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Catégorie : Regarder des images

Your Name : Un film ruiné par la critique

Je n’y connais pas grand-chose en dessin animé japonais. J’ai vu Princesse Mononoké (et pas jusqu’au bout, car c’était une séance en plein air à la Villette et que 1. je me pelais et 2. j’allais rater mon métro), c’est à peu près tout.

Mais comme il me restait un ticket acheté au CE qui expirait le 31 décembre 2016, il était impératif que j’aille au cinéma avant cette date fatidique. Et donc, Your Name.

L’histoire, c’est celle de deux ados, un garçon qui habite Tokyo, une fille de la campagne, qui échangent leur esprit sans raison aucune. Ça donne des situations cocasses (mais franchement digne d’une sitcom, genre le garçon touche ses seins quand il est fille, la fille touche son zizi quand elle est garçon) et évidemment, ils tombent un peu amoureux l’un de l’autre sans le savoir. Ça, c’est le côté chiant.

Heureusement, il y a toute une histoire SF très réussie sur le pourquoi du comment de ce phénomène qui permet de s’affranchir de la comédie romantique un peu niaise. Et au-delà de l’histoire, les dessins sont époustouflants, l’animation superbe. Bref, c’était très bien (enfin, la bluette amoureuse exceptée).

Sauf que ce film est devenu l’emblème de toute une population que je conchie, à savoir le service cinéma des Inrocks qui non seulement spoile le film dans sa critique (je ne l’ai lue (la critique) qu’après l’avoir vu (le film)) (ne cliquez pas si vous n’avez jamais vu le film), mais surtout décrit Your Name comme une grande œuvre sur « la question queer ou transgenre ».

Les bras m’en tombent. Sérieusement ? Je ne sais même pas comment ça a pu leur traverser l’esprit… Faut se creuser la cervelle à la petite cuillère. Parce que vraiment, il n’y a aucun enjeu transgenre dans le film. Le ressort comique de changement de sexe n’a rien de nouveau et n’est même pas traiter ici avec une grande finesse. Et je doute que quand le film Victor Victoria (1982) est sorti au cinéma, quiconque ait pensé qu’il s’agissait là d’un grand film sur la question transgenre. Ça me saoule de lire ce genre d’idioties crasses qui sont là juste pour se raccrocher à l’actualité de façon si stupide, niaise et surtout paresseuse.

Car si le même film avait été produit par Disney ou DreamWorks (et ç’aurait tout à fait été possible, c’est une grosse comédie romantique quand même), là, les gags dont je parlais seraient devenus forcément le signe de la fin des temps et une horreur intellectuelle. J’imagine déjà la critique des Inrocks : « Alors que la question transgenre est au cœur des débats nationaux, ce film américain renie l’altérité de l’autre et démontre une LGBTphobie inadmissible avec des blagues potaches d’un sincère mauvais goût. Dans l’Amérique de Donald Trump, cette production est à vomir. » (à lire avec la voix de Jean-Marc Lalanne, c’est tordant).

Bref : faites comme moi, ne lisez jamais les critiques.

John Wick 2 : Un vrai film casse-tête

Jusqu’ici, ma vie s’était particulièrement bien accommodée de mon ignorance totale de l’existence de la série John Wick. Mais, l’autre soir, un pote me dit : « Tu connais pas John Wick ? Ahlalala ! C’est un vrai film de badass comme on n’en fait plus ! D’ailleurs, j’ai trop envie d’aller voir John Wick 2 qui vient de sortir. Allez, accompagne-moi ! »

Pris par la boisson, j’accepte. Toutefois, craignant de ne pas comprendre les tenants et aboutissants scénaristiques et les enjeux psychologiques, je m’encourage au préalable à mater rapidement le premier épisode.

Dans John Wick 1, Keanu Reeves incarne… Le terme est un peu fort. Keanu joue… Non, c’est trop aussi… Keanu fait semblant (oui, c’est mieux) d’être un ancien tueur à gages, reconverti dans le macramé. Vivant pépouze avec sa femme, cette dernière meurt d’une longue maladie. Avant de passer l’arme à gauche, elle lui offre un petit chien. Pas de bol, le fils de son ex-employeur tue ce chien (et vole sa voiture). John Wick n’a alors plus qu’une idée : se venger.

Ensuite, pendant une heure et demie, ça canarde plus que dans une partie de Counter-Strike. À la fin, tout le monde est mort. Sauf John Wick qui se trouve un nouveau chien.

Remis à niveau, j’appelle mon pote : « C’est bon, je suis prêt à aller voir John Wick 2. »

Cette fois-ci, Wick découvre que, des années avant John Wick 1, lorsqu’il avait quitté le monde du banditisme, il avait contracté « une dette » envers un mafieux italien. Il doit donc l’honorer. Mais comme il refuse, le rital lui brûle sa maison (son chien est sauf, rassurez-vous). John Wick n’a alors plus qu’une idée : se venger.

J’en avais des nœuds au cerveau.

Ensuite, ça canarde encore plus que dans John Wick 1 (si c’était Dieu possible) (a priori, ça l’était). Les balles fusent, les protagonistes tombent et roulent dans des escaliers en pierre de taille, se tirent dessus dans des couloirs de métro aux heures de pointe, se démontent la tête dans le Forum Magnum, s’empoignent dans des catacombes romaines, se mitraillent à Central Park…

Que vous dire ? C’est é-pui-sant. Le ratio mots prononcés/nombre de balles tirées est quasi nul. Les acteurs sont mauvais : une limande a plus d’expressions faciales que Keanu Reeves et les situations sont grotesques. Classique de ce genre de film : les méchants arrivent toujours par salve de deux ou trois, les autres attendant bien sagement à côté que leurs acolytes se fassent buter pour se jeter dans la mêlée et connaître le même sort.

Mais il y a bien une chose qu’on ne puisse pas retirer à John Wick : c’est un vrai film de badass comme on n’en fait plus.

Et quelque part, heureusement…

Moonlight : de l’émotion et encore de l’émotion (et parfois trop)

Je sais que vous pensez que je sélectionne scrupuleusement les pires films de la planète pour les chroniquer (avec talent), ici ou là, au gré de là où le vent me mène. Mais parfois, je vais voir de bons films. Et donc hier, je suis allé voir La La Land. Non, je déconne. Je disais être allé voir un bon film, et c’est donc de Moonlight que je vais parler (assez moche, cette construction grammaticale).

Chiron, jeune noir Américain d’une dizaine d’années, vit l’enfer : à l’école, les autres élèves le traitent de tapette et l’agressent, sa mère célibataire se drogue et se prostitue. Mais heureusement, il y a toujours un petit rayon de soleil dans le pire des enfers : un caïd de la rue (et fournisseur de came du coin) le prend sous son aile pour lui apprendre les bonnes manières. Et aussi qu’être homosexuel, ce n’est pas grave. Ce qui est grave, c’est qu’on t’insulte.

Le film suit donc Chiron sur trois périodes : l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte. La première (dont j’ai raconté les grandes lignes au-dessus) développe l’histoire. La seconde mène au climax. Brillantes grâce aux deux jeunes acteurs qui interprètent Chiron à 9 et 14 ans, elles souffrent juste d’un problème : elles sont très prévisibles, comme si le réalisateur et le scénariste avaient lu « Le film indépendant » dans la collection « Pour les nuls » et s’évertuaient à cocher toutes les cases : milieu sordide, mère droguée, père absent, plans avec effet de lumière sur l’eau, élèves méchants, enfant taiseux, caméra à l’épaule qui bouge, découverte de son homosexualité, drame qui change à jamais sa vie, couleurs saturées… Il faut de l’émotion, de l’émotion, de l’émotion.

Arrive la troisième période où la crevette des deux premiers épisodes sort de sa chrysalide (c’est débile, les crevettes ne connaissent pas de chrysalide, je vous emmerde). Chiron est devenu une grosse racaille bodybuildée avec protège-dents en or. Passé l’effet de surprise, cette dernière partie est de loin la plus réussie. Je ne veux pas spoiler, mais c’est superbe, touchant et émouvant avec des acteurs incroyables qui jouent tout en retenue et pudeur. Bref, j’ai été conquis.

Mais j’ai même pas pleuré, parce que bon, ça va, je suis pas un pédé.

La Vallée des loups : Un Jour sans fin

Nous sommes dimanche et comme tous les week-ends vous ne savez pas quoi faire de vos mômes qui font chier, qui gueulent et qui vont encore passer la journée devant la tablette. Alors, vous vous dites : “Bon, il fait un temps de merde, je vais les emmener au cinéma, au moins ça les changera du salon”.

Vous zieutez Allociné et là, votre bonne vieille conscience de bobo-écolo-de-gauche, enterrée par l’achat d’un 4×4 en plein Paris, remonte à la surface : vous allez les emmener voir La Vallée des loups, L’INCROYABLE histoire d’un documentariste animalier qui filme des loups dans leur habitat naturel. Très très bonne idée. Surtout si vos enfants sont hyperactifs, vous allez sacrément déguster.

Parce que ce que nous apprend ce film, c’est que réaliser un documentaire animalier est un travail long. Très long. Il a fallu 3 ans à Jean-Michel Bertrand pour pister cette meute de loups et ce sont ces trois ans qu’il nous propose de vivre in extenso.

À savoir, il part de chez lui avec son barda, se retourne, dit au revoir à Mimine, monte dans la vallée où il installe des caméras automatiques, se poste dans une tente, mange des soupes Royco et du pain rassis, va pisser, se rassoit, dort, se lève, va regarder si quelque chose a été filmé par les caméras (90% du temps : rien), puis retourne dans sa tente et recommence. On se croirait dans Un Jour sans fin.

Au bout d’une heure de film (où il est rentré après 2 mois sans avoir filmé quoi que ce soit, puis il est reparti l’été suivant, etc.), ÇA Y EST, les caméras automatiques ont filmé les loups. Il installe donc un nouveau campement, avec cette fois-ci une grosse caméra, se poste dans sa tente, mange des soupes Royco et du pain rassis, va pisser, se rassoit, dort, se lève, etc. Au bout de plusieurs semaines, il détient enfin cinq à dix minutes de film avec des loups (et c’est très beau). Il décide alors de rester un peu plus pour les voir encore. Nous, on aimerait qu’il rentre chez lui, mais non. Et voilà qu’il se poste dans sa tente, mange des soupes Royco et du pain rassis, va pisser, se rassoit, dort et se lève pendant dix jours de plus.

Hélas, les loups sont partis. Et vos gamins aussi.

Les Animaux fantastiques : C’est le zoo

Depuis mon retour d’Écosse (c’était génial), j’ai décidé de regarder et de lire tous les Harry Potter (car ça se passe en Écosse). Ce que je n’avais jamais fait et c’est très sympa, mais vous devez le savoir puisque vous les avez forcément vus et lus depuis belle lurette.

Et comme quand je fais un truc, je m’y mets à fond (un jour, j’appliquerai cette devise au boulot), je suis aussi allé voir Les Animaux Fantastiques qui est une espèce d’histoire “dans l’univers” de Harry Potter, c’est-à-dire avec des sorciers et des sorcières.

Cette fois-ci, un sorcier Britannique débarque aux États-Unis avec une valise pleine d’animaux fantastiques (d’où le titre du film). Malheureusement, certains de ces animaux s’enfuient et c’est la catastrophe en ville.

Toute cette partie de l’histoire est drôlement chouette (bon, je ne vais pas vous dire que ça casse forcément trois pattes à un canard) (remarquez, vu le bestiaire, il y aurait pu en avoir un) (de canard à trois pattes), les effets spéciaux sont réussis (enfin, je n’étais pas fan de l’hippopotame) (j’arrête avec les parenthèses), c’est marrant et imaginatif pendant une heure quarante. Bref, j’étais content.

Et puis, patatras !, ça devient indigeste comme un kouglof aux amandes. Une histoire parallèle devient principale et on est parti pour vingt minutes d’explosions interminables dans le métro, façon blockbuster de super-héros, qui s’enchaînent avec un quart d’heure de conclusions inutiles autour des quatre personnages principaux au cours desquelles on sait exactement ce qui va se dire à la virgule près.

Malgré ma déception sur la fin du film, en rentrant chez moi, j’ai décidé de terminer le sixième épisode de la saga du petit sorcier… Et Dumbledore meurt ?!? WHAT ? J’ai chialé toute la nuit.

Star Wars Rogue One : la tour de l’ennui

Dans la vie, il y a les bons films et puis il y a Star Wars. Eh oui, je ne vous l’avais pas dit, car j’ai du respect pour vous, mais je suis allé voir Star Wars Rogue One.

Attention, je vais divulgâcher sévèrement.

Mis à part la mort de tous les personnages (mais depuis que Game of Thrones est passée par là, ce n’est plus vraiment subversif), c’est un vrai film Disney. À savoir : un seul et unique objectif TOUT DU LONG. Et cet objectif, on SAIT qu’il est réussi avant même le début du film puisqu’il s’agit d’envoyer les plans de l’étoile noire, la terrible arme de l’Empire, à la Rébellion. Or, ces plans sont ceux cachés dans R2D2 au tout début de La Guerre des étoiles : Un Nouvel espoir par la Princesse Léïa en 1977. Ça NE PEUT PAS rater, donc on allonge la sauce et on l’allonge et on l’allonge comme ce texte.

Et tous les prétextes sont bons. Ainsi, les plans sont sur un disque dur qui se trouve dans une tour radar dotée d’une gigantesque parabole sur son toit. L’héroïne va dans la tour, mais pour y entrer, il faut que son pote branche un câble. Le pote court brancher le câble, mais DAMNED ! Le câble est trop court, il doit faire le tour par l’autre côté. Ça pétarade dans tous les sens, mais dix minutes plus tard, il branche le câble (ouf). Il meurt.

Elle entre dans la tour. Là, le disque dur avec les plans est caché dans une gigantesque armoire à disque dur cylindrique de plusieurs centaines de mètres. Elle s’installe devant le centre de commande et fouille grâce à un bras automatisé TOUS les disques durs les uns après les autres.

Vingt minutes passent (au cours desquelles les stormtroopers débarquent par paquet de dix) avant qu’elle ne le trouve ! BINGO ! Rha, mais ZUT ! QUELLE GUIGNE ! Le bras automatisé vient de se casser. C’est ballot… Elle doit donc escalader l’armoire pour le récupérer.

Ça y est, elle l’attrape ! Il ne reste plus qu’à le mettre dans le lecteur pour transmettre les informations grâce au radar. Sauf que l’appareil qui fait ça (et qui devrait en toute logique se situer dans le même centre de commande où elle était), bah il est touuuuuuuut en haut de la tour. CROTTE ! Elle monte donc à la force de ses bras, sort sur la plateforme extérieure, va juste sous la parabole où elle débusque l’emplacement marqué : « Système d’envoi de plans cachés dans un disque dur par radar » (voir l’image en en-tête). Elle y glisse le disque dur, ça compute et là, CARAMBA !, il faut calibrer le radar. Et le calibrage du radar n’est évidemment pas au même endroit que le système d’envoi, non. Le bouton est à l’autre bout de la plateforme sur une putain de poutrelle qui donne dans le vide (voir l’image ci-dessous).

Non, mais qui a conçu cette tour radar ???

Elle y va et juste après avoir appuyé sur le bouton de recalibrage, elle doit repartir à l’opposé pour appuyer sur le bouton de transfert. Sauf que le grand méchant arrive et on est parti pour quinze minutes de palabres stériles. Bon, sans surprise, il meurt, elle retourne devant le bouton et appuie ENFIN. Les plans sont transmis ! Whouwhou ! Elle meurt. À ce moment, j’ai sabré le champagne.

Et ça a pris combien de temps ? 2h20 de ma vie ? Un beau gâchis.

Le Hobbit 3 : Les cinq armées, c’était pas ma bataille

[tldr : Qui sont vraiment les orques ? Quels sont leurs réseaux ?]

Il y a un film à petit budget qui va sortir dans quelques jours (le 10 décembre exactement). C’est le troisième volet d’une grande fresque sociale et humaniste qui prône l’amitié entre les peuples et offre de beaux sous-entendus homosexuels, je veux bien sûr parler de Le Hobbit 3 : La bataille des Cinq Armées. Pas trop de spoilers à suivre (surtout si vous avez déjà lu le livre).

Résumé des épisodes précédents :

Un hobbit, Bilbo, est engagé par un magicien, Gandalf, pour aider un nain, Thorin à redevenir le roi d’une montagne, Erebor, qui abrite un trésor inestimable surveillée par un dragon, Smaug.

Eh bien, croyez-moi si vous voulez, mais avec ces deux lignes, Peter Jackson, le réalisateur, a réussi à faire trois films de trois heures chacun. Le talent, coco. Le talent (mais aussi beaucoup de ralentis). La conséquence, c’est qu’il ne se passe pas grand-chose dans chaque film. Dans l’épisode 1, ils traversaient une forêt, dans l’épisode 2, ils échappaient à des orques et voici donc l’épisode 3 où ils vont se battre.

Nous avions donc laissé Bilbo, Thorin et ses acolytes en haut de la fameuse montagne juste après avoir chauffé les oreilles de Smaug qui était parti se calmer en allant faire du shopping en ville, à Bourg-du-Lac.

Ça me rappelle (ça n’a rien à voir, mais je vous raconte ça pour le plaisir) quand mon beau-père était en colère après moi : il s’enfermait dans sa voiture et écoutait du Véronique Sanson. Bon, ben, Smaug, c’est la même chose, sauf qu’en plus il crache du feu.

Au bout d’une demi-heure pendant laquelle Smaug crame la moitié de la ville (« On m’avait dit que c’était les 7 jours en or du Printemps et y a pas de promo sur Hugo Boss ? Je suis fort courroucé, je vais tout brûler »), Bard, un type plus malin que les autres, l’achève en lui tirant une herse dans le bide. « Parfait », se dit le spectateur, « mais bon, il reste deux heures de film. Que va-t-il bien pouvoir se passer ? ». Des milliers de trucs.

D’abord, comme dans le livre, Thorin et ses amis vont récupérer le trésor. Parmi toutes les richesses qu’il contient, l’une d’elles intéresse particulièrement Thorin, l’Arkenstone. Mais genre, il est pas-sion-né. S’il avait été au collège avec moi, mes potes se seraient tous bien foutus de sa gueule avec sa passion pour les cailloux, soit dit en passant, parce qu’on est cruel quand on a quatorze ans. Comme y avait pas Thorin, c’est de moi dont on se moquait. Je pleure encore des larmes chaudes et bouillonnantes quand j’y repense.

Bilbo la trouve avant Thorin et la garde. Là-dessus, les habitants du Bourg-du-Lac viennent voir les nains pour réclamer l’aumône afin de réparer leur ville (qui s’est faite détruire par un dragon, restez concentré s’il vous plaît). Bard explique : « Avec la crise du logement à Bourg-du-Lac, les promoteurs nous assassinent : les devis de Bouygues Immobilier et Vinci sont exorbitants, soyez chics, filez-nous un peu de votre or ».

Mais Thorin refuse. S’ensuit un grand nombre d’embrouilles dans laquelle l’Arkenstone jouera un rôle important quand, finalement, les orques menées par leur chef Azog débarquent façon “On n’attend pas Patrick ?”.

(petite entorse à la mythologie de Tolkien, au passage, puisque normalement, dans le livre, c’est Bolg, le chef, fils d’Azog, justement, je dis ça, je dis rien). Donc, les orques débarquent et attaquent les nains, les humains et les elfes (qui étaient là aussi, mais juste pour faire jolis avec leurs oreilles pointues).

Sans surprise, le combat va être long et douloureux (comme ma b…). Car comme le dit Gandalf (ou un autre je ne sais plus) : « Ces orques sont des soldats redoutables, car ils ont été élevés pour combattre ». Eh bien figurez-vous que ces REDOUTABLES GUERRIERS tombent comme des mouches en pleine épidémie d’Ebola : un coup d’épée, ils décèdent ; une flèche, ils passent l’arme à gauche ; une tape de marteau, ils clamsent ; et – plus surprenant encore – ils trépassent également s’ils reçoivent sur la tête une toute petite pierre jetée par Bilbo. Contre toute attente, ce hobbit a une force impressionnante. Mais regardons plutôt cette table de comparaison et rions ensemble :

Comparaison de taille

Bref la bataille dure Longtemps, d’accord, mais comment cela peut-elle s’étendre sur une heure et demie ? Grâce à deux effets totalement stupéfiants.

Le premier, c’est le ralenti. Peter Jackson en colle partout. Un type meurt, paf, ralenti sur l’arme qui frappe, ralenti sur l’homme qui tombe, ralenti sur le méchant qui se félicite, ralenti sur les yeux de la victime, ralenti sur la paupière qui se ferme. Forcément, ça rallonge le film d’une bonne demi-heure.

Le second, ce sont les retrouvailles. Imaginez la scène. Un gigantesque champ de bataille (en fait, exactement le même que celui du Retour du Roi, avec un peu moins de monde peut-être).

Grosse baston

Un gigantesque champ de bataille, donc, avec des elfes, des humains, des nains et un gros paquet d’orques (il faut dire que les orques sont très nombreux, j’ai pas les chiffres, mais on parle de 10 000 selon la police, 100 000 selon la cellule de communication des orques). Oui, ça ne fait que quatre armées, mais il y a une armée surprise (la même que dans le Retour du Roi, d’ailleurs, mais son arrivée est encore plus inattendue). Soudain, un nain retrouve son cousin sur la zone de combat. Le cousin vient de décimer une centaine d’orques REDOUTABLES en se mouchant. Il y en a encore des centaines d’autres autour d’eux. Mais on s’en fout. Les deux nains taillent une bavette :

– Oh ! Cousin Machin ! Ça fait plaisir de te voir, et alors tu deviens quoi ?
– Bah ça va bien ! J’ai repris la forge du pater. Je tape sur du métal et ça me va bien. Je m’en sors pas mal, ça paie bien. Et toi, la famille ?
– Ça pousse, ça pousse. Ma dernière commence à faire ses dents, on ne dort pas trop, c’est pour ça que je suis arrivé à la bourre pour me battre, mais ça va passer.
– Faudrait qu’on s’organise une bouffe un de ces jours.
– Mais carrément ! On en parle après que j’ai tué ces milliers d’orcs en me grattant le doigt de pied ?
– Nickel. La bise à Durdinval.
– Merci, et on n’attend pas la prochaine bataille pour se voir, hein !

Je n’invente rien.

Le combat s’achève enfin après tout un pataquès à peine compréhensible (les orques ont fait une terrible ruse imbittable pour le spectateur, les nains se séparent en deux groupes, mais en fait restent au même endroit, j’ai rien compris).

Une amitié particulière

Et là, c’est le drame : Gubeva zrheg. (Non, je n’ai pas subitement parlé en orque, mais comme c’est un spoiler si vous n’avez pas lu le livre, je l’ai mis en ROT13, n’allez pas plus loin si vous n’êtes pas familier avec l’histoire du Hobbit).

Ralenti sur sa blessure, sa chute au sol, Bilbo qui court vers lui, Bilbo qui lui prend la main, Bilbo qui pleure, Thorin qui ferme les yeux, Bilbo qui regarde le ciel en hurlant : « Naaaaaaaaaan, pas lui ! ».

Retour au campement. Bilbo parle à un elfe, je crois.

– Vous êtes triste Bilbo ?
– Oui. Je suis tellement triste d’avoir perdu mon Thorin.
– Mais qu’est-ce qu’il était pour vous ?
– C’était… C’était mon… *sanglots étouffés* *silence*

Mais vas-y, Bilbo, crache-le morceau : vous étiez amants. Et pendant la longue traversée du Gondor, ça n’a pas sucé que de l’herbe à pipe, si tu vois ce que je veux dire.

Revenant chez lui, le cœur gros comme un camion, Bilbo reprend la même discussion avec Gandalf.

– Ça va aller Bilbo, pas trop triste ?
– Si, un peu quand même. Thorin, c’était… C’était mon…
– C’était votre quoi ?
– C’était… C’était mon…
– Votre quoi ?
– Mon… MON AMI. MON AMI. JUSTE mon ami. Pas mon amant. Arrêtez de me faire cette réputation dans tout le Comté, enfoiré de Gandalf. Je sais que le mec qui vous interprète est gay, mais vous ne me pervertirez pas avec vos pouvoirs d’homosexuels.
– Calmos, Bilbo. Calmos. Je demandais simplement. Si on a plus le droit de parler, je retourne dans ma carriole avec mon bâton magique et mes pétards. Venez me rejoindre, ça va être… explosif.

Explosion

Spring Breakers : la critique s’emballe-t-elle ?

On ne va pas se mentir, les critiques ont mouillé pour Spring Breakers, le nouveau film de Harmony Korine. Les Inrocks ont même consacré leur couverture au phénomène :

Inrocks

Avouons que sur ce film, Les Inrocks se sont dépassés, soutenant le film depuis la Mostra de Venise où il était comparé à du “Terrence Malick sous ecstasy”. Cette première critique du film avait au moins le bon goût de garder une certaine retenue : “[On peut] s’agacer de la façon dont Korine botte en touche, portant un regard à la fois critique et séduisant sur la violence de la gangsta weltanshung. Mais au final, ses twists ironiques, son humour noir, son énergie de série B, sa verve formelle, sans oublier la plastique superbe de ses actrices emportent le morceau”.

Aucune retenue lorsque le même auteur a écrit sa critique lors de la sortie officielle de Sping Breakers comparant cette fois-ci le film à du “Godard boosté au Red Bull” : “Korine filme cette débauche de formes et de couleurs avec une énergie folle, variant ses cadrages, balançant des décharges de montage en cut-up, bombardant les mots Spring Break comme un mantra” avant de conclure, superbe : “Derrière le rêve illusoire du Spring Break, les fractures ethnico-sociales et la violence de l’Amérique rôdent toujours. Korine déchire la carte postale floridienne et déniaise le Spring Break.”

Une autre “plume” des Inrocks officiant sur les ondes du Masque et la plume, vivant mal que le film n’ait pas été retenu par un Jérôme Garcin inspiré, a tenu à en parler lors des conseils à la fin de l’émission ajoutant à cette pandémie d’onanisme intellectuel : “C’est une critiqueuh de l’état terminale de la sociaytay du spayctacle qui va vraymant vayrs sonne apocalypse, mays cette apocalypse, i en fayt une sorteuh de feuh de joâ et c’est hein film totalemant jubilatoâre à la fois fayroce et trés trés drôlay”.

[mejsaudio src=”http://www.artypop.com/wp-content/uploads/2013/03/springbreakers.mp3″]

On aura bien sûr compris que si Les Inrocks ont beaucoup apprécié le film, c’est qu’il leur permettait, sous le vernis “œuvre d’auteur”, de foutre des meufs en bikini sur la couverture, s’assurant de surcroît, grâce à la présence de Vanessa Hudgens et de Selena Gomez, un effet viral évident et une probable augmentation subtile des ventes en kiosque. D’ailleurs, j’ai trouvé la couverture des Inrocks en question sur le site de Selena French Web. Quand je pense ce qu’était ce journal, j’ai mal à ma mémoire.

Je me moque des Inrocks parce que je suis un connard jaloux, mais ce sont loin d’être les seuls à s’être branlés la nouille devant Spring Breakers : Les Cahiers du cinéma, Elle, Télérama et Paris Match ont, semble-t-il, été tout aussi émoustillés par ses jeunes filles en fleur et en bikini pendant 99% du film :

Critique

Pourquoi une telle unanimité ? Parce que c’est pas tous les quatre matins qu’ils vont voir un film qui peut se vendre auprès du public comme “film d’auteur” (parce que c’est Harmony Korine qui l’a réalisé, le GÉNIE qui a pondu en deux semaines le scénario de Kids, qui a filmé l’ovni Gummo et le très radical Julien Donkey Boy, qu’il est sorti avec Chloë Sevingy, qu’il a pris des drogues, qu’il a bu de l’alcool, qu’il a été très malheureux et qu’il adore le cinéma français depuis ses douze ans) où quatre filles passent leur temps à poil et où le nihilisme du scénario est un support à toutes les interprétations fumeuses propre au plaisir du critique de cinéma.

Et concrètement ? Spring Breakers est une belle grosse bouse. C’est une tentative de réhabilitation maladroite et désespérée d’un type paumé qui ne vit que sur cette gloire éphémère qu’ont été les cinq premières années de son travail. Korine refait du Gummo, pour ainsi dire, en moins extrême et surtout avec des stars pour s’affirmer bankable. Un statut soutenu artificiellement par des critiques en mal d’émotions.

Alors, oui, certains se pâment devant le montage “cut-up” comme ils l’appellent eux-mêmes, fascinés par l’idée de montrer quelques plans d’une séquence avant qu’elle n’arrive dans le scénario, idée liée par des bribes de dialogues. Ainsi, l’une des jeunes filles va se faire tirer dessus, on voit trois plans d’elle avec du sang sur le bras, avant même qu’on ne nous ait montré la balle le traverser (son bras). D’autres s’extasient devant les répétitions des dialogues (appelons ça “remplir le vide”) “totalement jubilatoires” pour reprendre le critique du Masque et la plume. Par exemple, ce dialogue répété une quinzaine de fois :

  • On va le faire ?
  • Tu as la trouille ?
  • Je suis sûre que tu as la trouille…
  • Oui, je suis le plus grand trouillard de la planète…
    (dix secondes de pause)
  • On va le faire ?
  • Tu as la trouille ?
  • Je suis sûre que tu as la trouille…
  • Oui, je suis le plus grand trouillard de la planète…
    (dix secondes de pause)
  • On va le faire ?
  • Tu as la trouille ?
  • Je suis sûre que tu as la trouille…
  • Oui, je suis le plus grand trouillard de la planète…
    (dix secondes de pause)
  • On va le faire ?
  • Tu as la trouille ?
  • Je suis sûre que tu as la trouille…
  • Oui, je suis le plus grand trouillard de la planète…
    (dix secondes de pause)

Mais si voir des culs et des seins comble vos appétits cinématographiques, comme cela semble être le cas pour la critique française, alors un seul mot : foncez.