Secret de polichinelle

Secret de polichinelle

Ça ne semble rien comme ça, je sais, mais je tape intégralement cet article avec le seul pouvoir de ma pensée. Balèze, non ? Mais enfin, ce n’est pas pour déblatérer sur mes compétences paranormales et psychiques que j’ai décidé d’écrire ce post, mais pour un sujet beaucoup plus sérieux : la tragédie de Ferguson.

Non, je déconne.

Je pourrais en parler, hein, mais en fait, j’ai pas trop suivi. Moi, je croyais que le coupable c’était celui qui était mort, je comprenais pas trop pourquoi on le jugeait du coup. Peut-être pour avoir fait obstacle à la balle du policier ? En langage juridique, ça s’appelle : « entrave à la progression d’un projectile d’arme à feu d’un calibre inférieur à 20 mm ». C’est sûrement ce que j’aurais dit si BFM TV m’avait appelé en tant qu’expert sur le sujet (bien sûr, je ne suis pas expert, mais BFM TV n’est pas à cheval sur le concept des experts).

D’ailleurs, sur la porte d’entrée de BFM, il est écrit : « Entre ici, expert en n’importe quoi, ceux qui vont t’écouter dire n’importe quoi te salue ». Je le sais, car c’est mon père qui a gravé cette plaque. Oui, mon père est graveur, je vois pas en quoi ça vous dérange.

J’en étais où ? Ah oui. BFM et les experts. L’autre jour, ils interviewaient un expert sur le message de l’otage français dont on savait pas encore si c’était vraiment lui ou pas. Et l’expert répétait ad nauseam qu’il ne pouvait rien expertiser, car on n’était même pas sûr que ce soit un otage français sur la vidéo. Et le journaliste de BFM de répondre : « Oui, mais bon, vous avez pensé quoi la dernière fois que vous avez mangé une charlotte aux fraises ? Parce que finalement, c’est un peu pareil ». Et l’expert a fait semblant de ne pas comprendre. La petite enflure.

Parlant de l’État islamique (ou n’en parlant probablement pas, j’en sais rien…), hier, j’ai aidé deux extrémistes à se rendre à La Courneuve. J’ai longuement réfléchi s’ils avaient une bombe sur eux, mais la seule chose qu’ils avaient c’était un vieux sac plastique. Ça m’a pas semblé possible que ce soit une bombe. Ou alors une toute petite. Une bombinette. Et puis, l’un d’eux s’est gratté le cul, je me suis dit qu’ils étaient beaucoup trop détendus pour être des terroristes.

Ça me fait penser à un truc qui n’a rien à voir, mais vous ne trouvez pas que le site des Inrocks publie beaucoup trop de vidéos d’extraits télé. On y poste même des extraits des émissions de Ruquier. Non, mais sérieusement, quand c’est Télé Star ou Loisirs, je comprends, mais Les Inrocks ?! Seriously ? Ils essaient d’être le nouveau Melty ?

Je le supporte pas des masses le directeur de Melty, le mec qui fait semblant d’être cool, là, avec sa calvitie galopante. Oh putain, ça me rappelle que je dois racheter du shampoing. Demain, j’ai piscine et ça me rend les cheveux tout secs. Le coiffeur, l’autre jour, a été bien sympa, il a fait semblant de pas voir que j’étais chauve. Il a dit : « Non, vous les perdez à peine, on voit presque rien », tout en brossant une touffe derrière mon oreille vers l’avant de mon front. J’ai quand même acheté sa lotion capillaire à 18 euros. Pour un mec qui n’a pas de cheveux, c’est assez stupide comme démarche.

Vous saviez que John Cleese n’a jamais aimé le sketch sur le Ministère des démarches à la con ? J’ai appris ça en regardant un docu de UKTV. Dingue, non ?

Oui, je sais : on n’y comprend rien à cet article de blog, c’est chiant, ça passe d’un sujet à l’autre, y a rien de constant ni de construit. C’est complètement zinzin. Mais n’ayez pas l’air surpris, je vous l’ai dit dès le début : je le tape avec le pouvoir de ma pensée, c’est donc exactement comme si vous étiez dans ma tête. Alors, c’est chiant, mais, vous, au moins, vous avez de la chance : vous pouvez arrêter dès que vous le voulez.

La tragédie d’Ellen

La tragédie d’Ellen

[tl;dr: Je suis pas fan d’Ellen DeGeneres]

Lundi 3 novembre, Ellen est seule dans son manoir sur la côte californienne. Elle regarde sa plage privée, elle n’en peut plus de cette vue qu’elle connaît par cœur. Elle a tout : le talent, la gloire, la reconnaissance. Elle a son show, sa boutique. Bien sûr, elle rêve d’un Late Show, mais c’est le royaume des hommes blancs et hétéros. Autant dire que ce ne sera pas pour tout de suite. Mais Ellen, elle s’en fout, elle a découvert Justin Bieber. Qui peut se targuer d’avoir repéré une star dans une vidéo YouTube de collégien ? Il n’y a qu’elle pour oser le grand écart entre Internet et la télévision. Et elle a commencé bien avant que Jimmy Fallon ne s’extasie sur Twitter. Mais aujourd’hui, elle est lasse. Presque blasée. Son canapé en cuir blanc l’appelle, elle lui fait du pied et s’étale dessus comme si elle stage-divait dans un concert du Hell Fest. La tête ébouriffée, elle prend son iPad, boit une gorgée de son verre de whiskey. « Alors, c’est quoi les tendances aujourd’hui ? », trois clics plus tard, elle découvre le hashtag « #AlexFromTarget ». Un gamin qui bosse chez Target et qui range des courses dans des sacs s’est fait photographier en catimini par des lycéennes et sa photo a été partagée des centaines de milliers de fois en moins de 24 heures. Abasourdi, le gosse de seize ans a fini par tweeter : « Je suis célèbre, maintenant ? ».

Le sang d’Ellen ne fait qu’un tour. Elle sait qu’aucun de ses concurrents n’a rien vu. Et de toute façon, aucun de ses concurrents ne fera rien. Le web, c’est sa chasse gardée, comme les jeux vidéo pour Conan, le rap pour Fallon, le strabisme pour Kimmel, le troisième âge pour Letterman. Elle saisit son téléphone et tapote : « Hey, #AlexFromTarget, it’s #EllenFromEllen ». 63 000 retweets, 140 000 favoris. Elle a décoché une pépite et elle le sait.

La minute suivante, Ellen appelle Diane, l’une de ses quatorze assistantes :

– J’en ai trouvé un autre ! J’en ai trouvé un autre !, s’étrangle-t-elle dans son combiné.
– De quoi vous parlez, madame ?, lui répond Diane, interloquée
– Mon précieux ! Mon précieux ! Je le veux. JE LE VEUX, s’égosille-t-elle. Je VEUX ALEX ALEX FROM TARGEEEEEEEET. ALEX FROM TARRRRRRRRGET.

Diane finit par comprendre et tente de tempérer l’enthousiasme d’Ellen.
– Mais, Ellen, ce jeune garçon, très bien, mais il n’a rien fait : on l’a juste pris en photo.
– Je vois… Je vois des produits dérivés, je vois… Je vois une star en devenir… Je vois un iPad à lui offrir. Une place de remplisseur de sac dans ma boutique. Et peut-être même… le nouveau Bieber.
– …
– Justin… Alex… Bieber.
– Madame. Vous croyez vraiment que le monde a besoin d’un nouveau Justin Bieber ?
– OUUUUUUUUUUUUUUIIIIIIIIII. Et c’est MOÂ. MOÂÂÂÂÂÂAAAAAAA qui l’aura découvert.

Le téléphone raccroche.

Alex et Ellen

Six août. Alex rencontre Ellen. Au bout de deux minutes d’interview, Ellen ne tient plus en place, elle a fini par se faire saigner l’index à force de le gratter avec l’ongle de son pouce. « On va pas parler de sa misérable petite vie de merde », pense-t-elle. Elle attaque :
– Vous savez chanter ? Vous devriez profiter de cette exposition ! Quel est votre talent ?
– Euh… Je range bien les courses dans les sacs, semble-t-il.
– [faux fou-rire d’Ellen, sa main lui fait mal à force de la gratter] Non, mais sérieusement. Vous avez un talent ? La CHANSON ? La danse ? OU LA CHANSON ? Ou jouer d’un instrument ? OU LA CHANSON ? continue-t-elle de plus en plus agressive.
– Je peux danser. Mais c’est plutôt catastrophique.
– Alors, ne dansez pas. Mais vous devriez vous trouver un talent, et vite fait pour tirer un avantage de cette exposition.

En sortant du plateau, Ellen ne parle à personne. Elle monte dans sa voiture, son chauffeur la conduit chez elle. Elle a son iPod dans les oreilles. Le chauffeur l’entend murmurer : « Baby, baby, babyyyyyy. oooooh ». Arrivée en sa demeure, elle se sert un whiskey dans un large verre à fond plat. La nuit est tombée sur Los Angeles. Elle voit son reflet à travers la fenêtre. Ses yeux sont fatigués. Elle explose. Elle jette son verre contre la vitre qui éclate en millions de morceaux. Et à trois blocs, sa voix résonne encore. « Mais pour qui m’a pris cette PETITE MERDE ! Croit-il vraiment que j’ai dû temps à perdre avec un employé de SUPERMARCHÉ ? J’ai reçu toutes les stars. TOUTES LES STARS. LES PLUS GRANDES ». Ellen sanglote. Doucement, elle s’allonge sur son canapé en cuir blanc, ferme ses yeux et les frotte avec l’index et le pouce de sa main gauche. « Ce petit con », glisse-t-elle tout doucement, « Je l’invite et il n’est même pas foutu de dire qu’il veut devenir chanteur ? ».

« J’ai quand même découvert Justin Bieber, merde ».

Il est temps de se remotiver

Il est temps de se remotiver

[tl;dr: Je vais spammer vos lecteurs RSS]

Je ne sais pas si c’est de vieillir, mais en ce moment, tout m’agace sur Internet. Les vidéos crades (comme celle du mec qui se fait retirer des larves de mouche dans les oreilles), les photos de chats quelles que soit leur mignonerie (la mignonerie, c’est la capacité d’être mignon), les gens qui répondent pas à mes mails (et ceux qui y répondent aussi), les militants de tous bords (après les LGBT, ma découverte de l’Inter LGBTIQ m’a estomaqué au plus profond de mon vécu tout comme les cris d’orfraie de groupes féministes contre le scientifique et sa chemise pourrie), les gens qui cherchent à faire des débats sur Twitter (à toi, connard à qui je pense, j’ai un scoop : 140 caractères ne suffisent pas à expliquer un concept ou détailler un point de vue), les listes (qui me donnent toujours envie de les imprimer par ramette entière et de les enfoncer dans la bouche du rédacteur qui les a pondues), Facebook et ses amitiés sociales totalement inutiles et futiles (si j’avais *réellement* 350 amis, je serais sûrement moins aigri), Google et son moteur de recherche qui se croit systématiquement plus malin que moi (« Voici les résultats pour le truc que vous n’avez pas tapé, mais je pense que c’est ce que vous vouliez écrire »). Et puis les blogs, tous les blogs, le mien, ceux des autres et surtout ceux où les auteurs racontent leur vie en détail, de la couleur du caca du matin jusqu’à la quantité en millilitre de l’éjaculation du soir.

Dans ce marasme, dans cette noirceur à faire passer l’espace intersidéral pour un arc-en-ciel de Skitties, il m’arrive d’écrire des trucs sur des bouts de feuille, de commencer à rédiger un bidule, le lire vite fait, me dire : « C’est vraiment de la merde » et appuyer sur le bouton de la corbeille. Outre le fait que ces articles n’ont généralement aucun intérêt (tout comme celui-ci), que ce n’est pas drôle et que ça n’intéresse personne, ça me renvoie à ma propre médiocrité, mon absence viscérale d’intelligence et de talent. Bref, ça me fait du mal à mon petit cœur d’artichaut. Mais le constat que tout le monde n’a pas la même exigence que moi me donne souvent envie de reprendre la plume et d’écrire de la merde. Surtout quand je vois que, malgré la nullité crasse de leurs textes et l’absolue stupidité abyssale de leurs propos, ça leur permet de remporter des chèques cadeaux Jambon d’Aoste ou des invitations à tester la première classe d’Air France.

Alors, traitez-moi de vendu peut-être, mais à partir d’aujourd’hui, fini la quête de l’article intelligent et pertinent, je vais pondre des conneries par camions entiers. Et vous allez en chier.

PS : Inutile dorénavant de me faire des remarques sur mon orthographe ou ma grammaire, vous n’en faites pas aux autres, alors lâchez-moi les burnes.

Écouter France Inter en streaming ? C’est possible !

Écouter France Inter en streaming ? C’est possible !

Mes chers amis, désolé de vous avoir abandonnés si longtemps, mais c’était pour la bonne cause. J’étais en Corée du Nord où je me suis occupé du remplacement de la hanche d’une sommité de l’État, mais je n’ai pas le droit de vous en dire plus. En tout cas, si vous avez vu des photos d’un certain Kim Jong-un avec une canne, ça vous donne un bon indice.

Revenons-en à mon sujet du jour, l’écoute en streaming sur France Inter. Et d’une façon générale j’imagine Radio France, mais le matin, c’est France Inter que j’écoute. Le reste, j’écoute en podcast, donc j’ai pas de problèmes. Ça fait beaucoup de « je » dans une même phrase, mais je vous emmerde.

Donc, depuis Mathusalem et l’effondrement de la tour de Babel, la majorité des radios vous proposent l’écoute en live depuis Internet. Au début, c’était franchement chaotique, il fallait installer le plug-in Real Audio et récupérer le flux en .ra ou .ram, je me souviens plus trop, et il fallait pratiquement régler soi-même sa mémoire tampon.

On pourrait penser qu’en 2014, toutes ces considérations sont loin, loin, loin, loin, loin, loin, loin derrière nous. Bah pas vraiment. Quand je lance le lecteur Internet de France Inter le matin, je peux en écouter 3 à 5 minutes, puis ça coupe, plus ça reprend, puis ça coupe et ainsi de suite tout le temps. Tout. Le. Temps.

La porte d'entrée vers l'enfer

L’autre jour, j’écoute (enfin, plutôt « j’entends », car comme c’est toujours la même depuis 20 ans) la chronique de Bernard Guetta et je me dis : « Je suis toujours pas douché, pas habillé, et j’ai pas petit-déjeuner, mais je suis large, il n’est que 8h10 ! ». Je regarde l’heure, il était 9h00. J’avais pris en moins de 30 minutes près d’une heure de lag dans la gueule.

Alors, j’ai réagi.

J’ai tapé sur Google : « Je veux écouter le direct de France Inter » et je suis arrivé sur la page idoine : « Je veux écouter le direct » sur le site de Radio France. Là, on peut récupérer les liens du flux sans passer par l’interface web et il suffit de les copier / coller dans iTunes ou un autre lecteur pour écouter la radio.

Deux choix étaient proposés : 1. le flux à 128 kilobits par seconde ; 2. le flux à 32 kilobits par seconde. « Franchement, putain, allez, j’m’en fous, j’ai une connexion de malade, je télécharge à 10 Mo/s, chuis un marteau, je prends le flux à 128 kilobits par seconde ». Et je le copie / colle dans mon iTunes.

« Tout de suite, on écoute Berna… (Mise en mémoire tampon) rd Guetta et sa chronique géopol… (Mise en mémoire tamon) itique. Bernard, c’est à vo… (Mise en mémoire tampon) us ».

Mise en mémoire tampon

Mise en mémoire tampon

Vé-ri-di-que.

Du coup, je me ravise et je retourne penaud sur la page de France Inter et je récupère le flux à 32 kbits/s et miracle : ça marche ! J’avais été plus royaliste que le roi. C’est comme quand j’étais plus jeune et qu’il fallait que j’écoute systématiquement en mono la radio parce que l’antenne dans ma chambre était particulièrement sensible en stéréo. Ça doit s’appeler le progrès. En tout cas, en 32 kbits/s, j’ai plus de lags.

C’est sûr que quand on peut filmer le studio et foutre des bandeaux toutes les quatre secondes pour nous dire qui parle (plan sur Patrick Cohen, bandeau « Patrick Cohen », plan sur Bernard Guetta, bandeau « Bernard Guetta », plan de coupe pendant que Bernard Guetta parle sur Patrick Cohen, bandeau « Patrick Cohen », plan de la machine à café, bandeau « Machine à café », ce qui est – au passage – horripilant) et diffuser tout ça sur Internet, je comprends tout à fait qu’assurer un simple flux audio relève de la plus haute voltige technologique.

Les Grandes erreurs du marketing (15) : juxtaposition foireuse

Les Grandes erreurs du marketing (15) : juxtaposition foireuse

L’autre soir (c’était hier), je regardais ma compilation de publicités de la journée (j’enregistre systématiquement toutes les pubs chaque jour et je me les regarde pour le plaisir, comme dirait Johnny Hallyday). J’aime bien découvrir les nouvelles réclames, c’est toujours un moment de bonheur où mon cerveau se liquéfie en smoothie framboise melon banane. À chaque fois, je suis sidéré par le talent des publicitaires. Faire parler des animaux pour vendre de l’Orangina : quel génie ! Confondre Schweppes et sexe : quelle subversion ! Déguiser un type en biscuit : quel brio !

Et donc hier, je découvre la nouvelle pub pour le nouveau soin correcteur de Lancôme, baptisé « Visionnaire ». Rien que ça. Une femme est filmée de face avec des tas d’effets récupérés d’une vieille version de Final Cut Express tandis qu’un homme nous parle de ce soin incroyable tout simplement « fondamental ».

Et le texte est un vrai bijou qui ne veut absolument rien dire : « Nouveau soin correcteur Visionnaire. Un soin nouvelle génération conçu pour la perfection augmentée. La peau est transformée en temps réel. Rides, pores, texture de peau sont corrigés ». J’ai cru que Lancôme venait de racheter Photoshop.

Du vrai n’importe quoi. Vas-y que je te fous deux mots l’un à côté de l’autre, je sais même pas ce que ça veut dire, ça fait classe. Dans la liste proposées par l’agence de pub, il y avait aussi : « Le soin nouvelle génération conçu pour l’élégance aiguisée », « le glamour velu », « la sublimité audacieuse », « la plénitude gaufrée », « le charme majoré ». Mais c’est « Perfection augmentée » qui a gagné parce que c’était parfait pour cette pub nouvelle génération conçue pour la connerie masturbée.

T’as pas cent balles ?

T’as pas cent balles ?

Quand j’entends parler de Digital Native, j’ai envie de sortir mon fusil. Mes neveux, mes nièces sont des digital natives, ils sont nés avec l’iPad de papa dans la main, le téléphone de maman dans l’autre, avec un compte Facebook ouvert avant leur 13 ans et plus d’intimités perdues dans ask.fm que de virginité. Mais ce qui est vraiment passionnant avec les digitals natives, c’est que leurs parents sont persuadés que ce sont des petits génies de l’informatique. Et il n’y a pas plus faux. Aucun des digital natives que je connais ne sait mettre à jour son ordinateur et ne parlons même pas de taper une ligne de commande ou de changer une barrette mémoire. Ils connaissent l’usage, ils n’ont aucune idée de la technique. Mais ce n’était pas pour me lancer dans une diatribe inconsidérée contre la jeunesse que j’ai commencé à écrire ce post. Non, c’était pour parler d’argent.

Contrairement aux Digital Natives, qui sont de la génération « euros », je fais partie de la génération « francs », mes parents de la génération « anciens francs ». Longtemps, je me suis couché tôt, c’est vrai, mais surtout longtemps, je n’ai jamais imaginé que je verrais un changement de monnaie. C’est un qui me paraissait totalement absurde. Comme si on décidait demain qu’il faille conduire en roulant à gauche plutôt qu’à droite. Bref, l’euro c’était un peu ma révolution. Mon Mai-68, quoi.

Et comme mes vieux qui n’arrivaient pas à convertir les anciens francs des nouveaux francs (et pourtant, ce n’était pas compliqué), l’euro m’a posé pas mal de difficulté. Si j’ai bien compris que mon salaire était divisé par 6,55759, j’ai moins compris que tout était également divisé. Et qu’un ordinateur à 16 000 francs n’avait pas connu une démarque de 85%. De même, je crois qu’acheter un appartement 250 000 euros m’a semblé à peine impressionnant. Alors que claquer un million et six cent quarante mille francs…

Anyway. En même temps que le franc disparaissait des étiquettes du supermarché, les expressions associées s’éteignaient également dans ma bouche. Fini les « Putain ! y en a pour 10 briques ! », terminé les « ça coûte trois francs six sous » et au revoir le classique « J’ai dépensé 50 balles hier ».

Et je peux témoigner sur l’honneur et sur ma bite que je n’ai jamais utilisé l’expression « balles » avec des euros. «Briques» encore moins. Jusqu’au jour où… Jusqu’à ce jour de mars dernier où je déjeunais avec un compère des Craypion d’Or. Nous devisions devant un cassoulet sauce tartare, quand icelui me dit : « Hier, avec le taxi et les verres, ça m’a fait la soirée à 100 balles ».

Il existait donc encore des gens dans ce monde fou et surexcité qui continuaient d’utiliser « balles » dans leur vocabulaire. J’en aurais chialé. Dans ma tête, c’était interdit, car le mot « balle » désignait de petites sommes. Or, en euros, il n’existe pas de « petite somme ». Rien n’existe en dessous de l’euro. Un verre se paie 10. Un repas est à 100.

Mais ce que me démontrait avec panache mon compagnon de tablée, c’est que malgré ce différentiel de valeurs, rien n’interdisait l’usage du mot « balle » pour remplacer « euro ». Un nouveau monde s’ouvrait à moi, tel Christophe Colomb qui découvre l’Amérique ou plus probablement tel Laurent Romejko qui découvre la carte du temps de demain.

Depuis, je n’arrête plus. « Balles » par ci, « Balles » par là. Je suis insatiable. En fait, je crois que je rattrape treize ans de balles perdues.

Du bon usage du marteau

Du bon usage du marteau

Aujourd’hui, je vais profiter d’une récente expérience de bricolage pour vous parler d’un outil bien pratique au quotidien, je veux bien évidemment parler du marteau.

Comme tous les sujets qui ne sont pas relatifs à Star Trek ou aux Klingons, Wikipédia s’avère bien pauvre en information historique sur le marteau. On nous informe tout juste que depuis que l’homme est homme, le marteau a été utilisé pour percuter des choses aussi variables que de la roche, du métal ou des cranes. Et cette introduction de l’encyclopédie collaborative s’achève deux lignes plus loin avec cette magnifique phrase qui risque de faire se retourner Diderot et D’Alembert dans leur tombe : « Depuis son invention jusqu’à nos jours, son utilité s’est beaucoup développée et elle se développera sûrement avec les années ».

Oui, il est sûr qu’à l’avenir, le marteau sera promis à un développement inouï, probablement concomitant à l’instant où il sera capable d’intelligence et de marcher tout seul, comme l’a démontré Roger Waters dans son opéra rock The Wall.

Marteau The Wall

Je vois déjà Charlton Heston débarquer sur une planète inconnue où des marteaux ont pris le contrôle de l’univers. Mais je m’égare (Saint-Lazare).

Donc.

J’avais une mission particulièrement compliquée pour mes compétences en bricolage : installer une goulotte le long d’un mur pour cacher un câble que je ne saurais voir. J’avais la goulotte, j’avais la colle, j’avais les clous, j’avais le marteau (qui date de 1954, je pense) et j’avais le câble qui pendouillait. Et comme je suis plus malin que tout le monde, ma goulotte était exactement de la taille du câble : un centimètre. Dans la goulotte, il y avait des trous ci et là pour me permettre de planter des clous, à la mode de chez nous. Mais un problème évident survint dans mon esprit : comment la tête du marteau qui présente une surface de deux centimètres par deux centimètres pour taper (qu’on appelle « la table ») allait bien pouvoir entrer dans la goulotte d’un centimètre ?

À Table

Goulotte a

Au bout d’un mois de réflexion, j’ai fini par me dire que c’était tout bonnement impossible et que j’allais simplement coller cette putain de goulotte de merde à la con.

Évidemment, la colle n’a pas tenu, et ma goulotte s’est fait la malle. J’ai donc utilisé toutes les ressources de mon cerveau et, saisissant le marteau, j’ai essayé tant bien que mal de clouer les clous dans la goulotte en tapotant avec les angles de la table.

Hélas, comme attendu, une fois que la tête du clou était entrée dans la goulotte, je n’arrivais pas à finir le travail. À moins de péter la goulotte.

Deux ans plus tard, alors que le fil était toujours bien visible et que j’étais en train de le regarder en me disant « Bordel de bite au cul, c’est pas croyable, comment qui font les autres ?! », j’ai réalisé que le marteau n’avait pas qu’un côté. Il suffisait de taper avec le côté opposé du marteau (qui s’appelle « la panne »), bien plus fin, pour que le clou finisse sa course et rentre complètement dans le mur.

Panne de cerveau

Goulotte b

Une découverte majeure pour l’homme (tout au moins, moi) qui n’a fait l’objet d’aucun tutorial de Leroy Merlin (incroyable !) et qui confirme ce que disait Wikipedia en préambule : « l’utilité du marteau se développera sûrement avec les années ».

Et si vous avez des travaux de peinture, rénovation, plomberie ou projection de béton armé, n’hésitez pas à faire appel à mes compétences hors du commun.

Pudeur et tremblement

Pudeur et tremblement

L’autre jour (c’est une pure figure de style, ça doit faire six mois), je me disais : « Faudrait quand même que je revois un peu les posts sur mon blog, parce que bon, je sais pas trop, mais il me semble que par moment, malgré ma distance, les gens pourraient croire que c’est vraiment moi le mec bourré qui vomit dans les taxis » (disclaimer : je n’ai jamais vomi à cause de l’alcool et encore moins dans les taxis, ne croyez rien de ce que je raconte).

Alors, j’ai rouvert mon blog qui était en jachère depuis quatre mille ans ou presque et j’ai commencé à relire le premier article que j’ai publié. En dehors de quelques grosses fautes de syntaxe (que je continue à faire aujourd’hui), je me suis dit : « Ça va ». Puis, j’ai continué, et je me suis dit : « Non, mais là, c’est moyen quand même ».

Et au fil de ma lecture, j’ai trouvé que c’était de plus en plus limite, jusqu’au point où j’ai fini par virer tous les contenus qui me semblaient trop personnels.

La réalité, c’est que je m’en fous un peu d’être populaire sur le web (si j’avais envie d’être populaire, je m’y serais pris autrement), en revanche, si quelqu’un fait la corrélation entre moi et ce blog, je préfère qu’il évite de savoir certaines choses. Non pas que je veuille les cacher, mais quand je les ai écrits, c’était pour mes trois potes qui lisaient mon blog. Aujourd’hui, je pense qu’ils ne sont plus que deux à lire ce blog, mais si un employeur trouvait qui j’étais sur le net, peut-être se dirait-il que c’est un peu déplacé quand même.

Bref, j’en sais rien, on a tous notre petit jardin secret. Moi, toi et tous les autres.

Tous ? Non. Car un village peuplé d’irréductibles internautes résiste encore et toujours à l’envahisseur de la vie privée.

Publiant état d’âmes, lettres de rupture avortées, envies de plan cul, prises de position ridicules ou encore liste de griefs contre ses propres enfants ou son (sa) concubin (concubine).

Non, mais sérieusement, les mecs ?

Est-ce que vous pensez à ce que vous faites ?

Je vous jure, si je trouvais à 15 ans sur Internet des photos de la vasectomie de mon père associée à un article de blog qui explique en 5000 signes pourquoi il a sacrifié ses spermatozoïdes parce que de toute façon, après ma naissance, il était clair qu’un autre enfant aurait été trop difficile à gérer. Ou que ma mère raconte sa réduction mammaire pour problèmes lombaires, je vous jure que je n’aurais pas eu besoin du harcèlement de mes camarades de classe pour me foutre en l’air.

Je me dis que moi, au moins, le seul auquel je porte préjudice, c’est ma gueule. Je ne dis pas grand-chose de ma vie. Je me fous de ma tronche. J’exulte mes défauts, j’oublie mes qualités, mais ce n’est plus grave à mon âge.

Je suis ma seule plaie.

Et je refuse d’être celle des autres.

Ma méthode miracle pour bien s’organiser

Ma méthode miracle pour bien s’organiser

En près de vingt ans de carrière professionnelle de haut niveau où j’ai côtoyé les meilleurs (c’est-à-dire principalement moi-même, le reste de l’univers étant composé majoritairement d’abrutis), j’ai eu l’occasion d’appréhender de nombreuses méthodes d’organisations afin d’améliorer ma productivité dans le cadre d’une synergie entre effort et réconfort.

Cette expérience me permet aujourd’hui de prodiguer d’excellents conseils aux entreprises en mal d’efficacité. Et parce que je suis sympa, j’ai décidé de partager avec les lecteurs de mon blorgue mes notes de service sur de célèbres méthodes créées – souvent par des charlatans – soi-disant pour travailler mieux. Si la lecture de cet article vous a apporté quelque chose, n’hésitez pas à faire une donation PayPal ou Bitcoin. Mon pseudo : onissouakimalypanse.

1. La méthode des « 5 minutes »

J’ai découvert cette méthode aux termes d’heures de pérégrinations sur le web. Son concepteur a un credo assez audacieux : si ce que vous devez faire ne nécessite pas plus de cinq minutes, alors faites-le.

Sur le principe, c’est génial, parce qu’on fait PLEIN de choses, mais cette méthode a un GROS défaut, c’est que pratiquement tout ce qu’on doit réaliser dans la vie prend en moyenne cinq minutes. Descendre les poubelles, répondre à un mail, étendre le linge, nettoyer une casserole, téléphoner à mamie, changer la couche du petit dernier, faire l’amour (oui, ça me prend cinq minutes). En revanche, allumer la console pour jouer à GTA V, opération qui me prend entre quinze et vingt minutes (« Une mise à jour de 8 Go est disponible, voulez-vous la télécharger ? » « Non ? Vous ne voulez pas la télécharger ? » « Si vous ne la téléchargez pas, vous ne pourrez pas jouer, voulez-vous la télécharger ? » « Oui ? » « Oui ! »), est impossible.

Verdict : nul.

2. La méthode « Pomodoro »

Elle se base sur le même principe que la méthode des cinq minutes, mais cette fois-ci, les tranches durent 25 minutes. Pour faire clair, on passe de : « Ça me prend cinq minutes, je le fais » à : « Je me donne 25 minutes pour le faire ».

Et alors, là, c’est YOLO. Parce que 25 minutes, c’est ou trop long ou trop court pour faire quoi que ce soit. Exemple : se brosser les dents -> 25 minutes ; regarder la télé -> 25 minutes ; faire des recherches pointues pour son travail -> une semaine ? Mais non, triple buse ! Avec la méthode Pomodoro -> 25 minutes. Et quel que soit le résultat, au bout de 25 minutes, c’est obligatoire, tu lâches ton stylo et tu te barres. Je l’ai fait dans plusieurs réunions, l’effet est garanti.

Mais pourquoi 25 minutes ? A quoi ça correspond ? L’explication est digne de l’Église de scientologie. C’est parce que 25 minutes, c’est le temps nécessaire pour faire cuire des tomates afin d’en faire une sauce pour les pâtes. Et, dans la grande tradition de l’alimentation vivante à base de graines germées qui nous dit que « si c’est bon pour la nature, c’est que c’est bon pour nous aussi », les spécialistes de l’organisation ont accouché de cette équation stupéfiante : 25 minutes pour faire une sauce = 25 minutes pour écrire une thèse sur la mise en œuvre des référentiels techniques dans le cadre de la régulation des risques nucléaires en cas d’inondation. CQFD.

Verdict : attendez, ça cuit.

3. La méthode GTD

C’est la méthode la plus célèbre. On la doit à David Allen, j’avais même acheté son livre : « S’organiser pour réussir ». Le premier chapitre évoquait les fournitures à trouver avant même de commencer. Il fallait des chemises, des crayons de couleurs, des étiquettes et surtout des bannettes, mais en « format italien », c’est-à-dire de manière à pouvoir glisser les dossiers dans le sens de la longueur et non de la largeur. Bah, va trouver des bannettes comme ça chez Office Dépôt, et reviens me voir, hein. Im-pos-si-ble. Je ne suis pas allé plus loin. Car, outre ce problème de matières premières, indispensable pour bien débuter en GTD (qui veut dire « Get Things Done », mais il n’y a rien de plus faux), la méthode est très compliquée.

Il faut lister ses projets, puis lister dans chaque projet, les étapes nécessaires à son avancement et, à chaque étape, il faut associer un « contexte » (l’endroit où l’étape peut se réaliser). J’avais fait un projet « Faire les courses ». Il y avait en première étape : « Vider le frigo et jeter ce qui est pourri » dans le contexte « Maison », puis en seconde étape : « prendre une feuille de papier » dans le contexte « Bureau », puis en troisième étape : « faire la liste des achats » dans le contexte « WC », puis en quatrième étape : « acheter les victuailles » dans le contexte « Supermarché ». Un vrai bordel.

Verdict : dans le contexte « casse-couille », cette méthode est championne.

4. Ma méthode

Forcément, à force d’essayer les méthodes des autres, j’ai fini par développer la mienne. Celle-ci s’est montrée d’une efficacité redoutable dans le cadre de l’organisation de ma vie. Elle est à mon image, simple et sophistiquée.

Il vous faut une feuille de papier. Prenez la feuille, ramenez l’un des angles de la feuille vers le bord opposé de manière à faire un carré. Coupez la partie qui dépasse. Pliez l’autre diagonale de la feuille. Ramenez chaque coin vers le centre, ça fait une jolie enveloppe. Pliez chaque coin à nouveau et rabattez au centre les extrémités. Dépliez l’intérieur vers l’extérieur, ressortez les coins, retournez le pliage, pliez vers l’intérieur en deux et tirez de chaque côté. Et voilà :

Un joli bateau

Certes, vous n’avez atteint aucun des objectifs planifiés pour la journée, mais vous avez dorénavant un très joli bateau.

Pas à pas

Pas à pas

Chez Ikea, il y a un truc que je trouve particulièrement génial (et qui pourrait occuper la moitié de mon temps passé dans le magasin si je n’avais pas à faire trois allers-retours dans les entrepôts pour trouver la référence 14.235.458-8), c’est les machines qui font subir aux produits de la marque des tests effrénés pendant des heures et des heures. Cette première phrase était longue, mais je suis sûr qu’avec un peu d’attention vous devriez pouvoir en comprendre le sens. Bande de cons.

Au-dessus, il y a un vieux compteur moisi avec des gros bâtons rouges qui nous informe du nombre de fois qu’une porte a été ouverte ou fermée, qu’un poids de 80 kilos a été écrasé l’assise d’un fauteuil ou qu’un tiroir a été tiré et poussé. Bref, c’est génial. Sauf que très souvent, malgré la promesse d’une durabilité de plusieurs centaines de milliers d’actions, les tiroirs / armoires / fauteuils souffrent de ces tests. Et souvent, les tiroirs ne s’ouvrent plus, le fauteuil est défoncé et la porte de l’armoire est de guingois.

Le Test du placard

Bon, mais si je raconte ça, c’est pas DU TOUT pour vous parler d’Ikea parce que – soyons francs – j’en ai autant à foutre d’Ikea que vous de cet article. C’est ce qu’on appelle une situation « win-win ». Gagnant-gagnant, c’est du vocabulaire de gros bonnet de l’industrie, tu peux pas test.

En fait, c’est parce qu’aujourd’hui, j’ai lancé une application qui compte le nombre de mes pas. Et bien en une journée d’utilisation, j’ai marché 14 181 pas. Je n’ai aucune idée de comment c’est possible de savoir que je marche ou que je prends le métro, mais le résultat est là : 14 181 pas. Et encore, j’ai pas gardé le téléphone quand je suis allé faire caca. Ça se trouve, j’en ai fait 15 000 ! Dingue, non ?

Marche

Ça veut dire que chaque jour, la tête de fémur de chacune de nos jambes roule à l’intérieur de notre hanche 7 500 fois. Depuis mes vingt ans, ce mouvement est arrivé 73 millions de fois. Non, mais attends quoi, 73 millions de fois. Moi, ça m’a un peu fait mal au cœur parce que j’aime pas trop savoir comment le miracle de notre corps fonctionne. Du coup, j’étais un peu dégouté par toute la machinerie mise en branle pour faire ces onze bornes et quelques.

Mais le plus important de l’histoire, c’est que si on était fabriqué par Ikea, on ne tiendrait pas six mois.