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La Rupture

Internet, ma chère et tendre.

Cette lettre que je m’apprête à t’envoyer est la plus douloureuse de mon existence, mais il faut se rendre à l’évidence, notre amour n’est plus. Le temps où nous gambadions dans les vertes prairies du Liechtenstein alors que j’allais retirer de l’argent depuis ma société off-shore s’est étiolé. Notre passion dévorante a encore moins de saveur qu’un 30 cm de Subway sauce oignon. Il faut se rendre à l’évidence : nos folles années sont dernières nous et la morne platitude de l’ennui se profile à l’horizon tout comme sœur Anne ne voit rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie.

Tu sais pourquoi c’est fini ? Je vais te le dire : la citation du précédent paragraphe, si tu la recherches sur Google, tu trouves quatre mille cents occurrences. Quatre mille cents. Je ne sais pas si tu te rends bien compte, mais c’est énorme.

Quand je pense à tes débuts et aux miens, lorsque nos yeux se croisaient et que l’enthousiasme nous animait : qu’allions-nous faire ensemble ? que deviendrions-nous ? comment appellerions-nous notre premier enfant ?

Notre rencontre fin 1996 était placée sous le signe de la révélation. Moi me demandant ce qu’on pouvait faire avec toi, toi te demandant ce que tu pouvais m’offrir. Un long silence où nos regards se sont croisés pour faire semblant de ne pas se voir.

On s’amusait tant ensemble, on se codait avec des bouts de trucs, on mettait des balises n’importe où, on collait des attributs de textes dans le HTML ! Cette fol énergie s’est perdue.

Alors que nos premiers échanges ressemblaient à un apprentissage du latin par un chinois illettré, sont intervenus les normalistes avec leur rigidité et leurs certitudes. Et que non, on met pas du style dans du body, on le place en cascade dans du CSS et sinon, tu MEURS. Et la jolie montagne d’Altavista pour chercher sur tes pages a disparu au profit d’autres acteurs qui vinrent s’installer chez toi comme Manuel Uribe sur la lunette des WC.

C’est là où je t’en veux un peu : tu t’es laissé faire. Tu aurais pu dire que ton cœur était déjà pris, mais tu aimes trop être aimée (oui, on dirait du Kamel Ouali et je t’emmerde). Alors, tu as ouvert tes portes, tu les as tous faits entrer. C’est vrai que je t’ai un peu délaissée à ce moment, j’avais mes amis, mes soirées loin de toi, mais quand même. Je revenais toujours te rejoindre un jour ou l’autre. Tu n’as pas su être patiente et les marchands du temple sont arrivés.

D’abord les graphistes et leurs bons goûts fallacieux. Alors eux, hein… Et qu’on t’a mis du Javascript pour qu’une rivière d’étoile suive notre souris, et tu t’es laissé récurer à l’AJAX parce que ça permettait de rafraîchir une page sans la recharger et c’était beau. Ah ces graphistes, ils sont venus, ils t’ont maquillée comme une pute, ma pauvre, tu t’es laissé berner, flattée par leurs promesses, mais tu le sais bien maintenant, les graphistes sont des gens de petites vertus. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’ils critiquent ce qu’ils encensaient la veille, laissant en plan des milliers d’octets mal fichus. Et toi tu n’as rien dit.

Ensuite, tu as écarté les cuisses comme jamais avec Facebook, tu as racolé ma pauvre, j’avais honte pour toi. « Mais ne voit-elle pas ce qu’elle fait ! », me disais-je ! Rien, tu ne m’as pas écouté et tu as continué, m’oubliant. Moi et ma petite connexion, je n’étais dorénavant plus rien face au gigantisme tentaculaire qui t’a étreint.

Et d’un coup, après Facebook et Twitter, tu as compris, mais il était trop tard : tout le monde était devenu ton spécialiste. Tout le monde savait tout sur toi. Tout le monde regardait tes hoquets comme autant d’événements mondiaux. Mon Dieu ! Facebook est en rade depuis cinq minutes, vite il faut que la planète le sache. Et des milliers d’articles fleurissaient sur le sujet. QUOI ? Un nouvel iMac ? Et c’était parti pour une heure de chatouillis de ton cortex cérébral informatique.

J’ai envie de dire que tu l’as un peu cherché, mais c’est vrai qu’Apple t’a fait beaucoup de mal. En virant le lecteur de disquette sous prétexte qu’aujourd’hui tout passait par Internet, la firme à la pomme a sacrément démocratisé ton usage.

Aujourd’hui, je t’avoue, ça devient du délire. J’ai envie de tourner la page, de te laisser avec tous ces journalistes qui parlent « d’attaque par déni de service » et qui n’ont pas la moindre idée de ce qu’est un modèle OSI – tiens, les journalistes, tu leurs as bien baisé la gueule -, d’oublier que tu existes et passer à autre chose, me réfugier sur jstor où j’ai rien à foutre, mais au moins je suis loin de la foule.

En fait, tu sais ce que tu es devenue : du bruit. Un bruit de fond qui remplit les passages à vide de nos existences. C’est parfait pour nous autres, les occidentaux en mal de sensations qui vivons par procuration grâce à toi la connerie des Russes qui se jettent en luge du haut d’un toit ou qui se percent la langue sans anesthésie.

Ouais, je sais.

Je dis ça mais j’y reviens toujours. Tu le sais bien, c’est pour ça que tu t’en fous de ce qu’on pense tous. C’est pour ça que tu as dragué tous les autres comme tu m’as dragué moi. Tu sais ce que ça fait de toi ? La drogue la plus consommée au monde.

Bises ma grande. Et à tout de suite.

Et si on parlait de toi ?

Tu es lecteur de mon bleugue ? Tu fais bien ! Aujourd’hui, je vais parler de toi.

Parce que voici un an, pour satisfaire mon incommensurable ego mis à mal occasionnellement par les communisses et les fils de pute, j’ai adhéré à un programme de propagande qui me permet de savoir avec une acuité tout bonnement hallucinante qui vient sur mon bleugue, ce qu’il y fait, par où il est rentré, par où il est sorti et s’il a mis ses doigts dans son nez.

Il est l’heure d’un petit bilan bien anodin.

Le / la lecteur / lectrice moyen / moyenne (à l’avenir, je parlerai au masculin pour me simplifier la tâche) possède en majorité un ordinateur et une connexion internet – tout au moins au moment où il se connecte sur ce bleugue. Sur les trente derniers jours, ils étaient 71% à surfer depuis un PC équipé de XP en majorité (Vista en second, quelle tristesse pour Bill Gates) et même un égaré avec Windows 98. On en compte 23,5% avec un Mac, mais le problème c’est que ça compte sûrement mes visites et donc c’est forcément un peu faussé. Enfin, 4,6% se baladent ici avec Linux. Les ploucs.

50% utilisent Firefox, 33% Internet Explorer (dont 11% la version 6.0 qui – de mémoire – n’est pas compatible avec ce site) et puis 11% avec Safari, le reste est trop ésotérique pour que j’en parle.

Quand on va sur l’onglet « Most Active Visitors », il semblerait que je sois mon meilleur client – en tout cas jusqu’à ce que je me décide à ignorer les visites de mon adresse IP. J’ai – de ce que je vois – un fan à New York qui a passé près de 50 mn ici (sur un mois, je le rappelle). Mais celui qui est resté le plus longtemps connecté (3 jours et 4 heures) est moi qui avait laissé la page ouverte. La moyenne est aux alentours de 2 minutes. En revanche, le Bounce Rate (comment ça se traduit, ce truc ?) est très élevé : 72%. Ça, si j’ai tout compris, ça veut dire que les gens regardent une seconde et se cassent direct.

Mon plus grand succès est sans nul doute le post sur la SNCF et son site qui – je dois l’avouer – marche beaucoup mieux maintenant. Jusqu’ici, les commentateurs de l’article se contentaient d’insulter la SNCF. Bref, j’imagine qu’un codeur du site a dû tomber sur le post et s’est un peu énervé. Ah oui, y a son adresse IP, je pourrais appeler la cyberpolice pour demander un backtraced, mais j’ai peur que les conséquences ne soient plus jamais les mêmes.

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Du coup, j’ai pas publié. Je suis une saloperie.

Et bien sûr, côté recherche, c’est tout à fait remarquable. Outre « zoophilie » et « sncf, site pourri » qui remportent l’un et l’autre un joli score, citons : « je n’ai pas beaucoup de sex appeal »,  » ta bite a un gout », « il met de la coke sur mes seins », « carte anniversaire avec un camion », « classer les groupes the au i tunes » et le légendaire : « comment utiliser une brosse à chiotte » (mon second plus grand succès). Finalement, j’ai jugé toutes ces informations pas vraiment pertinentes et j’ai arrêté de payer pour savoir des choses qui ne m’intéressaient globalement pas.

Voilà, après cette belle hagiographie toute personnelle, je me souhaite tout plein de bonheur pour la suite.

PS : Vu que ce post était depuis un an dans mes brouillons, je ne suis pas totalement persuadé de la pertinence des statistiques, mais on s’en fout, non ?

Ah, c’est sympa, merci !

Je sais jamais si Twitter c’est un réseau social ou si c’est du microblogging. Enfin, quoi qu’il en soit, aujourd’hui, j’ai posté une ch’tite connerie comme ça (soufflé je crois pas Henry Michel, d’ailleurs) sur ma banque et je proposais de faire un chèque à ma banque pour renflouer mon découvert, voilà, bon, on pléééésante, on riiiiiiigole, ça pisse pas plus haut que vingt cm, ça fait passer le temps et ça m’amuse.

Or, une fille dénommée Sylvie, elle, ça l’a pas fait rire, mais alors pas du tout. Elle m’envoie donc tout de go cette très chouette réponse :

sylvie.jpg

Bah alors, Sylvie, c’est quoi ton problème ? C’est pas comme si t’avais un pistolet sur la tempe et qu’on t’obligeait à me follower ! Si ça te fait chier (je te comprends, hein, je juge pas), bah t’unfollowes, tu cliquettes sur le petit bouton pour arrêter de me suivre et pis, voilà, c’est marre hein.

Allez, le bisou, ma petite Sylvie.

(PS : Sylvie, tu seras heureuse de savoir que finalement, mon salaire est bien arrivé sur mon compte bancaire et que je peux à nouveau retirer de l’argent… je t’envoie un DM pour te le dire au cas où tu me lises pas ici)

Instabilité thématique

Je sais, je sais, je change de thème beaucoup trop souvent, c’est très mauvais, ça empêche de fidéliser le lecteur.

Mais comme je l’ai expliqué l’origine du thème précédent me posait souci. Enfin, plus clairement, c’était pas tant que le thème fût codé par un chinois, c’était surtout que pour se balader dans les anciens posts, il fallait cliquer à droite pour les anciens articles et à gauche pour les plus récents, ce qui défit à tout point de vue ma logique et deux mille ans de christianisme qui veulent que la droite, c’est l’avenir et la gauche, le passé.

Voilà, maintenant, je suis content, les articles les plus anciens sont à gauche. Ça ne m’aura pris que trois jours.

Accessoirement, l’ancien thème faisait bugguer une fonction de l’interface d’administrateur, mais ça, ça ne faisait chier que moi.

La recherche avance avec Bricomarché

Bricomarché est carrément au top de la pointe de l’Internet, rien à dire.

Par exemple, si on cherche « brique » sur le site (histoire d’acheter des briques), les résultats sont particulièrement pertinents :

Bricomarché
Des réponses claires

Bien éduquer son chien avec des briques ? Gné ? Fabrication du pied de lampe, vraiment ? Un cerf-volant, serait-ce n’importe quoi ? Le pompon ? Oui, je crois bien que ça l’est.