Oliver! Theatre Royal (Drury Lane)

En tant que gros bloggueur influent de la blogosphère française, je me dois de mettre un coup de projecteur sur ce petit spectacle vu à Londres, une comédie musicale intimiste et qui risque de mettre la clé sous la porte si je n’en parle pas.

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Il s’agit d’une mini-production au Theatre Royal de Drury Lane qui s’intitule Oliver!. Bon, je sais c’est tiré d’un livre obscur que personne ne connaît d’un auteur encore moins célèbre que le livre : Oliver Twist d’un certain Charles Dickens. Si je m’y suis rendu, c’est juste parce que l’attaché de presse du spectacle (qui vend aussi des esquimaux à l’entr’acte) m’a supplié de venir. J’étais à Londres alors après tout pourquoi pas.

Trêves de conneries.

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Oliver! n’a rien de bien neuf, la comédie musicale a été composée par Lionel Bart dans les années soixante et fut peu ou prou le seul succès de son auteur talentueux qui a sombré rapidement dans la drogue et l’alcool allant jusqu’à vendre les droits du spectacle et a fini quasiment ruiné jusqu’en 1994, année où Cameron Mackintosh, producteur de pièces de théâtre et de comédies musicales (dont Les Misérables, Cats, The Phantom of The Opera) s’est décidé à remonter Oliver! et à reverser des royalties à Bart. Quoi qu’il en soit, Lionel Bart meurt en 1999 et n’aura pas vu cette nouvelle production de 2009 (lancée en 2008) de son chef-d’œuvre.

Mackintosh reprend ici plus ou moins la même production qu’en 1994, si j’ai bien compris, et ce qui fait tout le sel de la production de 2009, c’est que Fagin est interprété par Rowan Atkinson. Bon, clairement, il a pas l’air d’adorer ça, Atkinson, mais il est juste excellent. Autour de lui, s’ébat un casting incroyable de plus de cinquante chanteurs, acteurs, danseurs (dont une trentaine d’enfants). Les rôles de Nancy et d’Oliver ont été distribués lors d’un télé-crochet l’année dernière sur BBC, I’d Do Anything (un peu comme pour Joseph). Mais je m’en fous parce que ce soir là, la Nancy choisie par le public, Jodie Prenger était indisposée. Là-dessus un orchestre d’une vingtaine de musiciens, une production fastueuse avec des machineries incroyables, des décors magiques et j’en passe… Alors après, quand on vient de me parler des « comédies musicales françaises », j’ai juste envie de tirer dans le tas avec un M16.

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Bref, si jamais tu vas à Londres avant le 18 juillet et que tu aimes bien Rowan Atkinson (vu que la comédie musicale continue au moins jusqu’en février 2010 mais qu’à partir du 18 juillet ce n’est plus Atkinson dans le rôle de Fagin), je te conseille fortement de perdre de l’argent en prenant un ticket (oui, c’est cher, les places en balcon coûtent 32 livres).

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Et le premier ou la première qui fait référence à Kamel Ouali, Luc Plamondon ou Dove Attia dans les commentaires se prend mon poing virtuel dans la gueule).

La dernière de Rent

Créée il y a plus de douze ans, Rent – l’unique comédie musicale de Jonathan Larson (qui n’aura même pas vu son succès puisqu’il est mort la veille de la première, le con, après deux ans de boulot acharné) – s’est arrêtée en septembre dernier.

La dernière a été filmée et est sortie récemment en DVD. Alors forcément, à la fin, les chanteurs reprennent l’une des chansons-phares de la comédie musicale en pleurant et mon petit cœur de garçon sensible est incapable de retenir ses larmes.

Pour faire plaisir à mon ami Ze F. qui est – comme tout le monde le sait – fan ultime de tout ce qui s’approche de près ou de loin de Puccini et des comédies musicales, je ne résiste pas à mettre deux séquences, dont celle en question.

Là, ils sont tristes parce qu’ils viennent de perdre leur ami Angel et aussi parce que l’amoureux d’Angel dit « it’s over » et en fait, les acteurs se rendent compte que c’est vraiment over, puisque c’est la dernière.

Et là, ils sont tristes parce que c’est le rappel et ça va s’arrêter pour de vrai dans les trois minutes qui suivent..

Avenue Q, encore

J’ai déjà écrit ici que j’avais vachement aimé « Avenue Q » ?

Une de plus : Rhalala, j’ai trouvé celle-là, elle est mieux enregistrée au moins. Qu’est-ce que je m’amuse, moi…

Avenue Q

J’ai donc vu Avenue Q à Londres mardi dernier et je ne résiste pas à la tentation de mettre ici quelques morceaux de cette très rigolote comédie musicale. Tout commence par l’arrivée de Princeton qui vient d’avoir son MBA en anglais. Comme il est fauché, il est obligé d’habiter l’Avenue Q à Manhattan (pour les incultes qui ne le savent pas, les rues de New York sont par numéros sauf un ex-quartier malfamé qui est numéroté par lettre de A à D et qui porte le nom d’Alphabet City). À cet endroit habite Brian, un comique raté de trente-deux ans, sa femme Christmas Eve, japonaise, Kate Monster, assistante prof, deux colocataires, Rod et Nicky et enfin Trekkie Monster. Le gardiennage est assuré par Gary Coleman, oui, oui, celui de « Faut de tout pour faire un monde ».

L’une des premières chansons tente de savoir qui a la vie la plus nulle de tout l’immeuble. Les uns après les autres, chacun exposent ses problèmes. La vérité explose, c’est Gary Coleman qui a la vie la plus naze.

Juste après, Nicky raconte à son colocataire Rod qu’il s’est fait draggué dans le métro par un homme et qu’il pense qu’il était gay. Conservateur et renfrogné, vieux garçon, Rod s’énerve qu’il vienne lui parler de ça. Du coup, Nicky lui chante que s’il était gay, ce serait ok. Parce qu’il en attendrait de même de la part de Rod si lui, Nicky, était gay (mais il n’est pas gay).

Princeton et Kate Monster se retrouvent et s’aperçoivent que même sans le vouloir, ils sont un peu racistes et que si tout le monde l’admettait, ce serait mieux quand même. À apprécier : dans la version américaine, Gary Coleman se moque des Pollacks, en Angleterre, Gary Coleman se moque des Français.

Kate Monster est appelée au téléphone par sa titulaire qui doit aller à l’hôpital pour une opération. Elle lui laisse la classe pour la matinée. Kate décide de préparer un cour pour ses élèves sur Internet. Mais alors qu’elle y travaille, elle est interrompue sans arrêt par Trekkie qui lui rappelle que l’Internet s’est pour le porno. Et que tous les garçons vont sur l’Internet pour le porno.

Voilà. Ensuite, Princeton va chercher le but de sa vie (« Purpose »). Il tombe amoureux de Kate Monster, mais la perd en raison de sa peur de l’engagement (très rigolo moment avec sur un écran plat l’ombre chinoise d’un homme qui dit à l’ombre chinoise d’une femme : « Come » et la femme répond invariablement « Itment » de plus en plus vite). Tout finira plus ou moins bien « For Now », comme il est dit dans la chanson finale. Le tout est mis en scène avec énergie, pleins de blagues salaces (c’est tellement drôle de voir des marionnettes faire semblant de baiser) et bien chanté. Je crois que j’ai vraiment bien aimé.