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Ad Astra

L'espace, c'est pas Gray

4,4 sur l’échelle de valeur d’Allociné. Voici, Closer ou 20 Minutes, toutes ces revues spécialisées dans le cinéma l’affirment : Ad Astra est un chef d’œuvre.

L’Île aux chiens

Un film d'animina'd mlif nU

Je continue de faire les fonds de tiroir de mon back office. Ce qui veut permet d’exhumer des trucs méga vieux dont je me souviens à peine comme cette critique de LÎle aux chiens de Wes Anderson, œuvre sortie il y a presque pile un an.

À Megasaki, une ville du Japon, les chiens sont atteints d’une grippe virulente. Le maire, très méchant, craignant une pandémie générale, décide d’envoyer tous les chiens de la région sur une île dépotoir qui sert de décharge à ciel ouvert. Ça ne plaît pas du tout à Atari, le fils adoptif du maire, qui part y chercher son chien.

Wes Anderson, c’est un peu les œufs à la neige du cinéma : au départ, c’était un genre de blob visqueux qui n’intéressait personne, mais tellement fouetté par la hype parisienne qu’il a gonflé jusqu’à déborder du bol. Si l’histoire est plutôt intéressante, la mise en scène est étouffante. Pourquoi faut-il que tous les plans soient symétriques ? C’est quoi ces zooms en avant qui nous font passer d’un premier plan à un second pour revenir ensuite au premier plan ? Pourquoi tous les personnages sont-ils face à la caméra ? Chaque image du film crie à la figure du spectateur “T’as vu ? C’est classe, hein ? On a pris un double décimètre pour être sûr qu’il y a exactement des deux côtés la même distance entre le bord de l’écran et chacune de mes oreilles.” C’est la même chose sur l’affiche.

Des chiens au poil
Des chiens au poil
Au milimètre
Centrage parfait
Barre-toi, con de chien
“Barre-toi, con de chien ! Tu massacres la symétrie géniale de mon cadre”

Mais si le film ne m’a pas déplu (en dehors de cette atroce symétrie visuelle permanente), j’ai, comme souvent, été très agacé de lire à peu près partout que c’était un grand film social sur les conditions de vie des migrants. Wes Anderson avait pondu le pensum que l’on attendait pas et l’analogie était d’une grande subtilité : Les chiens sont les migrants. Les autorités (le maire de Megasaki) les parquent dans des lieux insalubres où ils vivent dans les ordures, comme ce que font Merkel, Macron, Trump… Sauf que l’analogie s’arrête là.

Aucun autre élément du film ne vient corroborer cette thèse digne d’un apéro aux Buttes-Chaumont, entre un vin rosé bio naturel au goût de jus de raisin avarié et une salade au boulghour mangue ananas avocat arrosée de jus de citron de Sicile, un dimanche après-midi. Qui serait le jeune Atari ? Une ONG de sauvetage ? Qu’est-ce que représenterait la grippe virulente qui frappe les chiens et qui pousse le maire à les écarter de la ville ? Notre propre racisme ? Qui seraient les médecins qui cherchent un antidote ? Laurent Joffrin ? Et surtout (spoiler)

Spoiler
qui se cache derrière les chats qui contrôlent le maire et qui le poussent à agir ainsi ?
Les Illuminati ? Cela ne tient absolument pas la route. Souvent, les critiques devraient se limiter à leur meilleur compétence : aller à Cannes pour y boire des cocktails. Ça tombe bien, je suis sûr que Wes Anderson adore ça également.

Cap quarante

(Avec quatre ans de retard)

À trente-neuf ans, j’ai décidé de prendre les choses en main. Objectif : écrire régulièrement sur mon blorgue avec la ferme intention de développer mon style précis et structuré qui a fait de moi la coqueluche du tout Saint-Germai-des-Prés lors de mon arrivée rastignacnesque à Paris (Panam, comme nous disions à l’époque sur les barricades de la rue Soufflot). J’allais appliquer le conseil dicté par tous les auteurs américains : “Si vous attendez les conditions idéales pour écrire, vous mourrez avant d’avoir débouché votre stylo” (la citation n’est pas exacte, mais ils ont tous dit un truc du genre). Comme j’ai passé ces dernières années à choisir la parfaite police de caractères pour justifier l’absence d’article sur mon blorgue, ça m’a tout de suite parlé.

À l’époque (et encore aujourd’hui), parmi le million de brouillons du backoffice de mon WordPress, il y avait d’interminables messages de haine envers des services administratifs, des textes littéraires sur de profondes déceptions amicales, des messages sybillins d’amour, des anecdotes croustillantes autour de ma vie – palplitante à bien des égards –, des chroniques de films, de théâtre, des charges virulentes contre mes collègues de bureau, contre mes chefs passés, contre mes chefs présents, contre mes chefs futurs et bien sûr la fin de mon explication de texte de L’Anneau du Nibelung de Wagner (probablement la série de billets qui me donnera accès à la postérité dans le Valhalla des blogueurs-influenceurs-loiclemeur).

En haut de la pile de mes textes au stade d’ébauche trônait une longue plainte déchirante sur le drame que représentait, à mes yeux, la bascule entre la vie du trentenaire et celle du quarantenaire qui s’approchait alors à vive allure. Moi qui avais beaucoup apprécié la décennie me conduisant de 30 à 40, qu’est-ce qui allait changer de l’autre côté du miroir ? “Je compte documenter toute l’évolution”, écrivais-je, “avec la précision d’un biologiste surveillant une bactérie sous un microscope”.

Je n’ai rien fait de tout ça. Emporté par le tourbillon de la vie, j’ai eu quarante ans. Mais on allait voir ce qu’on allait voir, et à quarante-et-un, chaque matin, j’allais poser mon cul sur la chaise et m’astreindre à deux heures de rédaction par jour au moins. Il fallait absolument raconter ce qu’il se passait. La déprime extrêment forte qui s’emparait de moi et cet étrange sentiment à chaque fois que j’entendais dire, lorsque j’annonçais mon âge : “Non, mais t’as pas quarante ans, toi ? Tu les fais pas du tout !”.

Ce “Tu les fais pas” était, au départ, extrêmement agréable et rassurant. Et puis, à force de l’entendre, il devint une source d’angoisse. Comme si, un jour, j’allais me réveiller et j’allais “les faire”, ces quarante ans. Je n’osais plus me regarder dans la glace, craignant chaque matin, de découvrir que, ça y est : je “les faisais”. “Il y aura forcément un moment où je basculerai”, me disais-je, “comment le saurai-je ? Et vais-je y survivre ?”. Ça m’a plongé plus d’une fois dans une neurasthénie dont je peine parfois encore à me relever.

Alors que mon anniversaire approchait chaque année à pas de loups, je constatais un peu gêné que je ne confessais rien de mes cheveux qui blanchissaient et de ceux, de plus en plus nombreux, qui mouraient au front ; de mon ventre qui s’arrondissaient par-dessus ma ceinture ; de mes poils qui subitement décidaient de pousser à peu près n’importe où sur mon corps ; de la déception de constater régulièrement qu’aucun de mes objectifs fixés à trente ans et à atteindre avant mes quarante n’avaient été validés ; et de l’accélération considérable de la durée de la seconde qui doit pourtant être fixe, ce me semble.

À l’aube de mes quarante-quatre ans, il n’est plus temps de reculer l’échéance. Demain, je fêterai mes cinquante, dans une semaine, quatre-vingt, et dans huit jours, je serai mort.

Je n’aurai toujours pas appris le japonais, ni grimpé l’Everest, ni fini un seul Dark Souls.

Mais au moins, le 19 mars 2019, j’aurai publié un article ici. Achievement unlocked.

La Finale

Aussitôt vu, aussitôt oublié

Sortie le jour de mon anniversaire, le 21 mars, premier jour du printemps (toute personne qui prétend le contraire est soit un de mes collègues soit une ordure, les deux se confondent facilement), La Finale est un film familiale qui nous narre les aventures de JB, un ado (joué par Rayane Bensetti) qui doit s’occuper de son grand-père, Roland, interprété par Thierry Lhermitte pendant le week-end tout ça parce que son père (à JB) s’est fait contrôlé en état d’ivresse par la police. J’aimerais vous en dire plus, mais j’avoue que j’ai vu le film il y a un long moment et j’ai totalement oublié cette partie.

Ce dont je me rappelle, en revanche, c’est que JB a, ce week-end là, une compétition de basket-ball qui peut le mener à une sélection nationale. Ça ressemble beaucoup a une pub de ma jeunesse où un ado devait participer à une compétition ultra-importante de karaté, mais son kimono était sale. Les Nuls avaient d’ailleurs réalisé la parfaite parodie de cette réclame :

Bref. Le truc un peu chiant de l’histoire, pour JB, c’est que son grand-père souffre de la maladie d’Alzeihmer. Il oublie donc tout, tout le temps. Tant que ça se passe dans la maison, les choses s’arrangent à peu près, mais JB, lui, ne compte pas rater son match. Et il a la solution parfaite : emmener son grand-père à Paris afin de ne pas se faire engueuler par ses parents pour l’avoir abandonner.

Sauf qu’en réalité, pendant tout le film, le spectateur n’a qu’une question en tête : lesquel de JB ou de Roland souffre réellement d’Alzheimer