Aller au contenu

Mois : avril 2019

L’Île aux chiens

Un film d'animina'd mlif nU

Je continue de faire les fonds de tiroir de mon back office. Ce qui veut permet d’exhumer des trucs méga vieux dont je me souviens à peine comme cette critique de LÎle aux chiens de Wes Anderson, œuvre sortie il y a presque pile un an.

À Megasaki, une ville du Japon, les chiens sont atteints d’une grippe virulente. Le maire, très méchant, craignant une pandémie générale, décide d’envoyer tous les chiens de la région sur une île dépotoir qui sert de décharge à ciel ouvert. Ça ne plaît pas du tout à Atari, le fils adoptif du maire, qui part y chercher son chien.

Wes Anderson, c’est un peu les œufs à la neige du cinéma : au départ, c’était un genre de blob visqueux qui n’intéressait personne, mais tellement fouetté par la hype parisienne qu’il a gonflé jusqu’à déborder du bol. Si l’histoire est plutôt intéressante, la mise en scène est étouffante. Pourquoi faut-il que tous les plans soient symétriques ? C’est quoi ces zooms en avant qui nous font passer d’un premier plan à un second pour revenir ensuite au premier plan ? Pourquoi tous les personnages sont-ils face à la caméra ? Chaque image du film crie à la figure du spectateur “T’as vu ? C’est classe, hein ? On a pris un double décimètre pour être sûr qu’il y a exactement des deux côtés la même distance entre le bord de l’écran et chacune de mes oreilles.” C’est la même chose sur l’affiche.

Des chiens au poil
Des chiens au poil
Au milimètre
Centrage parfait
Barre-toi, con de chien
“Barre-toi, con de chien ! Tu massacres la symétrie géniale de mon cadre”

Mais si le film ne m’a pas déplu (en dehors de cette atroce symétrie visuelle permanente), j’ai, comme souvent, été très agacé de lire à peu près partout que c’était un grand film social sur les conditions de vie des migrants. Wes Anderson avait pondu le pensum que l’on attendait pas et l’analogie était d’une grande subtilité : Les chiens sont les migrants. Les autorités (le maire de Megasaki) les parquent dans des lieux insalubres où ils vivent dans les ordures, comme ce que font Merkel, Macron, Trump… Sauf que l’analogie s’arrête là.

Aucun autre élément du film ne vient corroborer cette thèse digne d’un apéro aux Buttes-Chaumont, entre un vin rosé bio naturel au goût de jus de raisin avarié et une salade au boulghour mangue ananas avocat arrosée de jus de citron de Sicile, un dimanche après-midi. Qui serait le jeune Atari ? Une ONG de sauvetage ? Qu’est-ce que représenterait la grippe virulente qui frappe les chiens et qui pousse le maire à les écarter de la ville ? Notre propre racisme ? Qui seraient les médecins qui cherchent un antidote ? Laurent Joffrin ? Et surtout (spoiler)

Spoiler
qui se cache derrière les chats qui contrôlent le maire et qui le poussent à agir ainsi ?
Les Illuminati ? Cela ne tient absolument pas la route. Souvent, les critiques devraient se limiter à leur meilleur compétence : aller à Cannes pour y boire des cocktails. Ça tombe bien, je suis sûr que Wes Anderson adore ça également.