Fierté mal placée
Préface
Ce post de nature introspective n’a pas d’intérêt. Il ne contient rien. D’ailleurs, il n’existe pas.
Fin de la préface
Hier, c’était donc la Gay Pride. Une fois de plus, les Moïse de l’homosexualité ont reprit leur bâton de pèlerin pour battre le fer du pavé parisien (cette phrase ne veut rien dire, j’en ai tout à fait conscience).
De mon côté, j’ai retrouvé – pour la première fois depuis la dernière fois que je suis allé à une Gay Pride (à peu près huit ans) – d’anciens compagnons du PopInGays en plein prêche de bonne musique dans un océan de décibels crasses. J’ai dit bonjour aux « anciens » toujours là, et j’ai tranquillement suivi le camion (mais c’était un peu la merde car j’avais raté le dress code du jour : tee-shirt noir et mon bleu-ciel faisait tâche).
Arrivé à Luxembourg, l’épuisement et l’atroce sensation d’être en décalage complet avec « la scène » m’ont poussé à rebrousser chemin. Mais promesse était faite d’aller à la soirée du PopInGays au Point Éphémère le soir même.
Alors que je descendais l’avenue Denfert-Rochereau, je ne cessais de me maudire de ne « pas être assez gay ». Pas dans la manière, mais dans les actes. Autour de moi, dans mes amis proches, ceux que j’appelle et que je vois régulièrement, je pense pouvoir compter les homos sur le doigt d’un doigt. Je ne vais jamais dans le Marais, mais de toute façon, pourquoi j’irais seul m’y balader ? Ce n’est sûrement pas mes potes qui m’y accompagneraient. Je ne vais pas dans les boîtes, parce que de un, j’ai un peu passé l’âge, mais même quand je l’avais, je n’y allais pas et de deux, je n’aime pas la musique qu’on y passe. Et je déteste à peu près toutes les icônes associés au « milieu ». Notamment certaines chanteuses dont une mort exemplaire à la façon de Sainte Blandine me semblerait encore trop douce.
En fait, je suis dans une sous-section de la minorité homosexuelle. Et au dernier recensement, nous sommes quatre.
Même hier, finalement, en allant à la soirée de mes potes, je notais le décalage. Alors que, pour une fois, j’aimais bien la musique, l’idée de contorsionner mon corps pour simuler une impression de mouvement rythmique me paraissait tellement saugrenue que je me suis réfugié sur un fauteuil pendant près de deux heures.
Lorsque, dans la dernière demi-heure, j’ai tenté de laisser mon corps se mettre en branle sur la piste de danse, j’avais honte de chacun de mes gestes. Et je voyais tous ces gens se dirent bonjour, se faire la bise, rigoler au bar. Tous les gens de cette association se connaître et s’apprécier. Des simili-punks en transe dansaient. Un éphèbe gonflait ses muscles en buvant un whisky-coca. Deux lesbiennes se serraient l’une contre l’autre. Un sexagénaire draguait la jeunesse. Le monde entier s’amusait et au milieu, j’avais l’étrange sensation d’être l’énorme cancrelat.
Kafka ne m’aurait pas renié.