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Moonlight : de l’émotion et encore de l’émotion (et parfois trop)

Je sais que vous pensez que je sélectionne scrupuleusement les pires films de la planète pour les chroniquer (avec talent), ici ou là, au gré de là où le vent me mène. Mais parfois, je vais voir de bons films. Et donc hier, je suis allé voir La La Land. Non, je déconne. Je disais être allé voir un bon film, et c’est donc de Moonlight que je vais parler (assez moche, cette construction grammaticale).

Chiron, jeune noir Américain d’une dizaine d’années, vit l’enfer : à l’école, les autres élèves le traitent de tapette et l’agressent, sa mère célibataire se drogue et se prostitue. Mais heureusement, il y a toujours un petit rayon de soleil dans le pire des enfers : un caïd de la rue (et fournisseur de came du coin) le prend sous son aile pour lui apprendre les bonnes manières. Et aussi qu’être homosexuel, ce n’est pas grave. Ce qui est grave, c’est qu’on t’insulte.

Le film suit donc Chiron sur trois périodes : l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte. La première (dont j’ai raconté les grandes lignes au-dessus) développe l’histoire. La seconde mène au climax. Brillantes grâce aux deux jeunes acteurs qui interprètent Chiron à 9 et 14 ans, elles souffrent juste d’un problème : elles sont très prévisibles, comme si le réalisateur et le scénariste avaient lu « Le film indépendant » dans la collection « Pour les nuls » et s’évertuaient à cocher toutes les cases : milieu sordide, mère droguée, père absent, plans avec effet de lumière sur l’eau, élèves méchants, enfant taiseux, caméra à l’épaule qui bouge, découverte de son homosexualité, drame qui change à jamais sa vie, couleurs saturées… Il faut de l’émotion, de l’émotion, de l’émotion.

Arrive la troisième période où la crevette des deux premiers épisodes sort de sa chrysalide (c’est débile, les crevettes ne connaissent pas de chrysalide, je vous emmerde). Chiron est devenu une grosse racaille bodybuildée avec protège-dents en or. Passé l’effet de surprise, cette dernière partie est de loin la plus réussie. Je ne veux pas spoiler, mais c’est superbe, touchant et émouvant avec des acteurs incroyables qui jouent tout en retenue et pudeur. Bref, j’ai été conquis.

Mais j’ai même pas pleuré, parce que bon, ça va, je suis pas un pédé.

La Vallée des loups : Un Jour sans fin

Nous sommes dimanche et comme tous les week-ends vous ne savez pas quoi faire de vos mômes qui font chier, qui gueulent et qui vont encore passer la journée devant la tablette. Alors, vous vous dites : « Bon, il fait un temps de merde, je vais les emmener au cinéma, au moins ça les changera du salon ».

Vous zieutez Allociné et là, votre bonne vieille conscience de bobo-écolo-de-gauche, enterrée par l’achat d’un 4×4 en plein Paris, remonte à la surface : vous allez les emmener voir La Vallée des loups, L’INCROYABLE histoire d’un documentariste animalier qui filme des loups dans leur habitat naturel. Très très bonne idée. Surtout si vos enfants sont hyperactifs, vous allez sacrément déguster.

Parce que ce que nous apprend ce film, c’est que réaliser un documentaire animalier est un travail long. Très long. Il a fallu 3 ans à Jean-Michel Bertrand pour pister cette meute de loups et ce sont ces trois ans qu’il nous propose de vivre in extenso.

À savoir, il part de chez lui avec son barda, se retourne, dit au revoir à Mimine, monte dans la vallée où il installe des caméras automatiques, se poste dans une tente, mange des soupes Royco et du pain rassis, va pisser, se rassoit, dort, se lève, va regarder si quelque chose a été filmé par les caméras (90% du temps : rien), puis retourne dans sa tente et recommence. On se croirait dans Un Jour sans fin.

Au bout d’une heure de film (où il est rentré après 2 mois sans avoir filmé quoi que ce soit, puis il est reparti l’été suivant, etc.), ÇA Y EST, les caméras automatiques ont filmé les loups. Il installe donc un nouveau campement, avec cette fois-ci une grosse caméra, se poste dans sa tente, mange des soupes Royco et du pain rassis, va pisser, se rassoit, dort, se lève, etc. Au bout de plusieurs semaines, il détient enfin cinq à dix minutes de film avec des loups (et c’est très beau). Il décide alors de rester un peu plus pour les voir encore. Nous, on aimerait qu’il rentre chez lui, mais non. Et voilà qu’il se poste dans sa tente, mange des soupes Royco et du pain rassis, va pisser, se rassoit, dort et se lève pendant dix jours de plus.

Hélas, les loups sont partis. Et vos gamins aussi.

Le SNL de M6 : Tout sauf un SNL

Peu de gens le savent, et globalement c’est un problème pour ma street cred’, mais je suis le spécialiste en France de la télévision américaine. Je connais par cœur les talk-shows américains (qui existaient, je le rappelle pour les journalistes, AVANT Jimmy Fallon) et je suis quasiment maître de conférence sur le Saturday Night Live puisque je suis un intime de Lorne Michaels et de Dick Ebersol. Ce qui nécessite pas mal de doigté.

Bref, je SUIS la seule personne en France capable d’exprimer une opinion un tant soit peu cohérente sur la version française du Saturday Night Live diffusée sur M6 hier.

Et là, première remarque : pas de sketch d’intro qui se finisse par « En direct sur M6, c’est le Saturday Night Live du jeudi soir » ? Ok. Fin de l’analyse. Ce qu’on va voir n’est pas une VF du SNL. C’est une soirée comique avec Gad Elmaleh, comme il y a eu une soirée comique avec Jean Dujardin sur Canal+. Pour la comparaison, on peut tout de suite passer à autre chose.

Ça se confirme d’ailleurs dans le monologue de Gad qui n’est absolument pas un monologue typique du SNL. Il s’agit d’un genre de monologue de talk-show (des successions de punch lines sans lien, et pas une histoire construite comme dans le SNL), mais en plus assez raté. Je m’explique. Regardez par exemple le premier monologue de Conan O’Brien quand il a remplacé Letterman ou le premier monologue de Letterman quand il est arrivé sur CBS. Les deux fonctionnent un peu de la même façon : ils se présentent comme de gros losers incapables d’être de « bons animateurs de talk-shows ». Et ils mettent en avant des extraits d’émissions ou de journaux qui titrent : « Letterman a-t-il ce qu’il faut pour animer un late show ? » ou « Conan O’Brien, l’outsider qui va se planter ». Et ils rient de ça en leur donnant raison.

Elmaleh fait l’inverse, à la manière des vœux de Trump :

Il nous dit : « Oh, regardez les connards de Télérama qui disent que j’arriverai même pas à faire un talk-show ! », puis « Oh, regardez les débiles de Twitter qui disent qu’on fait un Saturday Night Live un jeudi ! » et ainsi de suite. Il est dans la rancœur, dans la diatribe, et clairement, c’est mauvais.

Même la réalisation n’a rien à voir avec le SNL. Qui a visité le studio 8H (comme moi) le sait : le public est en hauteur sur le balcon (à noter que les quelques sièges en bas sont réservés aux amis des invités et du cast pour la simple et bonne raison qu’il ne faut pas faire venir ici des fans qui pourraient perturber les sketchs). Il voit 70% de l’émission sur des retours écrans disséminés devant eux. Car une seule scène est vraiment bien visible depuis le balcon, la grande où est l’orchestre et où se tient le monologue. A gauche (vue du public), on a la scène musicale. Certains sketchs sont aussi filmés en face de la scène musicale, sous le balcon, dos au public. L’audience n’est quasiment jamais filmée. On l’entend rire, mais il n’y a pas de plans sur elle (il y en avait au départ dans les premières années, entre 1975 et 1980 : au moment des coupures publicitaires, des gens du public filmés avec des bandeaux « blagues », genre « Fils de Charles Manson »). Rien de tout ça dans le SNL de M6 : la scène est sur un plateau tournant, on filme les coulisses, on nous montre le public. Bref : ce n’est clairement pas le même dispositif.

Et puis il y a les sketchs, mais je ne vais pas m’étendre longuement. Car les sketchs dans la version officielle du SNL sont de qualité largement variables (et très souvent pas bien bons). Ce serait malhonnête de les comparer entre la VF et la VO. Mais, moins que les sketchs, la vraie force du SNL a été avant tout de révéler au grand public des acteurs, des comiques et des auteurs.

Hélas, M6 et le SNL frenchie ne font une fois de plus rien de ça. La chaîne a repris la formule du SNL de Dick Ebersol en 1985-1987 quand le producteur avait viré toute l’équipe après le départ d’Eddie Murphy pour une saison dotée d’un casting « All Stars » (Billy Crystal, Joan Cusack, Robert Downey, Nora Dunn, Anthony Michael Hall) qui a totalement foiré (et qui a permis le retour de Lorne Michaels). Ici, c’est pareil, on a un Gad Elmaleh « All Friends ». Et ça ne marche pas très bien. C’est loin d’être nul quand même, hein (le sketch de la banque est amusant, même s’il n’y a pas de surprise). Mais ça ne révèle personne (sauf peut-être Marc-Antoine Le Bret pour le public de M6, mais on l’a vu ou entendu sur Europe 1, C8/D8/Direct8, France 2, c’est déjà une tête connue).

Quant au « scandale » de repomper le sketch « More Cowbell » du SNL original, franchement, les gens s’excitent pour pas grand-chose et oublient (ou ne savent pas, comme souvent) que Les Nuls avaient déjà largement pillé le SNL en leur temps. Je ne retrouve pas les vidéos, mais si vous vous souvenez comme moi de la fausse pub « La Banque du change » avec Alain Chabat, vous retrouvez exactement la même deux ans avant dans le SNL (elle est ici). Pour le coup, j’avais interviewé Chabat dans une autre vie et il l’avait reconnu sans problème, presque comme une évidence.

En somme, ce Jeudi Soir Live de M6 n’a rien de déshonorant (sauf le monologue), mais en dehors de son nom, ce n’est pas un Saturday Night Live. Sorry.

Les Animaux fantastiques : C’est le zoo

Depuis mon retour d’Écosse (c’était génial), j’ai décidé de regarder et de lire tous les Harry Potter (car ça se passe en Écosse). Ce que je n’avais jamais fait et c’est très sympa, mais vous devez le savoir puisque vous les avez forcément vus et lus depuis belle lurette.

Et comme quand je fais un truc, je m’y mets à fond (un jour, j’appliquerai cette devise au boulot), je suis aussi allé voir Les Animaux Fantastiques qui est une espèce d’histoire « dans l’univers » de Harry Potter, c’est-à-dire avec des sorciers et des sorcières.

Cette fois-ci, un sorcier Britannique débarque aux États-Unis avec une valise pleine d’animaux fantastiques (d’où le titre du film). Malheureusement, certains de ces animaux s’enfuient et c’est la catastrophe en ville.

Toute cette partie de l’histoire est drôlement chouette (bon, je ne vais pas vous dire que ça casse forcément trois pattes à un canard) (remarquez, vu le bestiaire, il y aurait pu en avoir un) (de canard à trois pattes), les effets spéciaux sont réussis (enfin, je n’étais pas fan de l’hippopotame) (j’arrête avec les parenthèses), c’est marrant et imaginatif pendant une heure quarante. Bref, j’étais content.

Et puis, patatras !, ça devient indigeste comme un kouglof aux amandes. Une histoire parallèle devient principale et on est parti pour vingt minutes d’explosions interminables dans le métro, façon blockbuster de super-héros, qui s’enchaînent avec un quart d’heure de conclusions inutiles autour des quatre personnages principaux au cours desquelles on sait exactement ce qui va se dire à la virgule près.

Malgré ma déception sur la fin du film, en rentrant chez moi, j’ai décidé de terminer le sixième épisode de la saga du petit sorcier… Et Dumbledore meurt ?!? WHAT ? J’ai chialé toute la nuit.

Star Wars Rogue One : la tour de l’ennui

Dans la vie, il y a les bons films et puis il y a Star Wars. Eh oui, je ne vous l’avais pas dit, car j’ai du respect pour vous, mais je suis allé voir Star Wars Rogue One.

Attention, je vais divulgâcher sévèrement.

Mis à part la mort de tous les personnages (mais depuis que Game of Thrones est passée par là, ce n’est plus vraiment subversif), c’est un vrai film Disney. À savoir : un seul et unique objectif TOUT DU LONG. Et cet objectif, on SAIT qu’il est réussi avant même le début du film puisqu’il s’agit d’envoyer les plans de l’étoile noire, la terrible arme de l’Empire, à la Rébellion. Or, ces plans sont ceux cachés dans R2D2 au tout début de La Guerre des étoiles : Un Nouvel espoir par la Princesse Léïa en 1977. Ça NE PEUT PAS rater, donc on allonge la sauce et on l’allonge et on l’allonge comme ce texte.

Et tous les prétextes sont bons. Ainsi, les plans sont sur un disque dur qui se trouve dans une tour radar dotée d’une gigantesque parabole sur son toit. L’héroïne va dans la tour, mais pour y entrer, il faut que son pote branche un câble. Le pote court brancher le câble, mais DAMNED ! Le câble est trop court, il doit faire le tour par l’autre côté. Ça pétarade dans tous les sens, mais dix minutes plus tard, il branche le câble (ouf). Il meurt.

Elle entre dans la tour. Là, le disque dur avec les plans est caché dans une gigantesque armoire à disque dur cylindrique de plusieurs centaines de mètres. Elle s’installe devant le centre de commande et fouille grâce à un bras automatisé TOUS les disques durs les uns après les autres.

Vingt minutes passent (au cours desquelles les stormtroopers débarquent par paquet de dix) avant qu’elle ne le trouve ! BINGO ! Rha, mais ZUT ! QUELLE GUIGNE ! Le bras automatisé vient de se casser. C’est ballot… Elle doit donc escalader l’armoire pour le récupérer.

Ça y est, elle l’attrape ! Il ne reste plus qu’à le mettre dans le lecteur pour transmettre les informations grâce au radar. Sauf que l’appareil qui fait ça (et qui devrait en toute logique se situer dans le même centre de commande où elle était), bah il est touuuuuuuut en haut de la tour. CROTTE ! Elle monte donc à la force de ses bras, sort sur la plateforme extérieure, va juste sous la parabole où elle débusque l’emplacement marqué : « Système d’envoi de plans cachés dans un disque dur par radar » (voir l’image en en-tête). Elle y glisse le disque dur, ça compute et là, CARAMBA !, il faut calibrer le radar. Et le calibrage du radar n’est évidemment pas au même endroit que le système d’envoi, non. Le bouton est à l’autre bout de la plateforme sur une putain de poutrelle qui donne dans le vide (voir l’image ci-dessous).

Non, mais qui a conçu cette tour radar ???

Elle y va et juste après avoir appuyé sur le bouton de recalibrage, elle doit repartir à l’opposé pour appuyer sur le bouton de transfert. Sauf que le grand méchant arrive et on est parti pour quinze minutes de palabres stériles. Bon, sans surprise, il meurt, elle retourne devant le bouton et appuie ENFIN. Les plans sont transmis ! Whouwhou ! Elle meurt. À ce moment, j’ai sabré le champagne.

Et ça a pris combien de temps ? 2h20 de ma vie ? Un beau gâchis.

Booking, la réservation d’hôtel sous adrénaline

Vous êtes fan de reco, big data et smart graph pour améliorer votre RIO ? Vous ne jurez que par la sérendipité psycho-cognitive qui sera le salut de votre force de vente ? Vous n’avez rien compris. Pour vendre, il n’y a que deux recettes :
– 1. la flatterie (« Je n’ai plus ce pantalon en 40, mais seulement en 36. Oui, c’est un peu serré et vous avez du mal à respirer, mais regardez votre taille de guêpe. Non, franchement, le 40, ce serait beaucoup trop grand »)
– 2. l’urgence (« C’est le dernier modèle en taille 36 de toute façon, ensuite, on arrête la collection, on brûle le magasin et on part élever des chèvres dans le Larzac, c’est l’opportunité d’une vie, ce pantalon »)

Et à ce jeu de l’urgence, le champion toutes catégories sur Internet, c’est Booking.

L’autre jour (c’était probablement un mardi), je cherchais avec des amis un hôtel à Glasgow début décembre. Glasgow en décembre, que je vous raconte, c’est froid, pluvieux, venteux et mort. Bon, j’exagère un peu, mais c’est quand même pas la destination touristique du moment. On se rend sur Booking pour épouiller les offres. Et là, nous sommes bombardés de messages qui expliquent l’URGENCE de notre situation : les chambres d’hôtel partent comme des petits pains. Ne réfléchissez pas, n’attendez pas : « Forte demande ! » « Dépêchez-vous ! » « Encore une réservation de faite ! » « 60% des hôtels sont déjà réservés pour cette ville ! »… (c’est petit, mais vous pouvez cliquer sur les images) :

Forte demande !

C’est simple, je peux voir le nombre de chambres diminuer minute après minute, un peu comme la batterie de mon iPhone quand je l’utilise.

Et le troisième hôtel proposé est déjà complet. Le STRESS. Parce que personne n’a envie de roupiller dans la rue par -12°C.

Bon, évidemment, comme la majorité des gens, on sait très bien que Booking se fout de notre gueule. Il n’empêche que l’angoisse de ces pop-up et messages en permanence est vite contagieuse.

Mais comme on est plus fort que le système, on n’a rien réservé. YOLO.

En revanche, pour rigoler, on a tenté plein d’autres destinations et validé notre hypothèse que le troisième hôtel est systématiquement complet (à quoi ça sert de nous informer qu’un hôtel est complet ? à nous faire PEUR !). On tente Lyon pour mars prochain. Bingo : « Établissement réservé 18 fois ces quatre dernières minutes, dépêchez-vous, plus qu’une chambre de disponible, après ce sont des tréteaux dans un gymnase ». Troisième hôtel complet.

Urgence !

Je cherche le top 10 des villes les plus dangereuses au monde. Au hasard, je prends Ciudad Juárez au Mexique :

Viiiiiiiiiiiiiite !

« Plus que 5 disponibles sur notre site ! ». Et le troisième hôtel… Bah complet, bien sûr.

On se met alors à chercher la pire ville au monde. Et l’un de notre groupe débusque un bled dont je n’avais même pas idée de l’existence : Norisl’k en Sibérie. Et Norisl’k, je vous l’assure, c’est vraiment pas l’endroit où vous iriez faire la fête (les citations en italiques proviennent de la page Wikipedia)

De la neige toute l'annéeNorilsk a été fondée parallèlement au Norillag, une branche du Goulag.

Des enfants qui rientSituée au nord du cercle polaire arctique, elle est considérée comme la ville de plus de 100 000 habitants la plus septentrionale et la plus froide du monde.

Des voies rapidesLa ville et son complexe industriel polluent autant que la France entière.

Dans le bain100 000 hectares de toundra, sur un rayon de 30 km autour de la ville, sont brûlés par les pluies acides et les émanations toxiques. L’herbe y pousse très peu et les arbres sont desséchés. Les poisons industriels s’insinuent partout. En été, quantité de baies sauvages (mûres, myrtilles, cassis, groseilles…) et de champignons poussent, mais sont chargés en métaux lourds.

Ça tient encoreEn 2015, 7 % des immeubles de la ville sont insalubres, et certains s’émiettent, mais près de 1 200 familles y vivent toujours.

Une architecture rianteEn janvier, la température maximale moyenne est de -23,6°C.

Mais si vous voulez réserver un hôtel cet hiver pour l’une des trois bonnes raisons inventées proposées par Booking (« Musée, nature, balade à la campagne », balade aux métaux lourds ?), n’attendez plus !

Vive la nature

Bref, pour faire du chiffre, amis du marketing, arrêtez de croire qu’il faut du big data et des algorithmes compliqués. Il suffit juste d’effrayer les gens : foutre des messages d’alerte à tout va, afficher au hasard trois hôtels dont un complet, et paf, vous devenez le numéro 1 dans votre domaine. Chapeau, Booking !

Ken Bone : haro sur le héros

Depuis dimanche dernier, l’Amérique et Internet se sont trouvé un nouveau héros : Kenneth Bone. Si vous êtes sur ce blorg, vous en avez forcément entendu parler, c’est ce gros type sympatoche et rondouillard avec un gilet rouge qui a posé une question qui a « élevé » le débat selon la grande majorité des journaux : du New York Times au Washington Post à Libération en passant par Slate, 20 Minutes et (je n’ai pas vérifié, mais très certainement) Direct Matin. Il a aussi été invité sur tous les plateaux de télé US.

Et puis, avant-hier, Ken Bone a eu une idée de génie : il a fait un AMA sur Reddit (un AMA c’est un « Ask Me Anything » : on pouvait lui poser toutes les questions qu’on voulait) (Reddit, c’est une plateforme de partage de contenus) (vous êtes lourds ou vous le faites exprès ?). Sauf que Ken Bone a été con : il a utilisé son ancien blase (StanGibson18) plutôt que de se créer un nouveau compte.

Conséquence de cette légèreté, un journaliste de Gizmodo a eu l’illumination fabuleuse de remonter son historique sur Reddit. Et – mon Dieu ! – Ken Bone avait commenté une photo sur le forum « bodyperfection » en disant qu’une femme était belle. Il a aussi dit que sa vasectomie, c’était super et deux trois autres trucs dont en vrai je n’ai rien à foutre, ce n’est pas pour ça que j’écris ce post.

En fait, deux choses m’énervent à m’en faire péter l’élastique de mon slip dans cette histoire.

D’abord, c’est que la question de Ken Bone est bête. Vraiment bête. Et s’il a eu cette gloire, c’est parce qu’il est rondouillard et qu’il a un gilet rouge. Et c’est tout. Ne pas le voir, c’est déjà une erreur dans laquelle quasiment tous les journalistes sont tombés sauf Gizmodo, sous la plume de Sophie Kleeman. Pourquoi sa question est bête ? Je vous explique.

Il demande aux candidats comment conserver son job (qui est de travailler dans une mine de charbon pour produire de l’électricité) TOUT EN s’assurant que le réchauffement climatique cesse. Ce n’est pas possible. Ken Bone devra changer de travail. Si vous ne comprenez pas, je vous refais la question en mode bobo pour que ça vous soit accessible

Mme hidalgo, qu’est-ce que vous comptez faire pour arrêter les automobilistes dans Paris de nous pourrir avec leur pollution sachant que je suis un conducteur forcené et que je refuse de ne pas prendre ma voiture ?

Vous pigez mieux ? Bravo.

Ensuite, et c’est vraiment ça qui me rend fou, c’est cette histoire de transformer Bone en paria parce qu’il n’est pas un putain de saint. Et c’est à nouveau Gizmodo, comme je l’expliquais en préambule, qui a eu l’idée géniale de fouiller son historique. Sauf que cette fois-ci, c’est William Turton l’auteur de l’article. Voici sa photo :

William Turton

Pourquoi Gizmodo, blog plutôt consacré à la science, publie une telle merde ? Je n’en sais rien. Turton a été recruté en avril dernier pour couvrir des sujets autour de la cybersécurité et le monde des hackers (son acte de gloire, semble-t-il, est d’avoir interviewé l’équipe qui a piraté Xbox Live en 2014, autant dire un truc dont on a absolument rien à foutre). Mais n’oublions tout de même pas que Gizmodo appartient au même groupe que la plateforme-poubelle Gawker (site qui a fermé il y a quelques semaines) où l’article de Turton aurait eu toute sa place.

Et bien sûr, tous les journaux qui s’étaient enflammés en béatifiant Ken Bone ont repris cette information totalement stupide pour le broyer dont des journaux « sérieux » (New York Times, Slate, Le Monde…)

Et ce Turton, qui doit se branler la nouille devant les RT et les likes, pense certainement qu’il mérite le prix Pulitzer parce qu’il a fouillé un historique du web.

Ça me SIDÈRE. Cette facilité d’accès à des informations totalement stériles grâce à Internet fait croire à des journalistes comme Turton qu’ils sont des descendants d’Albert Londres. Désolé William Turton, mais toi et les tiens, vous êtes de la grosse merde. Ta Google enquête sur Ken Bone est pourrie. Regarde plutôt ton propre historique avec tes putains de « two girls one cup » que tu mates en « private tab » persuadé de niquer le système et d’être un informaticien de génie.

Voilà ce que m’inspire l’affaire Bone : une totale absence d’empathie humaine pour faire un article pute à clic. Rien de nouveau, mais ça me débecte. D’autant plus quand tous les vrais et grands journaux reprennent l’information. Ceux qui s’engouffrent dans ce chemin n’ont pas de race et devraient rendre leur carte de presse. La lie de l’humanité, c’est celle qui a cru faire un bon coup en fouillant les poubelles du web de Ken Bone.

Mais le plus drôle, c’est que la seule vraie bonne réflexion sur Bone, c’est que sa question était naze, mais quand il faut réfléchir, ça fait moins vendre qu’un historique de cul.

Allez tous crever.

Les Erreurs du marketing : DON’T FEED THE TROLL (et la NSA)

Ça fait quelques mois que je veux écrire sur ce blorgue, mais j’ai une motivation proche du zéro absolu (ce qui nous fait dans les -270°C tout de même, autant dire qu’il fait un peu frisquet, je vous encourage à prendre une petite laine).

Et puis, il arrive que, parfois, quand on n’a pas d’idée, soudain l’idée vient à vous.

Ainsi, en avril dernier (c’était il y a deux posts, autant dire que je ne suis pas vraiment au taquet dans la rédaction d’articles), j’ironisais sur une offre promotionnelle organisée par Heineken et Uber. Si vous achetiez une bière Heineken, Uber vous offrait 5 euros sur une course pour rentrer chez vous. Cette offre avait pour objectif de promouvoir la consommation responsable d’alcool et surtout sur l’importance de ne pas prendre sa voiture après avoir bu.

C’est à lire ici dans son intégralité. Ce que je trouvais très drôle, c’est qu’on proposait aux gens de « se responsabiliser sur la consommation d’alcool » en leur suggérant de boire un verre. De plus, j’ai été prévenu de cette offre à la fin de ma soirée, en ouvrant l’application justement pour réserver un VTC. J’y avais vu comme une incitation à un « dernier petit coup pour la route ».

Après la publication de l’article, j’ai eu un commentaire de Raph (spécialiste de la fermentation de houblon) qui critiquait la bière en question et j’ai renchéri :

Deux commentateurs inspirés

Et puis plus rien, le monde a continué de tourner, l’offre a dû s’arrêter et j’ai repris mon petit bonhomme de chemin sur l’autoroute de la vie.

Mais voilà qu’hier, un mail m’alerte ! Un nouveau commentaire est en attente sur cette notule. J’ai d’abord pensé à du spam (souvent, quand un commentaire arrive six ans après un article, c’est pour vendre des Louboutin ou des Rolex avec une tripotée de mots-clés débiles).

Pas du tout.

C’est un « honnête lecteur » un peu surpris de ma diatribe expéditive contre deux entreprises très cool qui veulent nous aider à mieux vivre, l’une en nous abêtissant avec de la levure fermentée, l’autre en exploitant des autoentrepreneurs en quête d’ascenseur social.

Son auteur Pat (le prénom a été changé), me tutoyant, s’étonne d’abord :

"Intéressant, mais c'est de la merde"

Il n’a pas l’air content, car Heineken est très certainement sa bière favorite. Moi aussi ça m’énerverait si on me disait que la London Pride à la pompe en Grande-Bretagne est dégueulasse. Je continue :

En plus, t'es con

Mais dites donc ! C’est qu’on est sacrément renseigné ! Bah moi, Pat, je n’ai pas dû aller dans un bar partenaire, j’ai eu l’information au moment où j’ai ouvert l’application. Et je n’ai pas fait des recherches pour savoir comment ça devait fonctionner en réalité. Déso, déso.

Toutefois, malgré les smileys, je sens comme un fond d’agacement de Pat. Je ne sais pas, comme s’il y avait quelque chose de l’ordre du ressenti entre lui et moi. Si ça se trouve, je lui ai fait une crasse sans même m’en rendre compte…

En tout cas, il a raison, « faire le buzz », c’est l’objectif de ma vie. Sinon pourquoi j’aurais un blorgue avec 12 lecteurs ? (Certes, les meilleurs lecteurs de la planète, mais seulement douze quand même, alors pour ce qui est de la viralité de mon post, Pat, détend-toi) (Tu permets, je te tutoie, il semble qu’on se connaisse.)

Quant à sa réflexion sur le souhait que j’aurais émis que Uber et Heineken me paient toute la course jusqu’à chez moi, je ne sais même pas où il l’a lu. D’autant que j’écris « 5 euros, c’est toujours bon à prendre ».

Pat décide donc d’enfoncer le clou :

Et tu sais pas compter

Ok. On est donc TRÈS TRÈS bien renseigné ! On fait des calculs et tout et tout. C’est beaucoup d’efforts pour un commentaire sous un post obscur qui date d’il y a six mois sur un blorgue sans lecteur !

Forcément, ça donne envie d’en savoir plus sur Pat…

Avec l’adresse IP qui a posté le commentaire, je remonte à Francfort. Malheureusement sur un serveur Cisco. Et un traceroute m’emmène sur Hetzner.de, genre d’OVH local puis vers GTT.net, une société américaine qui fournit notamment des services de VPN. Bref, une voie de garage.

Sherlock enquête

Mais heureusement, j’ai l’adresse email. Ça semble mal barré parce que c’est une lettre puis « pat » puis quelques chiffres. Même pas sûr que ce soit une vraie. Google me propose donc des liens qui vendent des licences de plaques américaines. Pas palpitant, mais deux résultats attirent mon regard. Il s’agit de liens vers le site « BuddyFetch ». Mon meilleur ami a, semble-t-il, partagé (ou s’est fait récupérer) son profil Skype sur ce site qui me donne son prénom, son âge et même son nom de famille.

Bon, ensuite, retrouver le profil Linkedin n’est qu’une formalité et… BINGO !

Mon ami Pat qui avait l’air TRÈS au courant de l’opération Uber / Heineken n’est autre qu’un type bossant au service marketing de la marque de bière et qui « se passionne toujours dans ce qu’il entreprend ». Un peu trop, parfois, ai-je envie de dire…

Une affaire rondement menée

Ça explique en tout cas sa colère pleine de smileys sur mon commentaire de consommateur averti (s’il savait que j’en achète régulièrement, parce qu’en ratio qualité / prix, c’est quand même le plus pratique, il serait FOU).

Je ne saurais dire s’il voulait avancer masqué ou pas. Si ça se trouve, il ne s’est pas douté de ce que l’on peut découvrir avec une simple adresse mail. Mais il aurait mieux fait de se déclarer officiellement de la société. Quoique ça lui aurait probablement enlevé la possibilité de poster un message passif agressif (comme on dit dans Cosmo ou Elle).

Allez, Pat. Sans rancune. Je t’offre une bière ?

Art du marketing : le bonimenteur psycho-cognitif

J’ai souvent l’impression qu’on nous prend pour des truffes, et je crois que la grande majorité du temps j’ai raison.

Donc, dans la longue liste des sociétés qui vendent de la fumée, voici Oorace. Je ne sais pas si vous connaissez, mais cette société propose un service de recommandation sur Internet. Enfin, je crois. En réalité, je n’ai pas vraiment compris. Ou plutôt, j’ai trop bien compris.

Petit laïus liminaire aux gens qui ne s’intéressent pas à la question
Quand on navigue sur Internet, des sociétés très bien intentionnées regardent sur quoi on clique, d’où on vient et où on va, et affichent de la publicité en conséquence.
Fin du laïus

Généralement, ce sont des algorithmes qui calculent très savamment quelles pubs affichées selon les recherches que vous avez effectuées et une palanquée d’autres paramètres. L’idée, bien sûr, étant que vous achetiez le produit qui est proposé (ou qu’au moins vous cliquiez sur le lien pour vous rendre sur le site de la boutique). On ne peut pas dire que ça marche génialement, mais comme je fais partie des gens qui cliquent systématiquement sur la case : « Ne regardez pas sur quoi je clique pour m’afficher vos pubs, allez, soyez sympa, merci, bisou » », peut-être que les Criteo (le leader dans le domaine) et autres respectent véritablement ma décision (LOL).

Bon, mais tout ça, c’était AVANT. Je vous présente l’avenir, l’avenir s’appelle Oorace.

Et Oorace chamboule TOTALEMENT cette technique de recommandations grâce au principe de (attention, on active tout de suite le Bullshit Generator, y a du level) « Sérendipité Psycho-Cognitive® » (oui, c’est une marque registred, un truc comme ça, on ne voudrait pas que les gens vous le piquent).

« Hiiiiiii ! Mais c’est géniâââââââl. Qu’est-ce donc ? », vous entends-je crier devant mon clavier tellement c’est révolutionnaire. C’est un truc fabuleux qui explique que pour savoir ce que vous voulez vraiment acheter, il faut attendre le moment où vous vous baladez sur Internet sans rien chercher. Mais ce sont les fondateurs d’Oorace qui en parlent le mieux :

Psychotrucmachin

Prêt à laisser votre subconscient remonter à la surface grâce à des ancres cognitives ? Bravo ! Vous avez tout compris à Oorace. Mais comment donc ça marche ? Eh bien, vous ne vous en doutiez sûrement pas, mais vos clics disent tout de vous. Et notamment ce que vous ne dites pas. Plus fort encore, ces clics génèrent un « Wow ! Effect ». Et les recommandations d’Oorace concernent donc des centres d’intérêt non exprimés par l’individu pour procurer ce « Wow ! Effect » (oui, le bullshit generator carbure à toute vitesse).

Waouhou, l'effet !

« Ce que tu n’exprimes pas te rend plus fort », disait Lao-tseu ou Marc Lévy, je ne me rappelle jamais.

Prenons donc un exemple, car c’est toujours plus clair avec des exemples. Je me balade sur Internet sans trop de buts. Pour 90% de la population des internets, ça signifie : « Je mate des vidéos de chatons sur YouTube ou des vidéos pornos sur YouPorn ». 9% s’instruisent sur Wikipedia. Et le 1% restant fait du tourisme avec Street View.

Avec un outil de recommandation traditionnel, on vous proposerait de la bouffe pour chaton, un lien vers un sex-shop, une encyclopédie Larousse ou bien des tickets d’avion. Nul. Nul. Nul. Grâce à Oorace, on peut ainsi voir une pub pour une promo boudin blanc chez Leclerc parce que l’algorithme aura compris dans votre absence de clics sur des photos de boudin blanc que vous aviez faim ou bien un lien vers l’achat d’une Lamborghini en 12 mois sans frais parce qu’au fond de vous, c’est votre rêve secret.

Mais attention, il est indispensable pour que l’achat se concrétise que la pub apparaisse au bon moment (c’est la contrepartie du « Wow ! Effect » et la « pierre angulaire du principe de Sérendipité Pyscho-Cognitive® »). Pour cela, Oorace propose deux modes. Le mode « push » qui déclenche « la décision d’achat grâce à une recommandation sous forme d’un slider » -> ORIGINALITÉ ET EFFET SURPRISE INSIDE. Et le mode « retargeting » qui « favorise le retour raisonné vers l’achat ».

Le bon moment

J’imagine la réunion au service marketing d’Oorace :
Jean-Baptiste : What does this bullshit mean ?
Jean-Daniel : I don’t know and I don’t give a fuck. But it sounds great.
Frédéric Beigbeder : Yeah, it sounds fucking great. Why are we speaking in English ? Let’s sniffe some cocaïne.
Jean-Yannis : Because, everything sounds better in English. And this cocaïne is amaaaaaaaaazing.

En réalité, le truc le plus déprimant de toute cette entourloupe digne d’une arnaque nigériane, c’est que des sociétés croient réellement à cet amas de foutaises et dépensent des centaines de milliers d’euros pour des bandeaux publicitaires générés aléatoirement (pardon « des bandeaux publicitaires inattendus et liés à un centre d’intérêt non exprimé par le visiteur qui générera une émotion, car elle s’adressera à son subconscient »).

Y a des ancres cognitives dans la gueule qui se perdent…

Les Grandes erreurs du marketing (19) : boire, c’est Uber

Hier soir, j’étais en train de boire un verre avec quelques amis quand, le temps passant si vite, je me mis en quête de rentrer en mon logis.

« Par la malpeste ! », m’écriais-je, « Déjà minuit ?! Zut de zut, et ce RER en grève… Comment vais-je pouvoir retrouver mon lit ? »

Ni une, ni deux, mes amis me rassurent immédiatement : « N’as-tu donc jamais entendu parler d’Uber ? ». Mais bien sûr ! En plus, j’ai l’appli sur mon iPhone (dans vingt ans, cette phrase n’aura aucun sens puisque les mots « appli » et « iPhone » n’existeront plus).

Je tapote sur l’icône de l’application. Uber me propose un chauffeur, une course et une estimation du prix. Puis, soudain !, une fenêtre s’affiche et m’explique qu’Uber est une société responsable et qu’elle a à cœur de participer à mon bien-être.

« Uber et Heneken s’associent pour promouvoir la consommation responsable d’alcool et lancent une opération de prévention à Paris pendant un mois », lis-je. « Cette campagne sensibilise les parisiens sur l’importance de ne pas prendre le volant après quelques verres. À cette occasion, Heineken offre 5 euros sur votre prochaine course Uber, pour un retour au départ de 50 bars partenaires. »

Uber, l'offre super

Intérieurement, je trouve ça un peu con-con : si tu es venu en voiture à Paris, tu ne vas pas lancer l’application Uber, donc tu ne seras pas au courant de cette offre promotionnelle. Et si tu n’es pas venu en voiture (ce qui a quand même statistiquement énormément de chance d’être le cas), je ne vois pas trop en quoi ces 5 euros vont te sensibiliser sur « l’importance de ne pas prendre le volant » ivre.

Mais bon, 5 euros, c’est toujours bon à prendre ! Alors comment fais-je pour y avoir droit ?

Facile :

Picoler plus pour être responsable

Je résume : pour nous sensibiliser sur la consommation responsable d’alcool, Uber et Heineken nous incitent à boire un verre de plus que tous ceux qu’on a déjà bus depuis le début de la soirée. Car évidemment, on ne lance pas l’appli d’Uber en arrivant dans le bar, mais lorsqu’on en repart, donc potentiellement avec un coup dans le nez.

Comment l’idée d’associer un « dernier verre pour la route » avec « consommer avec modération » a-t-elle germé dans l’esprit de la cellule communication et partenariat d’Uber et Heineken ? Aucune idée. Mais si ce trait de génie n’illustre pas tout l’art du marketing, rien ne le fera.