Quand Google fait du ménage

Je sais, je débarque. Je vous vois venir avec vos « OLD » à tire-larigot. D’ailleurs, j’ai même pas fait de recherche sur le sujet car je suis sûr que ça a déjà été dit mille fois.

De quoi je parle ?

Voici que tout à l’heure, je faisais une recherche anodine sur Internet comme j’ai l’habitude de faire quand je suis chez moi et que je cherche des choses sur Internet et que je ne trouve pas car, contrairement à ce qu’on croit, on ne trouve pas tout ce qu’on veut sur Internet, c’est pas la Samaritaine, hein. Et donc, en cherchant, Google me prévient que ma recherche est « limite limite » : en effet, Google a été obligé par la loi américaine à ne pas divulguer tous les résultats qu’elle a trouvées sur le sujet qui m’intéresse, rapport au fait que certains d’entre eux « infringent » le copyright (le verbe « infringer » vient de l’anglais « infringement » et c’est une création de moi-même parce que c’est très jolie, je sais) :

chilling

Bon, jusque là, pas de quoi péter la gueule à un canard. De toute façon, mes yeux chastes ne doivent pas voir des résultats qui pourraient compromettre ma stricte obéissance à la loi.

J’ai quand même cliqué sur le petit lien à la fin du message pour voir qui avait demandé à ce que la page de réponses de Google soit étêtée de ces meilleurs résultats. Et là, je lis (pour la petite histoire, je cherchais le mot « Lucky », mais rien à voir avec Daft Punk) :

DMCA (Copyright) Complaint to Google
April 20, 2013
Sender Information:
SONY MUSIC ENTERTAINMENT / COLUMBIA RECORDS

Sent via: online form
Re: Websearch Infringement Notification via Online Form Complaint

Google DMCA Form: Infringement Notification for Web Search

Contact Information
Name: [redacted]
Company Name: Web Sheriff
Copyright holder: SONY MUSIC ENTERTAINMENT / COLUMBIA RECORDS
Country/Region: GB

1. Rights Owner(s) : SONY MUSIC ENTERTAINMENT / COLUMBIA RECORDS
2. Rights Agent : WEB SHERIFF
3. Infringed Rights : COPYRIGHT, TRADEMARK, PERFORMERS & MORAL RIGHTS
4. Infringed Artist(s) : DAFT PUNK
5. Infringed Title(s): RANDOM ACCESS MEMORIES
6. Infringing Activity : COPYRIGHT / TRADEMARK INFRINGEMENT FACILITATION
7. Infringing Search Tag(s) : VARIOUS
8. Infringing Search Listing URL(s) : VARIOUS
9. Infringing Site Location(s) :

http://kat.ph/daft-punk-get-lucky-feat-pharell-williams-radio-edit-2013-single-itunes-mp3-m4a-nimitmak-silverrg-t7330134.html

http://pirateproxy.net/torrent/8388769/Daft_Punk_-Get_Lucky_%28feat._Pharell_Williams%29_Radio_Edit_%5B2013

http://thepiratebay.se/torrent/8383707/Daft_Punk_-_Get_Lucky_2013_%28Real_Track%29_%5B128Kbps%5D

http://pirateproxy.net/torrent/8388599/Daft_Punk_Get_Lucky_%28Radio_Edit%29_%5Bfeat._Pharrell_Williams%5D-_Sin

http://kat.ph/daft-punk-get-lucky-radio-edit-t7329158.html (…)

Suivait une liste de quarante sites où il était possible d’aller écouter ou télécharger illégalement un morceau de Daft Punk (c’est ici).

Finalement, c’est ultra pratique : tous les sites pirates sont donc dorénavant recensés au même endroit et Google vous les met de côté. Comme ça, on a pas à s’enquiquiner à faire le tri avec le véritable spam des offres légales.

In Memoriam : Les Craypion d’Or

Proposition d’affiche refusée :

crayp

Personne n’a jamais su que j’y avais participé :

cematin

cesoir

Echofon001__

Portes ouvertes

Quelqu’un peut m’expliquer comment on peut en arriver à de tels extrêmes ?

Une seconde avant de mourir, il était encore en vie.

L’homme a vu le terroriste poser la bombe à ses pieds. Leurs regards se sont croisés. Et 2 minutes après…

Ce que je ne comprends pas, c’est qu’on puisse haïr les gens au point de vouloir leur mort.

Les terroristes, il faudrait leur faire exploser leur bombe à la figure pour qu’ils comprennent le mal qu’ils font aux autres.

Si la Palestine et Israël arrivaient à discuter calmement, le processus de paix avancerait certainement plus vite.

Ceux qui aiment faire la guerre envoient des soldats et vont rarement au front. S’ils y allaient, il y aurait bien moins de conflits dans le monde !

C’est difficile de reprendre une vie normale après qu’on a amputé tes jambes.

Il y a 34 morts assassinés en Somalie. Mais ça, on s’en fout, tout le monde a les yeux rivés sur 3 victimes à Boston…

Est-ce que le crime de ces terroristes aurait été moins grave si ça avait été un semi-marathon ?

Il faudrait faire un pays où on enverrait tous les terroristes pour qu’ils s’entretuent.

Dès qu’il y a un attentat à l’étranger, les politiques en France nous disent : « Attendez, nous aussi on a eu des menaces, hein, NOUS AUSSI ON POURRAIT AVOIR UN ATTENTAT, FAUT PAS CROIRE QU’IL Y EN A QUE POUR LES AMÉRICAINS ».

S’ils avaient eu des amis, les deux frères d’origine tchétchène n’auraient sûrement pas commis cet attentat. Souvenez-vous en quand vous snobez la vieille dame du palier d’en face.

157 morts dans un séisme en Chine, mais il n’y en a que pour l’attentat de Boston ! Deux poids, deux mesures…

Si les Américains vivaient en Irak, tu crois qu’on parlerait autant de cet attentat ? Non, c’est bien ça, ce que je veux dire.

C’est l’indifférence du monde qui les a conduits là où ils sont allés.

La vérité, c’est qu’un peu d’amour suffit souvent à panser les plaies les plus béantes.

Il faudrait tuer tous les gens qui tuent des innocents.

À chaque conflit, il y a une solution. Encore faut-il que les gens l’acceptent.

Comment c’est possible que les ministres aient des comptes à découvert ?

Dieu est amour.

VOS GUEULES, MERDE.

Les Grandes erreurs du marketing : le mail qui fait mal

C’est mal de se moquer, je sais, et je n’oserais jamais faire ce type de boulot de peur de me planter, mais pourtant, c’est drôle. En tout cas, moi, ça m’a fait rire.

Voici donc TextMaster, une entreprise spécialisée dans la correction et la traduction de textes qui a lancé LOOP : « une solution novatrice de traduction et de correction d’emails par des professionnels ». D’où une grande campagne d’emailing que je reçois donc. Dans le mail et le PDF associé on apprend que TextMaster a commandé une étude et que « le constat est alarmant : 90% des emails envoyés par les entreprises à leurs clients contiennent au moins une faute d’orthographe ». C’est dire. Surtout que c’est « un manque à gagner réel en termes d’image et de compréhension du point de vue du client ». Tu m’étonnes…

Juste après, on insiste encore : « une seule faute d’orthographe peut avoir des effets catastrophiques sur la réalisation d’une vente ou d’un partenariat, et plus généralement sur l’image de l’entreprise ».

Bref, la solution pour éviter cela, c’est LOOP, donc, même si ça coûte des ronds et qui fonctionne comme suit : on crée une adresse chez eux, on envoie le texte à faire corriger et « le contenu est automatiquement soumis à la communauté des 42 000 auteurs professionnels de TextMaster pour être renvoyé, traduit ou corrigé, après quelques heures, à l’adresse de l’expéditeur ». Le prix ? « Par mot, ce service est facturé 1 cent pour une correction et 2 cents pour une traduction ».

Alors bien sûr, quand on envoie un mail de ce genre pour vendre un service de ce genre, il vaut mieux se blinder. Sinon, ça fait tâche :

textmaster_cor

Autant dire que ces « enemies » ont incité nombre de destinataires à répondre à l’émissaire de ce mail (une boîte de com, pas TextMaster elle-même, heureusement) pour faire remarquer la faute d’orthographe. Et donc, on a eu le droit à « ERRATUM » constitué du message corrigé avec en introduction cette petite phrase :

« Les ennemies », comme vous avez été plusieurs à le remarquer, prennent bien entendu 2 « n »… pour les autres distraits, adoptez LOOP pour un sans-faute dans l’envoi de vos mails (ou communiqués).

Remarquez, je jette pas la première pierre : s’ils avaient utilisé le service LOOP, ça leur aurait coûté 6 euros…

Spring Breakers : la critique s’emballe-t-elle ?

On ne va pas se mentir, les critiques ont mouillé pour Spring Breakers, le nouveau film de Harmony Korine. Les Inrocks ont même consacré leur couverture au phénomène :

Inrocks

Avouons que sur ce film, Les Inrocks se sont dépassés, soutenant le film depuis la Mostra de Venise où il était comparé à du « Terrence Malick sous ecstasy ». Cette première critique du film avait au moins le bon goût de garder une certaine retenue : « [On peut] s’agacer de la façon dont Korine botte en touche, portant un regard à la fois critique et séduisant sur la violence de la gangsta weltanshung. Mais au final, ses twists ironiques, son humour noir, son énergie de série B, sa verve formelle, sans oublier la plastique superbe de ses actrices emportent le morceau ».

Aucune retenue lorsque le même auteur a écrit sa critique lors de la sortie officielle de Sping Breakers comparant cette fois-ci le film à du « Godard boosté au Red Bull » : « Korine filme cette débauche de formes et de couleurs avec une énergie folle, variant ses cadrages, balançant des décharges de montage en cut-up, bombardant les mots Spring Break comme un mantra » avant de conclure, superbe : « Derrière le rêve illusoire du Spring Break, les fractures ethnico-sociales et la violence de l’Amérique rôdent toujours. Korine déchire la carte postale floridienne et déniaise le Spring Break. »

Une autre « plume » des Inrocks officiant sur les ondes du Masque et la plume, vivant mal que le film n’ait pas été retenu par un Jérôme Garcin inspiré, a tenu à en parler lors des conseils à la fin de l’émission ajoutant à cette pandémie d’onanisme intellectuel : « C’est une critiqueuh de l’état terminale de la sociaytay du spayctacle qui va vraymant vayrs sonne apocalypse, mays cette apocalypse, i en fayt une sorteuh de feuh de joâ et c’est hein film totalemant jubilatoâre à la fois fayroce et trés trés drôlay ».

On aura bien sûr compris que si Les Inrocks ont beaucoup apprécié le film, c’est qu’il leur permettait, sous le vernis « œuvre d’auteur », de foutre des meufs en bikini sur la couverture, s’assurant de surcroît, grâce à la présence de Vanessa Hudgens et de Selena Gomez, un effet viral évident et une probable augmentation subtile des ventes en kiosque. D’ailleurs, j’ai trouvé la couverture des Inrocks en question sur le site de Selena French Web. Quand je pense ce qu’était ce journal, j’ai mal à ma mémoire.

Je me moque des Inrocks parce que je suis un connard jaloux, mais ce sont loin d’être les seuls à s’être branlés la nouille devant Spring Breakers : Les Cahiers du cinéma, Elle, Télérama et Paris Match ont, semble-t-il, été tout aussi émoustillés par ses jeunes filles en fleur et en bikini pendant 99% du film :

Critique

Pourquoi une telle unanimité ? Parce que c’est pas tous les quatre matins qu’ils vont voir un film qui peut se vendre auprès du public comme « film d’auteur » (parce que c’est Harmony Korine qui l’a réalisé, le GÉNIE qui a pondu en deux semaines le scénario de Kids, qui a filmé l’ovni Gummo et le très radical Julien Donkey Boy, qu’il est sorti avec Chloë Sevingy, qu’il a pris des drogues, qu’il a bu de l’alcool, qu’il a été très malheureux et qu’il adore le cinéma français depuis ses douze ans) où quatre filles passent leur temps à poil et où le nihilisme du scénario est un support à toutes les interprétations fumeuses propre au plaisir du critique de cinéma.

Et concrètement ? Spring Breakers est une belle grosse bouse. C’est une tentative de réhabilitation maladroite et désespérée d’un type paumé qui ne vit que sur cette gloire éphémère qu’ont été les cinq premières années de son travail. Korine refait du Gummo, pour ainsi dire, en moins extrême et surtout avec des stars pour s’affirmer bankable. Un statut soutenu artificiellement par des critiques en mal d’émotions.

Alors, oui, certains se pâment devant le montage « cut-up » comme ils l’appellent eux-mêmes, fascinés par l’idée de montrer quelques plans d’une séquence avant qu’elle n’arrive dans le scénario, idée liée par des bribes de dialogues. Ainsi, l’une des jeunes filles va se faire tirer dessus, on voit trois plans d’elle avec du sang sur le bras, avant même qu’on ne nous ait montré la balle le traverser (son bras). D’autres s’extasient devant les répétitions des dialogues (appelons ça « remplir le vide ») « totalement jubilatoires » pour reprendre le critique du Masque et la plume. Par exemple, ce dialogue répété une quinzaine de fois :

- On va le faire ?
- Tu as la trouille ?
- Je suis sûre que tu as la trouille…
- Oui, je suis le plus grand trouillard de la planète…
(dix secondes de pause)
- On va le faire ?
- Tu as la trouille ?
- Je suis sûre que tu as la trouille…
- Oui, je suis le plus grand trouillard de la planète…
(dix secondes de pause)
- On va le faire ?
- Tu as la trouille ?
- Je suis sûre que tu as la trouille…
- Oui, je suis le plus grand trouillard de la planète…
(dix secondes de pause)
- On va le faire ?
- Tu as la trouille ?
- Je suis sûre que tu as la trouille…
- Oui, je suis le plus grand trouillard de la planète…
(dix secondes de pause)

Mais si voir des culs et des seins comble vos appétits cinématographiques, comme cela semble être le cas pour la critique française, alors un seul mot : foncez.