A bas le premier degré

Le dernier commentaire « Il est complètement con cet article » à mon précédent post me donne envie de rappeler quelques faits.

Ceci est un blog. Qui plus est, un blog personnel. Vous pouvez le lire, vous pouvez le commenter, vous pouvez le détester, j’en ai – comme dirait l’autre – rien à battre. Et savez-vous pourquoi ? Parce que ce blog n’est qu’un ramassis d’âneries. Qui me font rire, oui, mais d’âneries quand même. Ce que j’y écris N’EST PAS VRAI. C’est de la FICTION. Certes de la FICTION qui se base sur ma vie, oui. Mais de la fiction quand même.

En gros, le ratio vérité / connerie est de l’ordre de 30% par article. C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Ioudgine une jour où nous devisions ensemble de la portée philosophique de nos élucubrations binaires sur le bas peuple.

Le précédent paragraphe, c’est pas vrai. Vous vous êtes encore fait avoir, non ?

Putain, mais vous ne pigez donc rien…

Ce soir, on fête la nouvelle année, et j’aimerais bien que vous, toi et moi, nous repartions sur de bonnes bases. Que vous compreniez que je change un peu la réalité ici pour me faire rire. Et parce que je trouve ça globalement plus marrant que de raconter la vérité.

Alors, promis, vous arrêtez de tout prendre au premier degré ?

Pour répondre au gentil commentaire, donc, Gentilly, c’est une ville super. Je vais m’y installer un de ces jours, la maire est géniale, paraît qu’elle offre des bourriches d’huîtres les jours de marché. Il n’y a aucune violence, la ville est bordée de magnifiques bégonias japonais. L’air est le plus pur de toute l’Île de France. Et le petit bruit qu’on entend ce n’est pas des voitures sur l’autoroute, c’est une famille d’ours qui ronfle. Quant au RER B, il n’y a pas plus fiable, fonctionnel, économique et pratique. Magistralement entretenus, les wagons sont polis à la peau de chamois à chaque station. Enfin pour Internet, c’est bien simple : on n’a jamais vu une ville aussi bien équipée. Tous les immeubles sont raccordés à la fibre optique dont l’abonnement est pris en charge par les impôts locaux.

Je vais vous dire un truc, moi. Quand les bobos découvriront Gentilly, c’en sera fini du Canal Saint-Martin.

Bises et bonne année.

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Gentilly Express

Alors demain soir, je fais un truc de fou. J’achète un appartement. Ouais. Dingue. Ça fait trois mois que ma mère me tanne, et comme je suis du genre gamin obéissant, bah j’achète. Ouais, j’ai 36 ans et ouais, je t’emmerde. J’ai trouvé un super appart. C’est une vieille qui l’habitait. Une preuve ? Tiens, là voilà ta preuve :

Appart

En fait l’appart est bien en vrai : belle surface, pas cher, idéal. Sauf que. Sauf qu’il est à Gentilly.

Connais-tu Gentilly ? Gentilly c’est à peu près le concept de non-ville. Pour preuve, il est géré par une maire communiste, si c’est pas la preuve qu’il n’y a rien à en tirer… Je veux dire, plus personne ne vote communiste. Mis à part les nostalgiques des goulags, mais ils sont combien en France ? Huit ? Max ? Non ?

Alors Gentilly, c’est ce qu’on appelle la « petite couronne » de Paris. Oui, comme ça, ça semble glamour. Et moi aussi je me suis fait berné.

Sauf qu’en réalité, Gentilly est un genre d’îlot perdu au milieu de la pollution. Attends, je te montre où c’est :

Appareil genital feminin

Pardon, je me suis planté :

Gentilly

Donc en gros : au Nord, tu as la bordure du périphérique (infranchissable), à l’est tu as l’A6b (infranchissable), à l’ouest tu as l’A6a (tout aussi infranchissable). En gros, tu es dans un genre d’enclos dans lequel tu n’as aucun commerce, aucun centre-ville, rien nib que dalle.

En plus, comme la mairie est d’obédience PC, le salarié est le plus grand ennemi. Donc, tu payes une blinde en taxe d’habitation et taxe foncière pour… rien. Enfin, si. Pour que les blaireaux de la cité du chaperon vert puissent péter les vitres de ta voiture sans être emmerdés.

Enfin, c’est ce qu’on dit quand on lit la grande presse comme Le Point spécial immobilier Paris.

Non, sérieux. Quand tu googles « Gentilly », tu tombes sur « Ça a l’air calme, mais c’est la pire ville de banlieue, une incivilité hors norme ». Ça fait envie, hein ? Bah, moi, je vais y vivre.

Tu m’envies ?

Non, parce que tu sais pas le meilleur. Quand tu vas sur le site de la mairie de Gentilly, on ne te dit pas que la ville est « fleurie » (on aurait du mal d’ailleurs) ou que ses parcs font la joie des enfants. Non, on te vante une seule chose : Gentilly est une ville « @@@@ ». Tu sais ce que c’est ? C’est un label décerné par une bande de blaireau décérébrés qui attribue à chaque bled à la con sa « note internet ». Moi, je me suis dit comme un crétin que je suis : ok, c’est la ville la plus polluée de France (en même temps quand tu es cerné par deux autoroutes et un périph’…), c’est la ville-dortoir par excellence (y a même pas une basilique comme à Saint-Denis), y a « du trafic de drogue en plein jour » (selon je sais plus quel journal de droite), tu payes la moitié de ton salaire en taxes, MAIS au moins, on est à la pointe de l’internet, j’aurais la fibre comme si je me mouchais dans du PQ. PAS DU TOUT. MAIS QUELLE ERREUR ! Tu sais ce que c’est une « ville-internet 4@ » ? Ça veut dire que tu peux faire tes démarches grâce au site de la mairie. Ça veut, en somme, juste dire que tu as payé assez d’impôts locaux pour permettre à la mairie de faire un france.fr bis. Et rien que ça, ça me donne envie de gerber comme t’as pas idée.

(ah oui, et si tu te questionnes pourquoi j’achète quand même, comment te dire ?, l’appart est grand, spacieux et quand tu habites depuis 10 ans dans des placards, ça change juste un peu la vie).

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Économise un ciné : Forces spéciales

Aujourd’hui, ami lecteur, ma bienveillance légendaire n’aura qu’un but : te faire économiser 10 euros (ou du temps si tu as une carte illimitée) au cas où l’idée saugrenue d’aller voir Forces spéciales te traverse l’esprit. Et ce serait une véritable erreur.

Forces spéciales, c’est un film de cinéma français avec Diane Kruger, Djimon Hounsou, Benoît Magimel, le clone de Zach Galifianakis sous Lexomil (Denis Ménochet) et Marius. C’est comme ça qu’il est crédité dans le générique et déjà quand on voit ça, on a peur. Mais ce qui fait encore plus peur, c’est l’affiche du film. Attention : ferme les yeux.

Force

En fait, je m’aperçois que tout le film y est résumé : l’intégralité du pitch, le mauvais jeu des acteurs et le kitsch de la réalisation.

Diane Kruger (Elsa dans le film) est une journaliste indépendante qui se bat farouchement contre la présence de militaires français en Afghanistan. Alors qu’elle interviewe une jeune femme du pays qui se bat pour son indépendance, celle-ci se fait prendre par Zaïef, un chef taliban. Diane décide alors de s’organiser un rendez-vous avec Zaïef pour sauver sa cops. Mais, elle s’y prend comme un manche et finalement se fait kidnapper avec son traducteur. Le chauffeur est abattu sur place par manque de budget pour payer son rôle. Les talibans envoient une vidéo de la journaliste au gouvernement français qui décide ni une ni deux d’envoyer une équipe de FORCES SPÉCIALES (d’où le titre) sur place.

Ce scénario – riche – est servi par une mise en scène nerveuse et des acteurs au top de leur forme. Ou plus concrètement, le film est réalisé par un épileptique parkinsonien qui ne fait pas de plan de plus de 5 secondes (autant dire que dans les scènes dans les bureaux de l’Élysée, c’est juste exaspérant) et joué par une ribambelle de comédiens plus mauvais les uns que les autres.

Résumé du film en cheat mode « munition illimitée »

Premier jour – Ils retrouvent Diane Kruger en moins de dix minutes tout en massacrant copieusement des talibans par centaines. Et là, le spectateur se dit que le film va être étonnamment court. Mais – pas de chance – pendant l’opération, ils perdent à la fois la radio, les émetteurs, le téléphone satellite et leurs talkies-walkies. Les voilà contraints de s’exiler dans la montagne pour traverser une frontière à plus de 5000 mètres d’altitude afin de rejoindre je sais plus trop quel autre pays (le Pakistan). Une marche forcée de dix jours rythmée par des panneaux façon changement de round dans un match de boxe de seconde division. Et même pas présentés par une meuf à poil. D’la merde.

Second jour – Ils marchent et attaquent les talibans qui les poursuivent et qui débarquent par groupe de 10 armés jusqu’aux dents et meurent les uns après les autres sous les balles FRANÇAISES. Au bout d’une dizaine de minutes de fête foraine à voir les méchants tomber comme des mouches (on ne compte pas les morts mais ils sont nombreux, de quoi battre un record de pile humaine dans le Guinness), les talibans battent en retraite. L’équipe de FORCES SPÉCIALES continue alors sa mission.

Troisième jour – Ils cherchent un abri (il faut croire que jusque-là, ça n’avait pas eu d’intérêt flagrant). Elsa trouve un village afghan et demande l’hospitalité à ces gens (grâce à l’interprète, mais tout le monde félicite Elsa). Là, bien sûr, CONTRASTE : ces afghans-là, ce sont DES GENTILS. Moment d’émotion quand on leur demande : « Mais où qu’ils sont les enfants ? ». Réponse : « Les talibans les ont pris pour leur laver le cerveau ». On pleure.

Quatrième jour – C’est le départ du village avec des adieux déchirants quand au bout de 100 mètres, l’interprète décide de rester sur place pour combattre auprès des villageois que la milice talibane toujours à la poursuite d’Elsa s’apprête à envahir. Elsa, elle, décide de rester pour l’aider aussi. Alors qu’elle n’a pas d’arme, la gourdasse. Ça n’arrange pas trop le reste des FORCES SPÉCIALES. Mais, beaux joueurs, les militaires venus pour la récupérer décident de les aider. C’est alors la GROSSE BATAILLE dans le village. À nouveau, le nombre de morts dépasse la population du Qatar. Une fois le gros des troupes talibanes décimé, Elias (le sniper d’élite de ces FORCES SPÉCIALES) se sacrifie et consent à rester sur place pour retarder les poursuivants. Les autres FORCES SPÉCIALES partent alors sur le chemin rocailleux vers le Pakistan avec Elsa (l’interprète est mort pendant les combats) tandis qu’Elias se fait courser par une horde de talibans qui continuent de tirer n’importe où. S’ils avaient piloté les avions du 11 septembre, les tours seraient encore debout. On remonte en altitude rejoindre le groupe qui décide de trouver à nouveau un abri pour la nuit parce qu’il neige, que l’un d’eux est blessé et qu’Elsa est fatiguée. Pendant ce temps, Elias est toujours poursuivi par des talibans une centaine de mètres plus bas.

Cinquième jour – Alors qu’une belle journée se lève et que nos amis des FORCES SPÉCIALES viennent de perdre un nouveau membre de l’équipe (le blessé de la veille qui n’a pas survécu), on revient sur Elias… qui est toujours en train de courir avec une cinquantaine de barbus derrière lui. La nuit a dû être longue. Finalement, il meurt. Et crie. Et remeurt.

Du sixième au dixième jour – Interminable épisode où on les voit marcher dans la neige. Exaspéré, le chef de l’équipe des Forces spéciales échaudé par le clone de Galifianakis qui n’arrête pas de gueuler après la journaliste (« Vous, euh, les journalistes, vous dites du mal de nous les militaires, mais c’est nous qu’on vient vous chercher quand vous êtes capturés par les talibans alors, vos mouilles ») finit par lui annoncer une nouvelle qu’on sait depuis le début : sa femme est enceinte. À partir de ce moment-là, on se dit que ses jours sont comptés et on n’a pas tort parce que dès qu’il apprend l’heureux événement, il meurt sous la balle d’un salopard de taliban. Le salaud.

Onzième jour – Ils ne sont plus que trois : la journaliste Elsa, le chef d’équipe et Benoît Magimel (qui est tombé amoureux en chemin d’Elsa). Enfin ils traversent la frontière ! Épuisés, à bout de forces, ils n’arrivent pas à éviter… une chute de pierres. Bilan lourd : le chef d’équipe se retrouve avec une fracture ouverte du tibia. COMME PAR HASARD. Magimel (qui a déjà une balle dans la hanche) ne peut plus avancer. Elsa compte bien rester près d’eux, mais le chef lui explique la situation : « Faut que tu rentres Elsa sinon tout ça n’aura aucun sens ». PARCE QUE ÇA EN AVAIT UN JUSQU’ICI ? se dit le spectateur au fond de son siège désespéré par les séquences grotesques qui s’enchaînent. Elsa pleure, refuse, nie, négocie et finalement accepte. Elle roule une grosse pelle à Magimel (elle est amoureuse) et fait ses adieux façon Magicien d’Oz : « C’est toi l’épouvantail qui me manquera le plus ». Et elle part et marche dans le désert des heures.

Douzième jour – Elsa Kruger continue d’avancer péniblement. Finalement elle tombe par terre, morte d’épuisement. À ce moment-là, ALORS QU’ELLE EST EN PLEIN DÉSERT (on le sait parce qu’on a vu un plan d’hélicoptère qui tourne autour d’elle – le réalisateur est super friand de ces plans, il en colle dès qu’ils sont en haut d’un rocher ou au milieu d’une route, c’est désagréable au possible), un camion de l’ARMÉE FRANÇAISE arrive. Toujours là où on ne l’attend pas la grande muette ! Et Elsa est sauvée.

Sauf que bien sûr, arrivée sur le camp, elle demande expressément aux militaires de partir à la recherche de ses deux compères d’infortune. Autant dire chercher une aiguille dans une botte de foin de plusieurs dizaines de kilomètres. Et elle repart en hélico avec l’amiral qui a dirigé toute l’opération depuis le porte-avion Charles de Gaulle. L’hélico tourne, tourne, tourne quand SOUDAIN Elsa crie : « ILS SONT LÀ » en pointant du doigt un bout de caillou où les deux hommes sont toujours vivants.

Le film s’achève sur un carton qui remercie « John, Michel, Alban et Martin ainsi que tous les militaires qui nous protègent à travers la planète » et un second carton qui remercie « également les reporters qui partent au bout du monde pour nous informer ».

Dans le premier épisode de la série Freaks and Geeks, l’un des lycéens est handicapé mental, mais quand on lui dit qu’il est débile, il s’énerve et crie : « JE SUIS PAS DÉBILE, JE SUIS SPÉCIAL ». Ce film, c’est la même chose.

Special

Ma note :

Sego

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It’s a tough Jobs, but someone has to do it

Bon, donc, Steve Jobs est mort. Paie ton scoop. Toute la journée, les télés du monde entier ont relayé les fans perchés sur les étals des Apple Store, laissant mots, fleurs, photos ou poèmes à la manière de Lady Diana devant la Flamme de la victoire à Paris.

Mais le vrai spectacle n’était pas là, il était bel et bien sur Twitter.

Il y a eu par exemple ce tweet qui fait dans la demi-mesure :

Jobsteleramra

Ici, un poète :

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Beaucoup de classicisme :

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Quelques exaltés comme :

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Des mecs super drôles :

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Des gens qui lui parlaient :

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Des opportunistes :

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Des philosophes :

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Et puis, ce tweet qui a une valeur définitive tant il remet les choses bien à leur place en décelant, derrière le visionnaire, le gros capitaliste avec son cigare et son whisky :

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Une réponse m’a particulièrement ému :

Jobs3

Parce que je me dis que tous ceux qui aujourd’hui ont hurlé sur l’inhumanité d’Apple pour fabriquer ses produits oublient que de leur aspirateur au four à micro-onde en passant par leur PC (même s’il n’est pas d’Apple) et leurs fringues, il n’y a (pratiquement) pas un produit de consommation qui n’est pas fait dans des usines où le droit du travail est respecté (beaucoup trop de négations dans cette phrase). Mais que ça ne nous empêche pas de le dire haut et fort : Steve Jobs est un enfoiré.

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Murielle Cousin : elle a dit, elle a menti

Rappelez-vous, en avril 2010, Murielle Cousin était interviewée par Grazia sur son rôle d’éminence grise auprès de son compagnon Stéphane Guillon. A cette occasion, elle racontait au journaliste une série de bobards dont : « Nous ne sommes pas des people ! (…) On pense bien se marier un jour, mais avec nos proches et sans photographes ! ».

Gala cette semaine :

« Ah ouiiiii, non, mais ‘sans photographes’, on voulait dire sans photographe de la famille, c’est-à-dire que c’est pas l’oncle Bruce qui allait prendre des photos, voilà, mais des professionnels. Pffff, les journalistes vous déformez toujours tout… », nous a (presque) répondu Murielle.

(merci à Carlo de sa vigilance)

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